Donald Trump a annoncé le 21 juillet l'instauration progressive de droits de douane sur les médicaments génériques importés aux États-Unis. Après un tarif nul de deux ans dès le 1er août 2026, les importations seront taxées à 100 % en 2028, puis 200 % en 2029, pour forcer la relocalisation industrielle.
| Droits de douane à partir d'août 2028 | 100 %pendant un an sur les médicaments génériques importés |
|---|---|
| Droits de douane à compter d'août 2029 | 200 %après la première année de taxation |
| Part des génériques dans les prescriptions américaines | plus de 90 %selon la Food and Drug Administration |
| Exportations indiennes de génériques vers les États-Unis | environ 9,7 milliards de dollarssoit près de 38 % des exportations pharmaceutiques du pays, selon Reuters |
Donald Trump ouvre un nouveau front dans sa politique de relocalisation industrielle. Le président américain a annoncé, mardi 21 juillet, l’instauration progressive de droits de douane sur les médicaments génériques importés aux États-Unis, jusqu’ici épargnés par son offensive commerciale dans le secteur pharmaceutique.
Le dispositif prévoit le maintien d’un tarif nul pendant deux ans, à compter du 1er août 2026. Les importations seraient ensuite taxées à 100 % pendant un an, à partir du 1er août 2028, avant l’application d’un taux de 200 % à compter d’août 2029.
« À compter du 1er août 2026, tous les médicaments génériques importés aux États-Unis continueront de bénéficier de droits de douane de zéro pour cent pendant une période de deux ans, après quoi ces droits de douane seront portés à 100 % pendant un an, puis 200 % par la suite », a écrit Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.
Deux ans accordés aux laboratoires pour investir aux États-Unis
La Maison-Blanche entend utiliser cette période de transition pour pousser les fabricants étrangers à construire des capacités de production sur le territoire américain. L’annonce vise notamment les groupes asiatiques et européens fortement présents sur le marché des génériques.
« Cette mesure vise à relocaliser la production de médicaments génériques aux États-Unis, en pénalisant les entreprises qui décideraient de ne pas construire d’usines et d’installations dans le délai qui leur est accordé », a précisé le président républicain.
Donald Trump a ajouté que les dispositions déjà appliquées aux autres catégories de médicaments resteraient « inchangées ». En avril 2026, son administration avait instauré des droits de douane pouvant atteindre 100 % sur certains médicaments brevetés, tout en maintenant une exemption pour les génériques.
Le président avait néanmoins chargé son ministre du Commerce de réévaluer cette exclusion dans un délai d’un an. La nouvelle annonce marque donc un durcissement de la stratégie commerciale américaine, même si ses modalités juridiques et les éventuelles exemptions accordées à certains pays ou groupes pharmaceutiques devront encore être précisées.
Un marché américain très dépendant des génériques
L’enjeu est considérable pour le système de santé américain. Les médicaments génériques représentent plus de 90 % des prescriptions délivrées aux États-Unis, selon la Food and Drug Administration. Leur développement joue un rôle central dans la baisse du prix des traitements et dans l’accès aux soins.
Une taxation de 100 %, puis de 200 %, pourrait bouleverser les chaînes d’approvisionnement pharmaceutiques et fragiliser les fabricants opérant avec des marges réduites. Elle risque également d’accroître les coûts pour les distributeurs, les assureurs et, à terme, les patients américains si la production nationale ne progresse pas assez rapidement.
La relocalisation d’une usine pharmaceutique nécessite en effet plusieurs années. Outre la construction des installations, les entreprises doivent obtenir les autorisations réglementaires de la FDA et sécuriser l’approvisionnement en principes actifs.
L’Inde en première ligne
L’Inde, premier fournisseur de médicaments génériques du marché américain, apparaît particulièrement exposée. Les exportations indiennes de génériques à destination des États-Unis atteignent environ 9,7 milliards de dollars et représentent près de 38 % des exportations pharmaceutiques du pays, selon les données rapportées par Reuters.
La perspective de ces tarifs a déjà pesé sur plusieurs valeurs pharmaceutiques en Asie et en Europe. Les investisseurs redoutent une compression des marges, mais aussi le coût élevé d’un transfert de production vers les États-Unis.
Le projet de Donald Trump place ainsi les fabricants devant un choix : investir rapidement dans des installations américaines, négocier une exemption avec Washington ou s’exposer, à partir de 2028, à des droits de douane susceptibles de rendre leurs produits beaucoup moins compétitifs. Pour l’administration américaine, l’objectif est de réduire la dépendance extérieure dans un secteur considéré comme stratégique. Pour le système de santé, le défi sera d’y parvenir sans renchérir le prix des médicaments les plus consommés.
Le tarif reste nul pendant deux ans à compter du 1er août 2026, puis passe à 100 % à partir du 1er août 2028 et à 200 % dès août 2029. L'objectif est de relocaliser la production aux États-Unis en pénalisant les entreprises qui ne construiraient pas d'usines sur le territoire dans le délai accordé. L'Inde, premier fournisseur de génériques du marché américain, avec environ 9,7 milliards de dollars d'exportations, soit près de 38 % de ses exportations pharmaceutiques. Les médicaments génériques représentent plus de 90 % des prescriptions délivrées aux États-Unis, selon la Food and Drug Administration.Questions fréquentes
Quand les droits de douane sur les génériques entreront-ils en vigueur ?
Pourquoi Trump veut-il taxer les médicaments génériques ?
Quel pays est le plus exposé à cette mesure ?
Quelle est la part des génériques aux États-Unis ?
