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mercredi, avril 29, 2026
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Pénurie de carburant en France : Emmanuel Macron rassure malgré la crise du détroit d’Ormuz

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  • En pleine flambée des prix de l’énergie liée à la guerre au Moyen-Orient, Emmanuel Macron se veut rassurant : la France ne fait face à “aucune pénurie” de carburant à ce stade.
  • Le chef de l’État appelle à éviter les comportements de panique, tandis que Patrick Pouyanné met en garde contre un risque à moyen terme si le blocage du détroit d’Ormuz se prolonge.

   Une situation “contrôlée” selon Emmanuel Macron. Depuis Athènes, où il s’exprimait samedi 25 avril, Emmanuel Macron a voulu couper court aux inquiétudes liées à une possible pénurie de carburant en France. Alors que le blocage du détroit d’Ormuz perturbe le commerce maritime mondial et accentue la tension sur les marchés énergétiques, le président a tenu un discours rassurant.

 “On n’est pas dans le scénario qui est le scénario du pire, ce n’est pas le plus probable”, a-t-il déclaré, affirmant que “la situation est contrôlée”. Le chef de l’État a insisté : “Aujourd’hui, la situation ne nous fait envisager aucune pénurie et on consacre plutôt notre énergie à rouvrir le plus vite possible Ormuz”.

 Au-delà des tensions géopolitiques, Emmanuel Macron a pointé un autre danger : celui des réactions excessives des consommateurs face à la crise. “La pire des choses dans ces moments-là, où il y a des tensions et de l’incertitude géopolitique, c’est que ces tensions soient accrues par des comportements de panique”, a-t-il averti.

 Et d’ajouter : “Bien souvent la pénurie, on la crée par ces comportements de panique eux-mêmes”, refusant toute “politique-fiction” sur un scénario catastrophe.

Au cœur des tensions, le détroit d’Ormuz reste un passage clé pour l’approvisionnement énergétique mondial. Près de 20 % du pétrole et du gaz consommés dans le monde y transitent habituellement.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, la navigation y est quasi paralysée par l’Iran, tandis qu’un blocus des ports iraniens a été décidé par Donald Trump. Résultat : seuls quelques navires, majoritairement liés à l’Iran, continuent d’emprunter cette route stratégique.

 Face à cette situation, Emmanuel Macron a annoncé vouloir agir rapidement : il entend travailler “dans les prochains jours et prochaines semaines” à une réouverture complète du détroit, “conforme au droit international, à la liberté de navigation, et sans péage”.

TotalEnergies alerte sur un risque à moyen terme

 Si l’exécutif se veut rassurant à court terme, Patrick Pouyanné adopte un ton plus prudent. Lors de la World Policy Conference organisée par l’Ifri à Chantilly, le dirigeant a évoqué un possible basculement en cas de crise prolongée.

 “Nous avons désormais absorbé tout le surplus. Si la situation perdure encore deux ou trois mois, nous entrerons dans une ère de pénurie énergétique, comme celle que subissent déjà certains pays asiatiques”, a-t-il déclaré.

 Selon lui, “la pénurie n’est pas encore présente dans le bassin atlantique”, mais la situation reste fragile : “on ne peut pas se permettre de laisser 20 % des réserves mondiales de pétrole et de gaz inaccessibles sans conséquences majeures”.

Investir dans la “résilience” énergétique

Face à cette dépendance au détroit d’Ormuz, Patrick Pouyanné appelle à repenser les infrastructures énergétiques mondiales. “Le fait qu’aujourd’hui, il n’y ait pas assez de voies de sortie du détroit d’Ormuz est un problème majeur”, a-t-il souligné, plaidant pour des investissements “probablement dans de nouveaux pipelines”.

 Objectif : réduire la vulnérabilité des approvisionnements et anticiper les crises futures, alors que le pétrole du Golfe reste difficilement remplaçable à court terme.

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