- Face à l’explosion des prix des carburants liée à la guerre au Moyen-Orient, le gouvernement lance un “Prêt Flash Carburant” pour soutenir la trésorerie des petites entreprises.
- Un dispositif rapide, sans garantie, mais encadré, destiné aux secteurs les plus exposés.
Face à une crise énergétique qui s’intensifie, le gouvernement déploie un nouvel outil pour soutenir les entreprises. Vendredi soir, le ministère de l’Économie a annoncé le lancement prochain d’un “Prêt Flash Carburant”, en partenariat avec Bpifrance, pour aider les petites entreprises à faire face à la hausse brutale des prix à la pompe.
Ce dispositif s’adresse aux TPE et PME des secteurs particulièrement dépendants du carburant — transport, agriculture ou pêche — dont les dépenses énergétiques représentent “au minimum 5% du chiffre d’affaires”.
Les montants accordés varieront entre 5 000 et 50 000 euros, avec un taux fixé à 3,80 %, et surtout sans exigence de garanties, un point clé pour des entreprises souvent fragilisées.
Des prêts rapides, 100 % numériques
Pensé comme une solution d’urgence, le dispositif se veut simple et rapide. Les prêts seront “distribués via un canal 100% numérique par Bpifrance”, avec une “mise à disposition des fonds sous 7 jours”, précise le ministère.
La durée de remboursement est fixée à 36 mois, incluant “un différé d’amortissement du capital de 12 mois”. Une bouffée d’air pour les trésoreries les plus tendues. Le dispositif sera accessible sur tout le territoire, en métropole comme dans les départements et régions d’outre-mer.
Pour limiter les effets d’aubaine, plusieurs critères d’éligibilité ont été fixés. Les entreprises devront notamment avoir plus d’un an d’existence et accepter de transmettre leurs relevés bancaires récents à Bpifrance.
L’objectif est clair : cibler les structures réellement impactées par la hausse des carburants et éviter les demandes opportunistes.
Une promesse du gouvernement face à la hausse des prix
Cette mesure s’inscrit dans la continuité des annonces faites par le Premier ministre Sébastien Lecornu, qui avait promis un soutien rapide aux entreprises touchées. Le ministre des PME et du Pouvoir d’achat, Serge Papin, avait alors précisé que “la BPI (banque publique d’investissement) (allait) proposer des prêts bonifiés, garantis par l’État, pour aider à la trésorerie”.
En parallèle, le gouvernement intensifie la pression sur les acteurs du secteur pétrolier. Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a annoncé avoir saisi la Commission européenne afin d’examiner les marges des raffineries et vérifier qu’il n’y avait “pas d’abus”.
Cette démarche intervient dans un contexte de tensions, alimenté notamment par les déclarations du patron d’Intermarché, Thierry Cotillard, qui a appelé l’exécutif à “convoquer” les raffineurs, en particulier TotalEnergies.
Le dirigeant a affirmé que le groupe pétrolier avait acquis “il y a quelques semaines” près de “70 cargaisons” de pétrole à un tarif avantageux, selon des informations du Financial Times.
La pression reste forte sur les professionnels comme sur les particuliers. Vendredi, le prix moyen du gazole atteignait 2,282 euros le litre en France, contre 1,72 euro avant le début du conflit au Moyen-Orient, selon des données compilées par l’AFP.
Face à cette situation, le gouvernement a renforcé les contrôles : plus de 630 stations-service ont été inspectées, et 5 % d’entre elles ont été sanctionnées.
Vers de nouvelles aides ciblées pour les Français
Le Premier ministre n’exclut pas d’aller plus loin. Sébastien Lecornu a indiqué envisager de nouvelles mesures dès les prochains jours, estimant que les Français “qui ne peuvent pas faire autrement que de rouler (…) méritent sans doute une aide ciblée”.
Il a toutefois rappelé la nécessité de maîtriser les finances publiques : “On n’abandonnera personne, mais on dépensera pas de l’argent qu’on n’a pas.”
