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Guerre au Moyen-Orient : après la frappe sur Natanz, l’Iran vise Dimona et Arad, au risque d’une escalade régionale

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  • La guerre au Moyen-Orient est entrée, samedi 21 mars, dans une nouvelle séquence de haute intensité.
  • Une frappe israélo-américaine a visé le site nucléaire iranien de Natanz, provoquant une riposte de Téhéran contre deux villes du sud d’Israël, Dimona et Arad.
  • Alors que les menaces s’élargissent désormais aux infrastructures énergétiques et au détroit d’Ormuz, la confrontation semble franchir un seuil supplémentaire.

   La journée de samedi 20 mars a été marquée par une frappe menée par Israël et les Etats-Unis contre le site nucléaire iranien de Natanz. L’installation avait déjà été touchée au début du mois de mars, puis en juin dernier, lors de la guerre dite des « 12 jours ». Cette nouvelle attaque confirme la centralité du dossier nucléaire iranien dans l’affrontement en cours.

Dans le même temps, une vingtaine de pays, parmi lesquels la France, se sont dits « prêts à contribuer aux efforts » en vue d’une réouverture du détroit d’Ormuz, route maritime stratégique pour l’acheminement mondial des hydrocarbures. La question de la libre circulation dans cette zone apparaît désormais comme l’un des principaux points de crispation du conflit.

L’Iran riposte dans le sud d’Israël

En réponse à la frappe sur Natanz, l’Iran a lancé deux missiles en direction du sud d’Israël. L’un d’eux est tombé près de Dimona, ville qui abrite une installation sensible liée à la recherche nucléaire israélienne. Le second a frappé Arad, ville voisine.

Les deux attaques ont fait plus d’une centaine de blessés et provoqué d’importants dégâts matériels. Toute la soirée, les télévisions israéliennes ont diffusé des images d’immeubles éventrés, de façades soufflées et d’équipes de secours déployées dans les décombres. A Arad, les secours faisaient état, en soirée, de 59 blessés, dont une fillette de 5 ans grièvement touchée.

La télévision d’Etat iranienne a présenté ces tirs comme une « réponse » à la frappe menée contre le site de Natanz.

En Israël, un pouvoir contraint de reconnaître la gravité de la situation 

Face à l’ampleur des destructions, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a reconnu « une soirée très difficile dans la bataille pour notre futur ». Il a toutefois réaffirmé la détermination de son gouvernement à poursuivre les opérations militaires : « Nous sommes déterminés à continuer de frapper nos ennemis sur tous les fronts. »

Le gouvernement israélien a, dans la foulée, annoncé la fermeture des écoles dans l’ensemble du pays dimanche et lundi, avant le début des vacances scolaires. Les cours seront assurés entièrement à distance, comme c’était déjà le cas dans une majorité de localités.

Cette décision traduit l’inquiétude des autorités face à une possible multiplication des frappes sur le territoire israélien, y compris dans des zones jusqu’ici considérées comme fortement protégées.

A Téhéran, la volonté d’afficher une capacité de pénétration

 Côté iranien, l’attaque a été présentée comme la preuve d’une vulnérabilité nouvelle de la défense israélienne. Le président du Parlement iranien, Mohammad-Bagher Ghalibaf, s’est félicité sur le réseau X que « le ciel israélien [soit] sans défense ».

« Si le régime israélien ne parvient pas à intercepter les missiles dans la zone hautement sécurisée de Dimona, cela marquera, sur le plan opérationnel, le début d’une nouvelle phase du conflit», a -t-il ajouté

 Au-delà de la formule, Téhéran cherche manifestement à démontrer qu’en dépit des bombardements israélo-américains, il conserve des capacités de frappe significatives et la faculté d’atteindre des cibles à haute portée symbolique et stratégique.

Donald Trump menace les centrales électriques iraniennes

La crise s’est encore durcie avec l’intervention de Donald Trump. Le président américain a lancé, samedi soir, un ultimatum à la République islamique, exigeant la réouverture du détroit d’Ormuz sous quarante-huit heures. Dans un message publié sur sa plateforme Truth Social, il a menacé de détruire les centrales électriques iraniennes.

 « Si l’Iran ne rouvre pas TOTALEMENT, SANS AUCUNE MENACE, le détroit d’Ormuz dans les 48 HEURES à compter de cet instant précis, les Etats-Unis d’Amérique frapperont et anéantiront ses différentes CENTRALES ÉLECTRIQUES, EN COMMENÇANT PAR LA PLUS GRANDE ! », a-t-il écrit.

Cette déclaration, d’une rare brutalité, déplace encore davantage le centre de gravité du conflit vers les infrastructures vitales, énergétiques comme civiles.

 L’Iran élargit à son tour le champ des menaces

En réponse, l’armée iranienne a annoncé, dimanche, qu’elle viserait les infrastructures énergétiques ainsi que les usines de dessalement d’eau dans la région si Washington mettait ses menaces à exécution.

Dans un communiqué publié par l’agence Fars, le porte-parole du commandement opérationnel Khatam al-Anbiya a déclaré : « Si l’infrastructure pétrolière et énergétique de l’Iran est attaquée par l’ennemi, toutes les infrastructures énergétiques, de technologie de l’information et de dessalement d’eau appartenant aux Etats-Unis et au régime de la région seront visées. »

Le responsable iranien n’a pas précisé à quel « régime » il faisait référence. Mais cette mise en garde suggère que l’éventuelle extension du conflit ne se limiterait plus aux seules installations militaires ou nucléaires.

Une séquence décisive dans l’évolution du conflit

Si la double attaque de samedi soir n’est pas, à ce stade, la plus meurtrière depuis le début de cette guerre, elle apparaît comme l’une des plus spectaculaires par l’ampleur des destructions qu’elle a provoquées. Elle constitue surtout un révélateur des ressources que l’Iran semble encore en mesure de mobiliser pour répondre aux frappes israélo-américaines.

Le choix de Dimona comme cible, à proximité immédiate d’un centre névralgique de la recherche nucléaire israélienne, confère à cette riposte une portée particulière. En quelques heures, le conflit s’est déplacé des installations nucléaires aux villes, puis des villes aux infrastructures énergétiques et maritimes.

 A mesure que ces lignes rouges s’effacent, la guerre au Moyen-Orient paraît s’installer dans une logique d’escalade plus difficile à contenir.

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