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mercredi, avril 29, 2026
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Détroit d’Ormuz : l’Iran rouvre le trafic commercial sous conditions, Washington maintient la pression

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  • Téhéran annonce la réouverture du détroit d’Ormuz aux navires commerciaux pendant le cessez-le-feu, une décision saluée par les Occidentaux.
  • Mais derrière ce geste d’apaisement, les restrictions militaires et les tensions entre l’Iran et les États-Unis demeurent fortes.

   Le détroit d’Ormuz, passage clé du commerce mondial et du transport énergétique, connaît une évolution majeure. Vendredi, l’Iran a annoncé la reprise du trafic maritime commercial dans cette zone hautement stratégique.

Sur le réseau X, le ministre iranien des Affaires étrangères, Seyed Abbas Araghchi, a déclaré : « Conformément au cessez-le-feu au Liban, le passage de tous les navires commerciaux à travers le détroit d’Ormuz est déclaré complètement ouvert pour la durée restante du cessez-le-feu ».

Le responsable iranien n’a toutefois pas précisé si cette mesure s’inscrivait dans le cadre de la trêve entre Israël et le Hezbollah ou du cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran, laissant planer une incertitude sur la portée exacte de cette décision.

Donald Trump valide l’ouverture mais maintient un blocage ciblé

La Maison-Blanche a rapidement confirmé cette annonce. Sur Truth Social, Donald Trump a réagi d’un simple « Merci ! ». Le président américain a affirmé que le détroit était « entièrement ouvert et prêt à accueillir tout trafic et à permettre un passage libre ». Mais il a immédiatement nuancé cette ouverture en ajoutant que « le blocage naval restera en vigueur (…) en ce qui concerne l’Iran », « jusqu’à ce qu’un accord soit conclu ».

Cette position traduit une stratégie à double niveau : faciliter la reprise du commerce international tout en maintenant une pression politique et militaire sur Téhéran.

 Des restrictions strictes pour les navires militaires

Malgré l’annonce d’une réouverture, les autorités iraniennes encadrent étroitement les conditions de navigation. Selon un haut responsable militaire cité par le média d’État Irib, « la circulation des navires militaires dans le détroit d’Hormuz reste interdite ».

La même source précise que « seuls les navires non militaires peuvent circuler sur les routes désignées et avec l’autorisation de la marine du Corps des Gardiens de la Révolution ». Elle ajoute que « les navires non militaires doivent uniquement emprunter les routes désignées par l’Organisation des ports et de la navigation maritime d’Iran ».

Ces restrictions montrent que l’Iran conserve un contrôle strict sur cette voie maritime essentielle, malgré les signaux d’ouverture.

Une mobilisation internationale pour sécuriser le détroit

Quelques heures après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban, une réunion internationale s’est tenue à l’initiative d’Emmanuel Macron. Le président français a accueilli le Premier ministre britannique Keir Starmer à l’Élysée, dans le cadre d’un sommet en visioconférence réunissant une « trentaine de participants » volontaires, décrits comme « non belligérants ».

Objectif : préparer une mission de sécurisation du détroit d’Ormuz, à condition que le cessez-le-feu entre l’Iran et les États-Unis se stabilise.

Aux côtés du chancelier allemand Friedrich Merz, de Keir Starmer et de la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni, Emmanuel Macron a déclaré : « Nous saluons l’annonce d’une réouverture décidée par l’Iran pour le détroit d’Ormuz ».

Au-delà de ce soutien, les dirigeants européens ont rappelé leurs exigences. Paris et ses partenaires souhaitent un retour à la situation d’avant-guerre, avec une circulation maritime totalement libre. Emmanuel Macron a ainsi plaidé pour un retour à la situation prévalant avant le 28 février, avec une liberté totale de navigation, sans aucun péage ni privatisation de la zone.

 Une position partagée par Londres. Keir Starmer a insisté : « Tous les pays qui ont participé à la réunion d’aujourd’hui soutiennent ce message ».

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