20.7 C
Paris
mercredi, juillet 22, 2026
AccueilActualitéCroissance France 2026 : l’Insee prévoit seulement 0,7%, sous l’objectif du gouvernement

Croissance France 2026 : l’Insee prévoit seulement 0,7%, sous l’objectif du gouvernement

Date:

4 min de lecture
  • La croissance française devrait atteindre 0,7% en 2026, selon les dernières prévisions de l’Insee.
  • Si l’industrie profite des bouleversements géopolitiques et soutient l’activité, la consommation des ménages s’essouffle sous l’effet du retour de l’inflation.
  • Le pouvoir d’achat reculerait et le chômage poursuivrait sa remontée.

   L’industrie au soutien d’une croissance française sous tension. Après une contraction inattendue du produit intérieur brut (PIB) de 0,1% au premier trimestre, l’économie française devrait retrouver des couleurs au printemps. L’Insee anticipe une progression de l’activité de 0,3% au deuxième trimestre, avant un rythme plus modeste de 0,1% aux troisième et quatrième trimestres.

Au total, la croissance atteindrait 0,7% sur l’ensemble de l’année, un niveau proche de celui attendu pour la zone euro mais inférieur à l’objectif de 0,9% maintenu par le gouvernement.

Selon le communiqué de l’institut statistique, cette amélioration temporaire repose essentiellement sur les performances de l’industrie. « L’industrie tire son épingle du jeu et entretient la flamme de la croissance française », souligne Dorian Roucher, chef du département de la conjoncture à l’Insee.

La guerre au Moyen-Orient contribue paradoxalement à soutenir certaines activités industrielles françaises. Les entreprises de la chimie et du raffinage augmentent leur production afin de compenser les perturbations affectant leurs concurrents du Golfe. À cela s’ajoute la bonne tenue des filières aéronautique et navale, qui continuent d’alimenter la dynamique industrielle.

Une consommation des ménages en panne

À l’inverse, la demande intérieure demeure particulièrement fragile. Après un recul de 0,2% au premier trimestre, la consommation des ménages devrait progresser de seulement 0,2% sur l’ensemble de l’année. « La consommation est en panne sèche », constate Dorian Roucher.

La flambée des prix de l’énergie provoquée par les tensions géopolitiques pèse directement sur les dépenses des ménages, qui ont déjà réduit leur consommation de carburants. Plus largement, les particuliers apparaissent comme les principaux exposés au choc inflationniste, tandis que les entreprises parviennent davantage à préserver leurs marges en répercutant une partie de leurs coûts sur les prix de vente.

Le retour de l’inflation fragilise le pouvoir d’achat

Après avoir atteint 2,4% en mai, l’inflation devrait progressivement se diffuser à l’ensemble de l’économie. L’Insee prévoit ainsi une accélération à 2,7% à la fin de l’année, même dans l’hypothèse d’un reflux des cours du pétrole.

Cette remontée des prix contraindra de nombreux ménages à revoir leurs arbitrages de consommation, notamment dans les secteurs de l’hébergement-restauration, des loisirs ou encore des dépenses discrétionnaires.

Le climat de confiance se dégrade nettement. « Les ménages sont de plus en plus pessimistes, leur confiance s’est effondrée de dix points depuis février et a renoué avec des niveaux de 2022-2023, après l’invasion de l’Ukraine par la Russie », indique Clément Bortoli, chef de la division Synthèse conjoncturelle à l’Insee.

Dans le même temps, les salaires progresseraient à un rythme insuffisant pour générer de nouveaux gains de pouvoir d’achat. Le regain inflationniste n’ayant pas été anticipé lors des négociations salariales, les hausses de rémunération devraient « tout juste compenser la hausse des prix », estime l’institut.

Conséquence : le pouvoir d’achat de l’ensemble des ménages reculerait de 0,3% sur l’année, soit une baisse de 0,7% par unité de consommation.

Emploi : 59.000 destructions de postes attendues dans le privé

Le ralentissement de la demande affecterait particulièrement les secteurs dépendants de la consommation des ménages, notamment le commerce. Ces activités devraient réduire leurs recrutements face à un environnement moins porteur.

À l’inverse, l’industrie disposerait encore de marges de progression grâce aux gains de productivité enregistrés ces dernières années. « L’industrie dispose de marges de manœuvre pour augmenter la production sans accroître les effectifs », explique Dorian Roucher.

Au final, l’Insee anticipe la destruction de 59.000 emplois salariés dans le secteur privé sur l’ensemble de l’année. L’emploi total ne progresserait que de 0,1%, une hausse insuffisante pour absorber l’augmentation de la population active, alimentée notamment par les effets de la réforme des retraites de 2023.

Dans ce contexte, le taux de chômage poursuivrait sa remontée pour atteindre 8,4% à la fin de l’année, contre 7,9% un an auparavant, illustrant la fragilité persistante de l’économie française malgré la résistance de son appareil industriel.

La Rédactionhttps://echosplus.com
La Rédaction d’Echos Plus propose une information indépendante, rigoureuse et accessible sur l’actualité économique, financière et géopolitique en France, au Maghreb, en Europe et à l’international. À travers des analyses, décryptages et mises en perspective, nous couvrons les grands enjeux qui transforment les économies et les sociétés : énergie, finance, entreprises, marchés, innovation et commerce international. Signés « La Rédaction », nos articles reflètent l’engagement d’Echos Plus en faveur d’un journalisme de qualité, au service de la compréhension des mutations du monde et du dialogue entre les deux rives de la Méditerranée.

Les plus populaires