- Les allocations d’assurance chômage resteront inchangées au 1er juillet 2026.
- Faute de majorité lors du vote du conseil d’administration de l’Unédic, aucune revalorisation n’a été adoptée, malgré les critiques des syndicats et un contexte économique marqué par le retour de l’inflation.
Les allocations chômage restent gelées au 1er juillet. Les bénéficiaires de l’assurance chômage ne verront pas leurs allocations augmenter cet été. Réuni ce mardi 30 juin, le conseil d’administration de l’Unédic n’est pas parvenu à dégager une majorité en faveur d’une revalorisation des indemnités.
L’organisme paritaire, qui pilote le régime d’assurance chômage, a indiqué que le nombre de voix favorables à une hausse était identique à celui des voix opposées, empêchant toute évolution des montants versés.
L’Unédic souligne que cette situation « n’est pas inédite : en 2016 les allocations chômage n’avaient pas été revalorisées ». En conséquence, l’allocation minimale demeure fixée à 32,13 euros par jour.
Pour rappel, la dernière augmentation remontait au 1er juillet 2025, avec une revalorisation limitée de 0,5 %.
Une décision qui intervient dans un contexte budgétaire tendu
La décision intervient alors que les finances du régime restent sous pression. Dans un communiqué, le Medef, qui défendait le maintien des allocations à leur niveau actuel, a justifié sa position par la situation économique.
L’organisation patronale estime que « le contexte macroéconomique du pays est marqué par une remontée de l’inflation et une dégradation des finances publiques », tandis que « le régime d’assurance chômage reste fortement endetté ».
Le Medef souligne également que la dette de l’Unédic est « sur une trajectoire de 62 milliards d’euros fin 2026 qui risque de s’accentuer avec la dégradation du marché de l’emploi ». Selon l’organisation patronale, il est donc « prioritaire de rétablir les finances publiques, et donc de diminuer la dette de l’Unédic, et d’assurer un pilotage responsable du régime afin d’assurer sa pérennité ».
Elle précise avoir proposé « de ne pas revaloriser les allocations chômage au 1er juillet, position sur laquelle se sont accordées l’ensemble des patronales », avant de conclure que « cet effort de rigueur suppose que l’État respecte ses engagements et abandonne tout nouveau prélèvement dans les caisses de l’Unédic ».
La CFDT dénonce une décision « inacceptable »
Cette décision suscite en revanche une vive opposition du côté des organisations syndicales. La CFDT dénonce « ce choix dogmatique au regard de la situation économique actuelle et des perspectives des mois à venir, qui pèsent lourdement sur le quotidien des près de deux millions de demandeurs d’emploi et de leur famille ».
Pour la centrale syndicale, « cette décision est inacceptable : la précarité n’est pas une fatalité, le chômage n’est jamais un choix ».
Une majorité des allocataires perçoit moins de 1 000 euros par mois
Selon les dernières statistiques de l’Unédic, 2,7 millions de personnes étaient indemnisées par l’assurance chômage au quatrième trimestre 2025. Plus de la moitié des bénéficiaires percevaient moins de 1 000 euros nets par mois, tandis que l’allocation moyenne mensuelle s’élevait à 1 040 euros.
Le maintien des allocations à leur niveau actuel intervient donc dans un contexte où le pouvoir d’achat des demandeurs d’emploi demeure un sujet de préoccupation pour les organisations syndicales.
L’Unédic souligne des retours rapides vers l’emploi
Quelques semaines avant ce vote, l’Unédic avait publié une étude portant sur 1,7 million d’allocataires ayant ouvert des droits en 2022 avec une durée potentielle d’indemnisation de 24 mois ou moins. L’organisme y observe que « c’est au cours de leurs premiers mois d’indemnisation que les allocataires sont les plus nombreux à reprendre pour la première fois un emploi salarié ».
Selon cette analyse, la probabilité de retrouver un emploi se situe entre 18 % et 22 %, selon la durée des droits, avant même le versement de la première indemnisation, avant de diminuer progressivement au fil du temps.
