- À quelques jours élections municipales, les tensions s’intensifient entre le Parti socialiste et La France insoumise.
- Dans une résolution votée à l’unanimité, le PS accuse Jean-Luc Mélenchon d’avoir tenu des propos relevant de “caricatures complotistes” et de “propos antisémites intolérables”.
- Le leader insoumis dénonce en retour des accusations “intolérables” et une “instrumentalisation politique” de la lutte contre l’antisémitisme.
La fracture entre le Parti socialiste et La France insoumise se confirme à l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars. Réuni mardi 3 mars au soir, le Bureau national du PS a adopté à l’unanimité une résolution appelant les militants insoumis à se désolidariser localement des propos de Jean-Luc Mélenchon.
Dans ce texte, la direction socialiste affirme clairement qu’aucune alliance nationale n’est envisageable avec le mouvement de gauche radicale.
“Il n’y a pas eu d’accord national entre le Parti socialiste et la France insoumise pour les élections municipales et il ne saurait y en avoir au second tour compte tenu de l’inquiétante dérive de la direction de ce mouvement”, indique le PS
Selon le PS, les campagnes municipales ont été perturbées par les prises de position du leader insoumis. Jean-Luc Mélenchon, “en cherchant à conflictualiser chaque événement, en multipliant les caricatures complotistes et propos antisémites intolérables, a profondément et volontairement divisé la gauche et contribué à l’affaiblir”.
Les socialistes appellent les militants insoumis à se désolidariser
Le Parti socialiste estime que les déclarations de Jean-Luc Mélenchon ont contribué à fragiliser l’électorat de gauche et à brouiller les repères politiques. Dans sa résolution, le parti affirme que le leader de La France insoumise “n’a abouti qu’à fracturer les électeurs de gauche et à renforcer les passerelles entre droite et extrême droite”.
Les socialistes appellent “localement, les militantes et les militants insoumis à se désolidariser clairement et pleinement de ces propos”. La direction du parti évoque également les conditions d’éventuels rapprochements au second tour. Elle a déjà demandé aux candidats insoumis souhaitant rejoindre des listes d’union de la gauche de “clarifier leur position sur le rapport de leur mouvement à la violence politique”.
Jean-Luc Mélenchon dénonce des accusations “intolérables”
La réponse de La France insoumise ne s’est pas fait attendre. Sur le réseau social X, Jean-Luc Mélenchon a dénoncé ce qu’il considère comme des attaques injustifiées du Parti socialiste. Il a ainsi fustigé “d’intolérables accusations d’antisémitisme de la part du bureau du PS”.
Le leader insoumis accuse également les socialistes de favoriser indirectement leurs adversaires politiques lors des municipales. Selon lui, le PS “promet ainsi à la droite et au RN la victoire dans des dizaines de villes au premier et au second tour”.
La question de la violence politique ravive les tensions
Dans sa résolution, le Parti socialiste évoque également l’absence de prise de distance de La France insoumise vis-à-vis de la Jeune Garde, un mouvement soupçonné d’être impliqué dans la mort du militant d’extrême droite Quentin Deranque.
Pour les socialistes, cette situation est jugée inacceptable. “L’absence de désolidarisation de La France insoumise avec La Jeune Garde (…) est inacceptable.”
Le PS précise néanmoins sa position sur les violences politiques. “Si l’extrême droite est la principale responsable des violences politiques dans notre pays, il nous faut être intraitables vis-à-vis de celles qui se déploient dans les rangs de l’ultragauche.”
LFI dénonce une “instrumentalisation politique” de l’antisémitisme
Dans un communiqué publié mercredi 4 mars, La France insoumise a vivement réagi aux accusations formulées par le PS. Le mouvement dénonce “les accusations infamantes contre Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise”.
La direction de LFI accuse le Parti socialiste d’utiliser la lutte contre l’antisémitisme à des fins politiques. “La lutte contre l’antisémitisme, comme contre toutes les formes de racisme, est un devoir collectif : son instrumentalisation politique, de surcroît par un parti qui se réclame de la gauche, est une honte”, mentionne le texte
Le communiqué poursuit en dénonçant également la référence à la Jeune Garde dans la résolution socialiste. “Les accusations infamantes contre Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise, tout comme la criminalisation de l’antifascisme à laquelle se livre cette déclaration, sont inacceptables.”
Une gauche toujours plus divisée
Cet épisode souligne l’ampleur des tensions qui traversent la gauche française. Plusieurs figures du Parti socialiste, dont l’ancien président François Hollande, la présidente de la région Occitanie Carole Delga ou encore le député Jérôme Guedj, ont déjà plaidé pour une rupture nette avec La France insoumise.
Dans ce contexte, les divergences entre socialistes et insoumis pourraient fragiliser davantage les stratégies d’union de la gauche lors des municipales. Elles posent également la question de l’avenir du Nouveau Front populaire, déjà mis à l’épreuve par des désaccords politiques et stratégiques de plus en plus visibles.
