- Les syndicats Union-Indépendants et FNAE ont signé un nouvel avenant avec Uber Eats et Deliveroo qui revalorise fortement le revenu minimal horaire garanti des livreurs indépendants.
- Cette avancée sociale intervient après plusieurs années de baisse des revenus réels constatée par le régulateur du secteur.
Les livreurs indépendants travaillant pour Uber Eats et Deliveroo bénéficieront d’une hausse significative de leur revenu minimal horaire à compter du 1er septembre. Les syndicats Union-Indépendants et FNAE ont annoncé, ce vendredi, la signature d’un avenant à l’accord conclu en 2023 avec les deux principales plateformes de livraison de repas.
La principale mesure du texte consiste à porter le revenu minimal horaire brut de 11,75 euros à 19 euros, soit une progression de plus de 60 %. Cette revalorisation vise à améliorer les conditions économiques de milliers de travailleurs indépendants dont les revenus se sont fortement érodés ces dernières années.
Une réponse à la forte baisse des revenus observée depuis 2021
Cette évolution intervient dans un contexte de dégradation du pouvoir d’achat des livreurs. Dans un rapport publié en 2025, l’Autorité des relations sociales des plateformes d’emploi (Arpe) avait mis en évidence une chute marquée du taux horaire brut entre 2021 et 2024, inflation comprise.
Selon cette étude, la baisse atteignait 34,2 % chez Uber Eats, 22,7 % chez Deliveroo et 26,6 % chez Stuart, soulignant les difficultés croissantes rencontrées par les travailleurs des plateformes malgré l’essor du secteur de la livraison.
Un calcul hebdomadaire plus favorable aux livreurs
Au-delà de la hausse du revenu minimum, le nouvel avenant modifie également les modalités de calcul de cette garantie.
Sa signature « marque une étape importante dans la construction progressive de garanties collectives adaptées aux conditions d’exercice des travailleurs indépendants des plateformes », s’est félicité Joël Blondel, directeur général de l’Arpe, dans un communiqué.
Le responsable précise également que l’accord « prévoit que cette garantie soit désormais appréciée sur une période hebdomadaire, plus favorable pour le livreur que le calcul par mois qui avait court jusqu’ici ».
Cette évolution devrait permettre aux livreurs de bénéficier d’une protection plus régulière face aux variations d’activité d’une semaine à l’autre.
Les pourboires exclus du calcul de la rémunération
Autre changement majeur : les pourboires ne seront désormais plus intégrés dans le calcul du revenu minimal garanti.
Comme l’a expliqué Fabian Tosolini, représentant du syndicat majoritaire Union-Indépendants, ces sommes, qui étaient prises en compte dans l’accord signé en 2023, seront désormais exclues du dispositif, garantissant ainsi une rémunération minimale indépendante de la générosité des clients.
Une clause de révision annuelle et des discussions sur la sécurité
Le nouvel avenant introduit également un mécanisme de réexamen régulier. Le texte prévoit une clause de révision annuelle, avec la possibilité d’ouvrir des négociations plus tôt en cas d’événement exceptionnel, notamment une forte accélération de l’inflation ou une nouvelle dégradation du pouvoir d’achat.
En parallèle, les partenaires sociaux poursuivent leurs discussions sur d’autres enjeux majeurs de la profession, notamment la santé, la sécurité et les conditions de travail des livreurs opérant sur les plateformes de livraison.
