- Après l’épisode de canicule de fin juin, le gouvernement accélère le contrôle des entreprises afin de vérifier le respect des règles de protection des salariés face aux fortes chaleurs.
- Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, annonce une réflexion de fond inspirée de l’Espagne, avec de nouvelles mesures attendues avant l’été 2027.
La protection des salariés face aux vagues de chaleur devient une priorité pour l’exécutif. Invité de France Inter ce vendredi 3 juillet, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a indiqué que plus de 3 600 contrôles avaient été réalisés en seulement un mois afin de vérifier que les entreprises respectent leurs obligations en matière de prévention des risques liés à la canicule.
Cette mobilisation intervient alors que la France vient de traverser un épisode de fortes chaleurs à la fin du mois de juin, marqué par une hausse de près de 30 % de la mortalité au cours de la semaine du 22 juin.
Le ministre revendique un effort inédit de l’inspection du travail. « On n’a jamais fait autant de contrôles », affirme-t-il, précisant qu’il s’agit de « plus que tout ce qu’on a fait l’année dernière en un mois pour s’assurer que les règles sont respectées ».
Une mission en Espagne pour s’inspirer des meilleures pratiques
Au-delà des contrôles, le gouvernement souhaite engager une réflexion plus large sur l’adaptation du monde du travail au changement climatique. Jean-Pierre Farandou se rendra en Espagne dès le mois de septembre avec les partenaires sociaux afin d’étudier les dispositifs mis en place dans un pays régulièrement confronté à des températures extrêmes.
« En septembre, on va aller en Espagne, ça va être un peu le top départ des discussions de fond », explique le ministre. L’objectif est d’observer les solutions adoptées par les entreprises espagnoles, un pays qui possède « une tradition de chaleur », afin d’identifier « ce qui marche » et « ce qui ne marche pas ».
Selon lui, ce déplacement doit permettre d’élaborer rapidement un cadre national. « Une partie cadrage national » pourrait être définie en l’espace d’un mois, avant un déploiement dans les différents secteurs d’activité d’ici la fin octobre.
Des accords de branche attendus avant l’été 2027
Le ministre souhaite ensuite décliner ces orientations dans les branches professionnelles. « Fin octobre, tout ça doit descendre dans les secteurs » et « il y aura des accords de branche », précise-t-il. Et précise son objectif : « On aura des mesures avant la prochaine vague de canicule 2027 qui pourrait démarrer peut-être en juin l’année prochaine. »
Cette feuille de route vise à mieux préparer les entreprises aux épisodes climatiques extrêmes, dont la fréquence et l’intensité augmentent sous l’effet du réchauffement climatique.
La CGT réclame un durcissement des sanctions
Les annonces du gouvernement ne convainquent toutefois pas totalement les organisations syndicales. Quelques minutes après l’intervention du ministre, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a plaidé sur franceinfo pour un renforcement du dispositif réglementaire. « Il faut que les entreprises qui n’ont pas de plan de prévention de canicule puissent être automatiquement sanctionnées », estime-t-elle.
Depuis 2025, un décret impose déjà aux employeurs d’adapter les horaires de travail, d’organiser des pauses régulières et de mettre en œuvre des mesures spécifiques lors des épisodes de fortes chaleurs. Pour la dirigeante syndicale, ces obligations restent insuffisantes. « La loi n’est pas adaptée. Elle n’est pas suffisante. Il faut la renforcer d’urgence », affirme Sophie Binet.
Vers un renforcement du cadre de prévention
Le gouvernement semble désormais privilégier une approche combinant contrôles renforcés, dialogue social et adaptation sectorielle. Les enseignements tirés de la mission en Espagne devraient servir de base à de nouvelles règles destinées à mieux protéger les travailleurs exposés aux fortes chaleurs, alors que les épisodes de canicule sont appelés à devenir plus fréquents dans les prochaines années.
