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Petits colis : la France suspend sa taxe de 2 euros, le droit de douane européen prend le relais

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  • La France suspend, à compter de ce mercredi, la taxe nationale de deux euros appliquée aux petits colis importés de plateformes extra-européennes.
  • Le gouvernement estime que l’entrée en vigueur d’un droit de douane européen de trois euros rend désormais cette mesure nationale obsolète, après plusieurs mois de contournement massif par les géants asiatiques du e-commerce.

   Paris renonce à sa taxe nationale sur les petits colis. La taxe française de deux euros sur les petits colis importés depuis des plateformes de commerce en ligne extra-européennes sera officiellement suspendue à partir de ce mercredi. Cette décision intervient simultanément à l’entrée en vigueur d’un droit de douane européen de trois euros, destiné à harmoniser la taxation des importations de faible valeur au sein de l’Union européenne.

Le gouvernement français justifie ce changement de cap par la nécessité d’éviter une double taxation devenue contre-productive dans le contexte du marché unique.

« Comme nous sommes dans un marché unique, que nous travaillons avec nos partenaires européens, il ne se justifie plus de garder uniquement notre taxe petits colis » en plus du nouveau « droit de douane de trois euros » européen, a expliqué le cabinet du ministre du Commerce, Serge Papin.

Une taxe instaurée en mars pour freiner les importations chinoises

Mise en place le 1er mars, la taxe française visait les achats de moins de 150 euros réalisés sur des plateformes d’e-commerce basées hors de l’Union européenne, notamment Shein, Temu et AliExpress.

Son objectif était de ralentir l’afflux de petits colis en provenance de Chine tout en rééquilibrant les conditions de concurrence avec les distributeurs européens.

À l’origine, cette taxe nationale devait s’ajouter temporairement au futur droit de douane européen de trois euros, portant le prélèvement total à cinq euros par catégorie d’articles jusqu’à l’entrée en vigueur, en novembre, d’un dispositif entièrement harmonisé à l’échelle européenne.

Les plateformes asiatiques ont rapidement contourné le dispositif

Le mécanisme français s’est toutefois révélé beaucoup moins efficace qu’espéré. Les principales plateformes concernées ont adapté leur logistique en faisant transiter leurs marchandises par d’autres pays de l’Union européenne avant leur arrivée sur le marché français.

Les colis sont désormais expédiés par avion vers d’autres États membres, puis acheminés par la route jusqu’en France, permettant ainsi d’échapper à la taxe nationale.

Selon le directeur général des Douanes, Florian Colas, cette stratégie a provoqué un « déport de volume » de « l’ordre de 90 % depuis le 1er mars ».

Conséquence directe : le rendement fiscal est resté très inférieur aux prévisions budgétaires. La taxe n’a rapporté qu’environ 2,3 millions d’euros par mois, alors que le budget 2026 tablait sur près de 400 millions d’euros de recettes annuelles.

Éviter un désavantage pour la France

Face à cette situation, maintenir une taxation nationale supérieure à celle appliquée chez les voisins européens entre juillet et novembre aurait pénalisé la France sans empêcher les flux de marchandises.

Le cabinet de Serge Papin estime qu’il n’était plus pertinent de conserver un dispositif isolé. « On adore nos amis belges, mais il n’est pas normal (…) qu’il n’y ait qu’eux qui récupèrent la monnaie de leur pièce » alors que « les petits colis continuent malgré tout d’arriver en France », explique le ministère.

Le gouvernement souligne toutefois que son objectif politique a été atteint.« Notre objectif c’était (…) de pousser l’Europe à prendre des mesures » et « nous avons obtenu gain de cause », insiste le cabinet du ministre du Commerce.

Une initiative française qui a accéléré la réponse européenne

Le ministère des Comptes publics considère que l’initiative française a joué un rôle déterminant dans l’adoption d’un dispositif commun à l’échelle de l’Union européenne. « La France a vraiment été pionnière », a affirmé le cabinet du ministre des Comptes publics, David Amiel.

Avec la mise en place du droit de douane européen, l’exécutif espère désormais disposer d’un mécanisme plus efficace et plus difficile à contourner, tout en garantissant des règles identiques pour l’ensemble des États membres.

La Rédactionhttps://echosplus.com
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