- La compagnie low cost d’Asie du Sud-Est signe la plus importante commande ferme jamais enregistrée pour l’A220.
- Un contrat estimé à 19 milliards de dollars au prix catalogue, qui conforte le programme canadien d’Airbus et les ambitions internationales d’AirAsia.
Airbus tient une victoire commerciale majeure pour son A220. AirAsia, première compagnie aérienne à bas coûts d’Asie du Sud-Est, a commandé 150 A220-300, ont annoncé les deux groupes à Mirabel, au Québec, où l’appareil est assemblé.
Le contrat, évalué à « environ 19 milliards de dollars » au prix catalogue par AirAsia, constitue « la plus importante commande ferme unique jamais enregistrée pour l’A220 ». Il fait du transporteur malaisien un nouveau client du programme, alors qu’il exploite déjà une flotte importante d’A320 et d’A321 sur son réseau asiatique.
Avec cette commande, l’A220 franchit le seuil des 1.000 commandes fermes. Un cap important pour ce programme longtemps considéré comme fragile sur le plan commercial, avant de trouver progressivement sa place dans la gamme Airbus.
A fin mars 2026, 501 A220 avaient été livrés à 25 opérateurs dans le monde. L’appareil reste encore loin des volumes des familles A320neo ou Boeing 737 MAX, mais son carnet de commandes prend désormais une autre dimension.
AirAsia accélère sa stratégie internationale
Pour AirAsia, cette commande s’inscrit dans une nouvelle phase de développement. Tony Fernandes, qui représentait la compagnie lors de l’annonce, a présenté l’accord comme un choix stratégique de long terme.
« Nous avons bâti AirAsia en prenant des décisions audacieuses au bon moment, pas au moment le plus facile », a-t-il déclaré, estimant que cette commande traduit « la discipline de long terme et l’ampleur de [nos] ambitions ».
Le dirigeant voit dans l’A220 un outil pour « ouvrir de nouveaux marchés et des routes » et se rapprocher de son objectif de « construire le premier véritable réseau mondial de transporteur low cost ».
Un avion adapté aux lignes moins denses
L’A220 doit permettre à AirAsia de desservir de nouvelles destinations au sein de l’ASEAN et vers l’Asie centrale. Son positionnement, entre les jets régionaux et les monocouloirs plus grands, peut aider la compagnie à exploiter des lignes moins denses ou en développement.
Ce choix doit aussi libérer les A321 du groupe pour des routes plus longues ou à plus forte demande. AirAsia pourra ainsi mieux adapter la taille de ses avions à ses marchés, un levier clé pour préserver ses marges dans le transport aérien à bas coûts.
AirAsia sera le client de lancement d’une nouvelle cabine à 160 sièges pour l’A220-300, soit dix sièges de plus que les configurations les plus denses actuellement proposées. Cette évolution sera rendue possible par l’ajout d’une issue de secours supplémentaire au-dessus des ailes, de chaque côté de l’appareil. Elle répond directement aux impératifs des compagnies low cost, pour lesquelles le coût au siège-kilomètre reste l’indicateur central.
Airbus met en avant l’économie d’exploitation
Airbus insiste sur la combinaison entre coûts réduits et rayon d’action. « L’A220 offrira une plateforme optimale pour AirAsia, combinant de faibles coûts d’exploitation avec un rayon d’action permettant à la compagnie d’ouvrir de nouvelles routes à travers l’Asie et au-delà », a souligné Lars Wagner, CEO d’Airbus Commercial Aircraft.
Pour l’avionneur européen, l’arrivée d’un acteur low cost majeur d’Asie du Sud-Est permet aussi de renforcer la crédibilité mondiale de l’A220, jusqu’ici porté notamment par des compagnies nord-américaines et européennes comme Air Canada, Delta Air Lines ou Breeze Airways.
Une bonne nouvelle industrielle pour le Canada
L’annonce a été saluée par le Premier ministre canadien Mark Carney, présent à Mirabel. « Merci pour la confiance que vous accordez au Canada, au Québec. Vous faites le meilleur choix au meilleur moment », a-t-il déclaré.
Le chef du gouvernement canadien a insisté sur les retombées industrielles de l’accord. Les 150 avions « seront construits par des travailleurs de chez nous, dans nos usines de chez nous », s’est-il félicité.
« Pour des milliers d’ingénieurs, d’électriciens, de soudeurs et de spécialistes en informatique, cela se traduira par du travail passionnant et bien rémunéré. la construction de cet appareil exceptionnel permettra à des millions de personnes de partout dans le monde de profiter de plus de possibilités, de découvrir de nouvelles destinations », a ajouté Mark Carney, cité dans un communiqué.
Un contrat structurant pour Mirabel
Pour Airbus, cette commande sécurise plusieurs années d’activité pour l’A220, notamment sur la ligne d’assemblage de Mirabel, mais aussi à Mobile, en Alabama. Elle confirme surtout que le programme, hérité de Bombardier, devient un actif stratégique dans la bataille mondiale des monocouloirs.
Pour AirAsia, l’enjeu est tout aussi clair : disposer d’un appareil plus sobre, plus flexible et mieux dimensionné pour ouvrir des routes nouvelles, tout en consolidant son modèle de transporteur low cost à grande échelle.
