10.3 C
Paris
mercredi, avril 15, 2026
AccueilActualitéPrix du carburant : la CPME demande plus d’aides pour les PME...

Prix du carburant : la CPME demande plus d’aides pour les PME et transporteurs

Date:

  • Face à la flambée des prix du carburant, la CPME estime que les 70 millions d’euros d’aides annoncés par le gouvernement ne suffisent pas à amortir le choc.
  • L’organisation patronale appelle à un renforcement rapide des mesures pour soutenir les secteurs les plus fragilisés, notamment les transports et les services.

   La Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) hausse le ton. Dans un communiqué publié samedi, l’organisation a appelé le gouvernement à élargir les aides annoncées pour faire face à la hausse des prix du carburant, estimant qu’elles restent insuffisantes.

Si elle reconnaît que les premières annonces « vont dans le bon sens », la CPME considère néanmoins qu’elles « constituent un début insuffisant au regard de l’ampleur du choc ».

Elle plaide ainsi pour « l’activation et l’élargissement de mesures exceptionnelles, urgentes et ciblées, simples et accessibles », en complément des dispositifs prévus pour le seul mois d’avril.

Des secteurs entiers sous pression

La hausse des coûts énergétiques met en difficulté de nombreux secteurs déjà fragilisés. La CPME cite en particulier les transporteurs, mais aussi la logistique, les taxis, les voyagistes ou encore les services à la personne.

 « L’enjeu est d’agir avec précision, pour soutenir celles et ceux qui sont frappés par la crise, sans davantage fragiliser nos finances publiques », souligne l’organisation.

Pour ces entreprises, l’augmentation des prix à la pompe se traduit immédiatement par une pression accrue sur les marges et des tensions de trésorerie.

 70 millions d’euros d’aides ciblées sur avril

Vendredi, le gouvernement a annoncé une enveloppe d’environ 70 millions d’euros pour soutenir certains secteurs particulièrement exposés. Cette aide, limitée au mois d’avril, concerne notamment la pêche, l’agriculture et les TPE/PME du transport de voyageurs et de marchandises.

Pour ces dernières, un guichet spécifique doit être mis en place, avec un coût estimé à 50 millions d’euros.

Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a également indiqué que l’exécutif avait sollicité les plateformes de VTC : « Nous avons demandé aux plateformes de VTC d’adapter les prix des courses afin de préserver les revenus des chauffeurs ».

Il a aussi alerté sur les risques immédiats pour le secteur : « Le risque que certaines petites entreprises de transport ne puisse plus fonctionner, même temporairement, existe ».

Le gouvernement promet d’ajuster sa réponse

 Interrogé dans La Tribune Dimanche ce 29 mars, le ministre de l’Économie et des Finances, Roland Lescure, a assuré que les mesures pourraient évoluer.

« Nous les adapterons en fonction de l’évolution de la crise, qui demeure imprévisible dans la durée et l’intensité. Nous avons besoin d’agilité pour agir à bon escient », a-t-il déclaré.

 Concernant les prix du carburant, il n’exclut pas de nouvelles interventions : « Je rappelle qu’un encadrement des marges reste toujours possible. Pour l’instant, les prix ont évidemment grimpé, mais pas davantage qu’ailleurs, avec des marges contenues« .

Les propositions concrètes de la CPME

Pour renforcer le soutien aux entreprises en difficulté, la CPME met en avant plusieurs leviers concrets visant à soulager les tensions de trésorerie. Elle propose notamment « d’accorder des prêts à taux bonifié aux secteurs les plus affectés pour surmonter les tensions de trésorerie », mais aussi « d’élargir les dispositifs d’activité partielle et les aides à la pompe à des filières encore exclues ». L’organisation plaide également pour « un allongement des délais de paiement des charges sociales et fiscales, sans pénalités ».

L’organisation défend également un « Plan Marshall » de l’électrification des usages et des modes de production, pour réduire la dépendance aux énergies fossiles. Elle appelle enfin les donneurs d’ordre publics et privés à « respecter les délais de paiement », un levier jugé crucial pour la survie de nombreuses PME.

Le Medef alerte sur un risque économique plus large

De son côté, le président du Medef, Patrick Martin, pointe lui aussi l’insuffisance des moyens engagés. L’enveloppe « modeste » de 70 millions d’euros reflète selon lui une contrainte budgétaire forte.

 « Aujourd’hui, la France est en situation de fragilité. Le gouvernement est prisonnier du mauvais état des finances publiques », estime-t-il.

Il met également en garde contre un effet domino sur l’ensemble de l’économie : « Il y a un risque de propagation à toute l’industrie, au travers de la hausse des taux d’intérêt, du coût de certains sous-composants et du fret maritime, mais aussi de l’énergie de manière durable ».

Une urgence économique et structurelle

Dans un contexte de crise énergétique prolongée, les organisations patronales appellent à une réponse plus ambitieuse et durable. Au-delà des aides immédiates, elles plaident pour des mesures structurelles capables de protéger le tissu économique français.

Pour les PME comme pour les grandes entreprises, l’enjeu est désormais clair : survivre à court terme, tout en s’adaptant à une nouvelle réalité énergétique

Les plus populaires