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Boeing, Nvidia, IA : les entreprises américaines au centre du sommet Trump-Xi

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  • Donald Trump s’est rendu en Chine accompagné d’une délégation de 17 dirigeants américains de la tech, de la finance et de l’industrie afin de relancer les échanges économiques avec Pékin.
  • A l’issue de cette visite, Boeing a annoncé un engagement initial portant sur 200 avions, tandis que Washington et Pékin ont affiché leur volonté de coopérer sur l’intelligence artificielle malgré des tensions technologiques persistantes.

   Donald Trump a placé l’économie au centre de sa visite en Chine. Le président américain était accompagné d’une délégation de 17 chefs d’entreprise issus de la tech, de la finance et de l’industrie, avec l’objectif de convaincre Pékin d’ouvrir davantage son marché aux groupes américains.

Xi Jinping a tenu à rappeler l’interdépendance économique entre les deux pays. Le président chinois a déclaré que « les entreprises américaines sont profondément impliquées dans la réforme et l’ouverture de la Chine, et que les deux parties en ont bénéficié ». Il a ajouté que « la Chine souhaite que les États-Unis renforcent leur coopération mutuellement bénéfique ».

Des engagements encore peu chiffrés

Du côté américain, les dirigeants d’entreprises présents ont souligné l’importance stratégique du marché chinois et leur volonté d’y développer leurs activités. La Maison Blanche a également évoqué, dans un communiqué publié sur X, un renforcement de la coopération économique et une hausse des investissements chinois.

Mais au-delà de ces signaux politiques, peu d’annonces concrètes ont été rendues publiques. Aucun montant global ni calendrier précis n’a été dévoilé, traduisant la prudence qui continue de dominer les relations économiques sino-américaines.

L’IA, entre coopération et compétition

L’intelligence artificielle s’est imposée comme l’autre grand dossier du sommet. Chine et États-Unis investissent massivement pour devenir les leaders mondiaux du secteur, dans un contexte de rivalité technologique de plus en plus structurante.

Washington avait jusqu’ici cherché à limiter l’accès de Pékin à certaines technologies avancées, notamment les puces de Nvidia. Selon Reuters, l’administration américaine aurait toutefois donné son feu vert à Nvidia pour fournir à certaines entreprises chinoises le H200, l’un de ses processeurs les plus avancés.

Initialement écarté du voyage, le PDG de Nvidia, Jensen Huang, a finalement été invité à rejoindre la délégation. « C’est bien sûr une opportunité incroyable pour moi de représenter les États-Unis, et de venir soutenir le président Trump lors de l’un des sommets les plus importants de l’histoire humaine », a-t-il déclaré, sans commenter d’éventuelles ventes de puces à la Chine.

Un protocole de sécurité sur les modèles d’IA

Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a indiqué que Washington et Pékin allaient travailler ensemble à l’élaboration d’un protocole de sécurité portant sur les « meilleures pratiques en matière d’IA ».

L’objectif affiché est de s’assurer que des « acteurs non étatiques » ne puissent pas accéder à certains modèles sensibles. Une formulation qui illustre à la fois la volonté de coopération entre les deux puissances et la persistance d’une méfiance stratégique autour des technologies critiques.

Boeing obtient un signal fort de Pékin

La principale annonce commerciale concerne Boeing. Le constructeur aéronautique américain a confirmé vendredi 15 mai que la Chine s’était engagée à lui acheter des avions.

« Nous avons eu un déplacement en Chine rempli de succès et nous avons accompli notre important objectif de rouvrir le marché chinois aux commandes pour les avions de Boeing », a indiqué le groupe dans un communiqué.

Boeing précise que cet engagement comprend « une tranche initiale de 200 appareils » et dit s’attendre à « des engagements supplémentaires ». Le groupe n’a toutefois pas précisé les modèles concernés.

Un retour attendu sur le marché chinois

Pour Boeing, cet engagement marque une étape importante. Le groupe a exprimé sa « reconnaissance » envers l’administration américaine pour avoir permis « le franchissement de cette étape majeure » et assure avoir désormais « hâte de continuer à répondre à la demande chinoise en avions ».

La dernière grande commande chinoise auprès de Boeing remontait à 2017, lors du premier mandat de Donald Trump. Elle portait alors sur 300 avions, pour une valeur estimée à 37 milliards de dollars.

Donald Trump a lui-même présenté cet engagement comme un succès. « L’une des choses qu’il a acceptées aujourd’hui est d’acheter 200 avions (…). Des Boeing. 200 gros », a-t-il déclaré sur Fox News après sa rencontre avec Xi Jinping. À bord d’Air Force One, il a également évoqué « une promesse de 750 avions » supplémentaires, sans fournir davantage de précisions.

Une détente économique encore fragile

Alors que Donald Trump annonce un succès commercial, notamment avec Boeing et  la relance du dialogue économique avec Pékin, les annonces, elles,  restent encadrées par de fortes incertitudes, en particulier dans les secteurs stratégiques comme l’intelligence artificielle et les semi-conducteurs.

Entre volonté de coopération, compétition technologique et rivalité industrielle, le rapprochement sino-américain demeure donc prudent.

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