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Télécoms : Bouygues Telecom, Free et Orange s’offrent SFR pour 20,35 milliards d’euros

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  • Le paysage français des télécommunications s’apprête à vivre sa plus importante transformation depuis plus d’une décennie.
  • Bouygues Telecom, Free et Orange ont conclu un accord avec Altice France pour le rachat de SFR, dans une opération valorisée à 20,35 milliards d’euros, ouvrant la voie à un retour à trois opérateurs sur le marché français.

Après plusieurs semaines de négociations, Bouygues Telecom, Iliad (Free) et Orange ont annoncé, samedi 6 juin, avoir trouvé un accord avec Altice France pour l’acquisition de sa filiale SFR. Le montant total de l’opération s’élève à 20,35 milliards d’euros, auxquels pourrait s’ajouter un complément de prix pouvant atteindre 650 millions d’euros lors de la finalisation de la transaction.

Les groupes espèrent conclure l’opération au cours du second semestre 2027. Dans le cadre de cet accord, les salariés de SFR concernés par les reprises d’activités bénéficieront d’une garantie de maintien de l’emploi jusqu’au début de l’année 2029.

Dans un communiqué commun, les entreprises qualifient cette transaction de « l’une des plus importantes opérations industrielles en Europe dans le secteur des télécommunications ».

Vers un retour à trois opérateurs en France

Cette opération marque un tournant majeur pour le marché français des télécoms. Si elle est validée par les autorités compétentes, elle conduira à la disparition de SFR en tant qu’opérateur indépendant et à un retour à trois acteurs nationaux : Orange, Bouygues Telecom et Free.

Une telle reconfiguration du secteur pourrait modifier durablement l’équilibre concurrentiel, tant sur les offres destinées aux particuliers que sur celles adressées aux entreprises.

Les groupes rappellent toutefois que l’opération reste soumise à l’approbation des autorités de la concurrence. « À ce stade, il n’y a aucune certitude que cette opération soit réalisée », soulignent-ils dans leur communiqué.

Une répartition précise du capital et des actifs

Selon le protocole d’accord conclu entre les parties, Bouygues Telecom assumera 42 % du prix d’acquisition, devant Free-Groupe Iliad avec 31 % et Orange avec 27 %.

Au-delà de la répartition financière, les trois opérateurs se partageront également les différents actifs de SFR. Bouygues Telecom récupérera notamment les activités B2B de l’opérateur, dédiées aux professionnels, ainsi qu’une partie significative de son portefeuille grand public représentant environ 6,4 millions de clients mobiles et fixes.

De son côté, Free héritera des quelque 6 millions de clients de la marque RED by SFR, auxquels s’ajouteront près de deux millions de clients issus des activités grand public de l’opérateur.

Orange reprendra quant à lui environ 4,9 millions de clients, renforçant encore sa position de leader sur le marché français.

Réagisant à cette annonce, le ministre de l’Économie Roland Lescure appelle à une analyse rigoureuse de l’opération qui pourrait remodeler durablement le secteur des télécommunications.

dans une declaration transmise à Echosplus, le ministre précise que « cette annonce marque une étape majeure et déterminante pour une opération structurante qui concerne l’ensemble du secteur télécom français et européen ».

Le ministre a toutefois insisté sur le rôle central que devront jouer les autorités de la concurrence dans l’examen du dossier. « Elle doit désormais faire l’objet d’un examen approfondi par les autorités de la concurrence compétentes, qui auront la responsabilité d’évaluer avec la plus grande rigueur ses conséquences sur le marché, la diversité de l’offre, ainsi que sur l’équilibre concurrentiel », a-t-il ajouté.

Un dossier sous haute surveillance réglementaire

L’examen de cette opération par les autorités françaises et européennes s’annonce particulièrement complexe. Le retour à trois opérateurs mobiles pourrait susciter des interrogations sur l’évolution future des prix, l’innovation, les investissements dans les réseaux et la diversité des offres proposées aux consommateurs.

« Nous suivrons cette opération avec une attention soutenue, afin que soient pleinement pris en compte des enjeux essentiels : la préservation durable de l’emploi et des compétences, l’impact sur les prix des abonnements pour els consommateurs, ainsi que le maintien d’investissements ambitieux et pérennes dans les réseaux par les opérateurs« , précise ministre de l’Économie.

Pour Altice France, cette cession constitue une étape majeure dans sa stratégie de désendettement. Pour Bouygues Telecom, Free et Orange, elle représente une occasion unique de consolider leurs positions sur un marché devenu particulièrement concurrentiel depuis l’arrivée de Free Mobile en 2012.

L’issue de l’examen réglementaire sera déterminante pour l’avenir du secteur télécom français, dont l’équilibre pourrait être profondément redessiné à l’horizon 2027.

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