- Nouveau record pour la destination France. Avec 102 millions de touristes internationaux accueillis en 2025 (+3% sur un an), l’Hexagone reste numéro un mondial en fréquentation.
- Mais derrière ces volumes, le défi est clair : faire grimper la dépense et réduire l’écart avec l’Espagne.
- À Bercy, le ministre Serge Papin et Atout France détaillent une stratégie axée sur la valeur, les territoires… et la simplification.
La France continue d’aimanter le monde. À l’occasion de la présentation du bilan touristique 2025 à Bercy, Serge Papin, ministre des PME, du Commerce, de l’Artisanat et du Tourisme, a annoncé un nouveau sommet : 102 millions de visiteurs étrangers en 2025, soit 2 millions de plus qu’en 2024. La progression atteint +3% en un an et +13% par rapport à 2019.
Dans son allocution, le ministre a salué un succès à la fois symbolique et économique. « 2 millions de personnes de plus ont choisi de découvrir nos rues, nos villages, nos terroirs, nos paysages, nos spécialités culinaires, nos monuments historiques », a souligné Serge Papin, rappelant que ces visiteurs ont généré 77,5 milliards d’euros de recettes, « soit, notez bien, 9% de plus en un an ».
Pour le ministre, cette dynamique confirme la solidité du secteur : « Notre tourisme connaît presque une croissance à deux chiffres, et il prouve que la France continue d’attirer, de séduire et de faire rêver le monde entier ».
Pour Christian Mantei, président d’Atout France, le diagnostic reste lucide. « Les performances de la France restent derrière celles de l’Espagne », observe-t-il, rappelant que l’Hexagone affiche 77,5 milliards d’euros de recettes, contre 105 milliards pour son voisin. Mais le dirigeant souligne une évolution encourageante : « l’écart entre les deux destinations se stabilise », passant de « moins 38% en 2024 » à « moins 36% en 2025 ».
Autre signal encourageant, la dépense progresse : « la dépense moyenne par touriste international progresse de 7%, atteignant 760 euros par séjour« , souligne Christian Mantei.
Objectif 2030 : atteindre 100 milliards d’euros de recettes touristiques étrangères
Le cap est désormais assumé au sommet de l’État : 100 milliards d’euros de recettes à l’horizon 2030. « Notre cap est clair, c’est 100 milliards d’euros de recettes à l’horizon 2030″, a déclaré le ministre, qui souhaite concentrer l’effort « là où ça peut créer de la valeur ».
Pour atteindre cet objectif, Serge Papin mise sur une stratégie de diversification. « La première, c’est diversifier nos filières, développer le tourisme de savoir-faire, le tourisme mémoriel, l’agritourisme », détaille le ministre.
Une orientation qui s’appuie, selon lui, sur un atout unique : la densité du patrimoine touristique français. « Il y a quelque chose qui me frappe en France où, que l’on aille, notre pays compte partout des pépites touristiques. On est le seul pays au monde où, à chaque endroit où l’on va, c’est un endroit pour touristes », affirme-t-il.
Le socle européen domine, l’Amérique du Nord accélère
Dans la composition des flux, la France peut compter sur une clientèle européenne fidèle. Les Allemands et les Belges occupent le haut du classement, suivis par le Royaume-Uni et la Suisse. Les États-Unis enregistrent une hausse marquée et le Japon est présenté comme un marché très dynamique.
Adam Oubuih souligne d’abord la solidité du socle historique de la destination France. « La France est extrêmement attractive auprès de ses clientèles naturelles (…) notre socle européen. Allemagne, Benelux, Royaume-Uni », insiste-t-il, en mettant en avant la capacité du pays à rester performant « y compris sur des marchés matures ».
Le directeur général d’Atout France met ensuite en avant les marchés dits “de conquête”, au premier rang desquels l’Amérique du Nord : « le deuxième élément, ce sont des marchés de conquête (…) l’Amérique du Nord, puisque nous avons eu 17%, je dis bien 17% d’arrivées supplémentaires en provenance des Etats-Unis ». Un signal fort, selon lui, pour un marché jugé « extrêmement dynamique ».
“chaque coin de France est instagrammable”
Sans “casser ce qui marche”, l’exécutif veut élargir l’offre et mieux répartir les flux. Serge Papin assume une stratégie tournée vers les territoires moins connus : « Chaque coin de France, même le moins connu, est instagrammable ». Une conviction qu’il relie à un tourisme plus local : « C’est ce tourisme de proximité, ancré dans les territoires, connecté aux producteurs, aux artisans, à nos racines que nous pouvons encore davantage développer ».
