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mardi, mai 26, 2026
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Roland Lescure rétropédale après ses déclarations sur un nouveau choc pétrolier

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  • Après avoir évoqué un « nouveau choc pétrolier » lié à la crise au Moyen-Orient, le ministre de l’Économie Roland Lescure revient sur ses propos.
  • Il affirme désormais que la France n’est pas confrontée à un tel scénario, malgré des tensions majeures sur les marchés énergétiques mondiaux.

   Changement de ton au sommet de l’État. Lors du compte-rendu du Conseil des ministres ce mercredi, Roland Lescure a tenu à clarifier ses propos tenus la veille devant la commission des Finances de l’Assemblée nationale.

Le ministre de l’Économie et des Finances a reconnu une formulation inadaptée : « On n’en est pas là en France. » Avant d’ajouter : « Je regrette d’avoir utilisé ce terme. Il s’appliquait dans mes mots à la situation internationale et en aucun cas à la situation française. Depuis le début de cette crise, je m’efforce d’être lucide, transparent, ni de rassurer, ni d’inquiéter mais de présenter le mieux possible les enjeux économiques, financiers et énergétiques d’une crise qui évolue tous les jours. »

Une mise au point destinée à calmer les inquiétudes suscitées par l’usage d’un terme historiquement associé à des crises économiques majeures.

Une crise mondiale, mais une France « moins exposée »

Si Roland Lescure reconnaît la gravité de la situation internationale, il insiste sur la position relativement favorable de la France. « La France est mieux préparée et moins exposée que ses voisins européens et que les pays asiatiques qui sont directement concernés », affirme-t-il.

Le ministre précise que l’expression de « choc » s’applique davantage à certaines régions du monde : « Ce terme de ‘choc’ est valable dans un certain nombre de pays asiatiques où on a des mesures de rationnement, d’économies, de télétravail, on relance des centrales à charbon. »

Autrement dit, la crise énergétique actuelle ne frappe pas tous les pays avec la même intensité.

La veille, un diagnostic alarmant devant les députés

Mardi pourtant, le discours était nettement plus préoccupant. Devant la commission des Finances, Roland Lescure n’avait pas hésité à parler d’un « nouveau choc pétrolier » provoqué par la guerre au Moyen-Orient.

Il déclarait alors : « C’est un choc pétrolier. On en a connu une dizaine depuis 50 ans. (…) L’hypothèse d’une crise passagère[…] n’est malheureusement désormais plus d’actualité »

Le ministre alertait ainsi sur une crise appelée à durer, avec des conséquences potentiellement lourdes pour l’économie mondiale. Roland Lescure a également détaillé l’ampleur des tensions sur les approvisionnements énergétiques.

« Avec la crise, ce sont 15 à 20% du pétrole, 20% du gaz naturel liquéfié […] qui n’arrivent plus sur les marchés », a-t-il expliqué, soit « 11 millions de barils en moins par jour pour l’économie mondiale ».

Ces chiffres traduisent un choc d’offre significatif, susceptible d’alimenter l’inflation et de ralentir la croissance à l’échelle globale.

Pourquoi la France résiste mieux que ses voisins

Le ministre met en avant un facteur clé : la structure du mix énergétique français. « Nos voisins européens sont plus exposés », souligne-t-il, notamment en raison de leur dépendance accrue au gaz. Il rappelle ainsi que : « le gaz [c’était] 45% du mix énergétique en Italie et en Grèce […] en France ce n’[était] que 5% »

Cette différence structurelle expliquerait pourquoi la France serait, pour l’instant, moins vulnérable aux tensions actuelles.

Choc pétrolier : une notion lourde d’histoire

Le terme de « choc pétrolier » renvoie à des épisodes marquants de l’histoire économique, sans définition strictement encadrée. Il désigne généralement une hausse brutale des prix du pétrole ou une perturbation majeure de l’approvisionnement.

Les précédents de 1973, avec l’embargo de l’OPEP, et de 1979, lors de la révolution iranienne, ont provoqué des crises économiques durables, marquées par une inflation élevée et un ralentissement de la croissance.

C’est précisément ce poids historique qui rend l’utilisation de cette expression particulièrement sensible aujourd’hui. En revenant sur ses propos, Roland Lescure tente de trouver un équilibre délicat : alerter sur la gravité de la crise énergétique mondiale sans provoquer d’inquiétude excessive en France.

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