- Les prix du pétrole dépassent les 100 dollars le baril sous l’effet d’un regain de tensions entre Washington et Téhéran.
- L’annonce d’un blocus américain dans le détroit d’Ormuz, axe stratégique du commerce mondial, fait craindre une perturbation majeure de l’approvisionnement énergétique.
Les marchés pétroliers ont vivement réagi lundi à l’annonce d’un blocus maritime américain visant l’Iran. Les cours du pétrole ont franchi la barre symbolique des 100 dollars le baril, reflétant les craintes d’une contraction de l’offre mondiale.
Les contrats à terme sur le Brent ont ainsi bondi de 6,96 dollars, soit 7,3 %, pour atteindre 102,16 dollars le baril à 7h30 (heure saoudienne), après avoir reculé de 0,75 % vendredi. De son côté, le brut américain West Texas Intermediate (WTI) a progressé de 8,12 dollars, soit 8,4 %, à 104,69 dollars le baril, après une baisse de 1,33 % lors de la séance précédente.
Washington serre l’étau sur les exportations iraniennes
Cette hausse intervient après la décision des États-Unis de bloquer les navires liés à l’Iran dans le détroit d’Ormuz, à la suite de l’échec des négociations entre les deux pays pour mettre fin au conflit en cours.
Le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé que ce blocus entrerait en vigueur lundi à 14H00 GMT. Dans un communiqué, il précise : « Ce blocus sera appliqué de manière impartiale à l’encontre des navires de toutes nationalités entrant ou sortant des ports et zones côtières iraniens, y compris des ports iraniens situés dans le golfe d’Arabie et dans le golfe d’Oman. »
Les autorités américaines ont toutefois assuré que la liberté de navigation serait maintenue pour les navires non liés à l’Iran, indiquant que les forces américaines n’entraveraient pas le passage dans le détroit pour les autres flux commerciaux.
Pour les analystes, cette décision pourrait avoir des conséquences majeures sur l’équilibre du marché pétrolier mondial. « Le marché est désormais largement revenu aux conditions d’avant le cessez-le-feu, sauf que les États-Unis vont désormais bloquer les flux restants liés à l’Iran, pouvant atteindre jusqu’à 2 millions de barils par jour, via le détroit d’Ormuz », explique Saul Kavonic, responsable de la recherche énergétique chez MST Marquee, cité par Reuters.
Tony Sycamore, analyste chez IG, estime de son côté que cette mesure « étoufferait effectivement » les exportations iraniennes, en contraignant les partenaires commerciaux de Téhéran à intervenir pour rétablir la circulation.
Donald Trump assume une décision à risque politique
Le président américain Donald Trump a confirmé dimanche que la marine américaine engagerait ce blocus, accentuant les tensions après l’échec de longues négociations avec l’Iran.
Cette décision fragilise un cessez-le-feu déjà précaire, en place depuis deux semaines. Fait notable, le président a reconnu les répercussions économiques et politiques potentielles de cette stratégie, affirmant que les prix du pétrole et de l’essence pourraient rester élevés jusqu’aux élections de mi-mandat de novembre.
L’Iran menace de riposter dans le détroit d’Ormuz
En réponse, les Gardiens de la révolution iraniens ont averti que toute présence militaire américaine dans la zone pourrait être considérée comme une violation du cessez-le-feu. Ils ont indiqué que tout navire militaire s’approchant du détroit d’Ormuz serait traité de manière « sévère et décisive », faisant craindre une escalade militaire dans cette zone hautement stratégique.
Le détroit d’Ormuz demeure un point névralgique du commerce énergétique mondial, par lequel transite environ un cinquième de l’approvisionnement pétrolier global.
Les pétroliers commencent à éviter la zone
Sur le terrain, les premiers effets du blocus se font déjà sentir. Selon des données de LSEG, plusieurs pétroliers ont commencé à éviter le détroit d’Ormuz en anticipation des mesures américaines. Malgré ce climat tendu, trois superpétroliers chargés ont traversé la zone samedi, marquant les premiers départs depuis l’annonce du cessez-le-feu la semaine précédente.
La situation reste extrêmement volatile, entre menaces militaires, restrictions logistiques et incertitudes diplomatiques. Le retour du pétrole au-dessus de 100 dollars illustre la sensibilité du marché à toute perturbation dans le Golfe.
À court terme, les tensions autour du détroit d’Ormuz pourraient maintenir les prix de l’énergie à des niveaux élevés, avec des répercussions directes sur les économies mondiales et le pouvoir d’achat des consommateurs.
