- Au terme du sommet du G7 organisé à Évian, Emmanuel Macron a dressé un bilan largement positif des trois jours de discussions entre les grandes puissances occidentales.
- Ukraine, accord irano-américain, Moyen-Orient, intelligence artificielle et coopération transatlantique ont dominé les échanges, dans un contexte international marqué par de fortes tensions géopolitiques.
Le président français a salué mercredi 17 juin les résultats du sommet du G7, dont la France assurait cette année la présidence. Réunis à Évian pendant trois jours, les dirigeants des principales économies avancées ont multiplié les échanges sur les grands dossiers internationaux, de la guerre en Ukraine à la situation au Moyen-Orient.
« Ce G7 se tenait dans un contexte extrêmement difficile de fragmentation du monde, beaucoup se jouait lors de nos échanges», a déclaré Emmanuel Macron lors de sa conférence de presse de clôture.
Reconnaissant l’existence de mois de « désaccords » entre les partenaires occidentaux, le chef de l’État a néanmoins estimé que la rencontre avait constitué un « moment d’unité » et de « vraie coopération » entre les dirigeants.
Le président a également mis en avant l’adoption de neuf déclarations communes approuvées « de manière unanime », portant notamment sur les minerais critiques, la lutte contre l’épidémie d’Ebola, la protection de l’enfance en ligne et le narcotrafic.
Une convergence inédite sur l’Ukraine
La guerre en Ukraine a occupé une place centrale dans les discussions. Emmanuel Macron a souligné le renforcement du soutien collectif à Kiev et s’est félicité d’un rapprochement des positions au sein du G7. Selon lui, Donald Trump a notamment « insisté » sur la mobilisation de l’industrie de défense américaine pour soutenir l’effort ukrainien.
« Nous nous sommes engagés à accroître les pressions, y compris par un renforcement de nos sanctions et cette remobilisation du G7 (…) est extrêmement importante », a affirmé le président français.
Emmanuel Macron a même évoqué une évolution majeure des discussions entre alliés : « la première fois que nous avons une convergence » sur plusieurs aspects du dossier ukrainien. Le chef de l’État a estimé que les échanges, qu’il a qualifiés d’« extrêmement francs », d’« extrêmement utiles et fructueux », ont permis de « resynchroniser notre lecture de la situation ».
Le « moment Évian » de Volodymyr Zelensky
Présent au sommet, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a participé aux discussions avec les dirigeants du G7. Emmanuel Macron s’est déclaré « très heureux » de ces échanges, soulignant que le dirigeant ukrainien avait été écouté « avec beaucoup de respect » par l’ensemble des participants.
« Ce que je peux vous dire c’est qu’il y a eu un pendant, il y a eu un moment Évian à coup sûr, sur l’Ukraine », a-t-il déclaré.
Concernant les éventuelles négociations territoriales avec Moscou, le président français a rappelé que « la question des territoires, ce sont les Ukrainiens qui la discutent ». Il a également salué la volonté affichée par Washington de travailler « aux côtés des Européens » sur ce dossier.
Moyen-Orient : soutien à l’accord irano-américain et appel à la désescalade
Autre sujet majeur du sommet, le Moyen-Orient a fait l’objet de nombreuses discussions entre les dirigeants occidentaux et plusieurs chefs d’État invités de la région du Golfe. Emmanuel Macron a confirmé que les participants avaient « unanimement salué » l’accord conclu entre les États-Unis et l’Iran visant à mettre fin aux tensions régionales.
Le président français a également insisté sur la situation au Liban, rappelant « l’importance du Liban » et la « nécessité de défendre l’intégrité territoriale » du pays.
« Nous avons appelé à mettre un terme aux violences en Cisjordanie », a-t-il ajouté.
Le chef de l’État a par ailleurs plaidé pour l’arrêt des opérations militaires israéliennes dans le sud du Liban afin que « les forces armées libanaises puissent reprendre le contrôle de leur propre territoire ».
Intelligence artificielle : appel à une régulation renforcée
Au-delà des crises géopolitiques, le président français a également alerté sur les enjeux liés à l’intelligence artificielle. Estimant que les modèles les plus avancés représentent à la fois une opportunité et un risque stratégique, Emmanuel Macron a plaidé pour une coopération accrue entre démocraties.
« On doit réussir à mieux les réguler pour éviter qu’ils ne tombent dans les mains de régimes autoritaires ou de gens qui pourraient menacer notre cybersécurité ou nos sociétés », a-t-il déclaré.
Le chef de l’État a également mis en garde contre le risque d’une fragmentation des approches occidentales en matière d’IA, affirmant que « la réponse ne peut pas être de la non-coopération entre démocraties ».
Au terme de trois jours de discussions, Emmanuel Macron considère que le sommet d’Évian a permis de renforcer la cohésion du G7 sur plusieurs dossiers stratégiques, notamment l’Ukraine, le Moyen-Orient et les nouvelles technologies.
