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Air France-KLM : résultats records, le long-courrier et les cabines premium dopent la rentabilité en 2025

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  • Après un troisième trimestre qui avait déçu le marché, Air France-KLM reprend la main.
  • Le groupe franco-néerlandais signe en 2025 une performance supérieure aux anticipations, avec un résultat d’exploitation qui franchit pour la première fois la barre des 2 milliards d’euros.
  • Une fin d’année mieux maîtrisée sur les coûts et une dynamique favorable sur le premium ont soutenu les comptes, malgré un cargo en retrait.

   Au quatrième trimestre, Air France-KLM a enregistré 8,19 milliards d’euros de revenus, en hausse de 3,9% sur un an. Dans le même temps, le groupe affiche un résultat d’exploitation quasi stable à 393 millions d’euros, au-dessus des attentes : le consensus publié par la société visait 307 millions d’euros.

Cette publication tranche avec le mauvais souvenir laissé au marché quelques mois plus tôt. Les résultats du troisième trimestre avaient manqué les attentes, entraînant une chute marquée de l’action. Le dernier trimestre 2025, lui, offre un rattrapage bienvenu.

Sur le trimestre, Air France-KLM a transporté 24,6 millions de passagers, soit +4,8% sur un an. Les capacités ont progressé plus vite (+6,6%), ce qui a mécaniquement fait reculer le taux de remplissage à 86%, contre 87,3% un an plus tôt. La recette unitaire — la recette par passager transporté au kilomètre (ou par tonne-kilomètre pour le cargo) — a reculé de 0,5% hors effets de change. La baisse provient surtout du cargo (-10,7% hors changes) et de Transavia (-6,3%).

À l’inverse, le « réseau Passage » — Air France et KLM — a vu sa recette unitaire progresser de 2,2%, soutenue par les cabines premium et le long-courrier.

Renforcement du premium, des zones géographiques porteuses 

Air France-KLM a nettement renforcé sa présence sur le segment premium ces dernières années. Les sièges premium représentent 9% de la flotte d’Air France (contre 8% en 2022) et le ratio est attendu à 10% en 2028. Chez KLM, la part atteint 6% (contre 0% en 2022) et devrait monter à 9% en 2028.

Cette montée en puissance du premium pourrait toutefois ne pas durer, prévient Barclays. La banque britannique estime qu’un retournement des marchés financiers pourrait peser sur la confiance des clients les plus aisés et freiner la demande pour les voyages haut de gamme. « Nous pensons que tout futur coup de mou des marchés financiers affaiblirait la confiance des consommateurs fortunés », souligne Barclays

Le groupe met aussi en avant plusieurs marchés qui ont soutenu la recette unitaire : « La recette unitaire a plus particulièrement été portée par l’Amérique du Nord, l’Amérique centrale et du Sud, ainsi que l’Asie et le Moyen-Orient qui ont affiché de solides performances »

En outre, le groupe déclaré  que la zone l’Afrique a, quant à elle, été impactée par le contexte électoral et « les restrictions de visas vers les États-Unis« . 

Baisse des coûts : un levier décisif en fin d’année

Au-delà des recettes, Air France-KLM a consolidé sa rentabilité grâce à une baisse de ses coûts unitaires (hors quotas CO₂ et carburant, rapportés aux capacités), en recul de 1,1% sous l’effet de gains de productivité. Le groupe a également profité d’une diminution de la facture carburant et d’autres charges, ce qui lui a permis de réduire les coûts de 2,4%.

Sur l’ensemble de l’exercice, Air France-KLM affiche 33 milliards d’euros de chiffre d’affaires, en hausse de 4,9%. Le résultat opérationnel progresse de 25% à 2,004 milliards d’euros, dépassant les attentes des analystes, logées à 1,91 milliard d’euros.

Le directeur général Ben Smith souligne le caractère inédit de cette performance : « d’une première dans l’histoire du groupe ». Le bénéfice net a été multiplié par cinq, atteignant 1,59 milliard d’euros en 2025. Air France-KLM indique également avoir généré un flux de trésorerie récurrent libre d’exploitation de 1 milliard d’euros sur l’année. Son ratio d’endettement ressort à 1,7, stable sur un an.

Perspectives 2026 : croissance modérée des capacités et discipline financière

Pour 2026, le groupe anticipe des capacités en hausse de 3 à 5% par rapport à 2025, une progression des coûts unitaires comprise entre 0 et 2%, et un ratio d’endettement attendu entre 1,5 et 2.

Ben Smith affiche une ligne de continuité malgré un environnement incertain : « Malgré une incertitude externe persistante, nous abordons 2026 avec confiance et avec la volonté de mettre en œuvre notre feuille de route stratégique avec rigueur et discipline afin d’atteindre nos objectifs à moyen terme », a déclaré le dirigeant.

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