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Volkswagen envisage 50.000 suppressions de postes, dont la moitié en Allemagne

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  • Environ la moitié des 50.000 suppressions de postes supplémentaires envisagées par Volkswagen pourrait concerner l’Allemagne.
  • Confronté à une rentabilité insuffisante, au recul de ses ventes et à la concurrence chinoise, le constructeur privilégie les départs volontaires, sans parvenir à apaiser la colère des syndicats.

   La nouvelle restructuration de Volkswagen se précise. Lors d’une assemblée réunissant plus de 10.000 salariés, mardi 25 août, au siège historique de Wolfsbourg, le président du directoire, Oliver Blume, a détaillé les contours du plan d’économies envisagé par le premier constructeur automobile européen.

« À ce jour, environ la moitié du besoin d’adaptation concerne l’Allemagne, l’autre partie l’international — au total dans quelque 170 sociétés », a déclaré le dirigeant, selon des propos transmis à l’AFP. Si l’estimation actuelle se confirmait, près de 25.000 emplois seraient ainsi concernés dans les implantations allemandes du groupe.

Volkswagen précise cependant que les 50.000 postes évoqués ne constituent pas encore un objectif définitif. Ce chiffre correspond à une estimation des ajustements susceptibles d’être nécessaires pour rapprocher les coûts du groupe de ceux de ses concurrents. L’ampleur réelle du plan dépendra des économies obtenues par d’autres moyens.

Un second effort après les réductions déjà engagées

Cette nouvelle vague viendrait s’ajouter aux quelque 50.000 réductions de postes déjà convenues depuis la fin de 2024 chez Volkswagen, Audi, Porsche et la filiale de logiciels Cariad. Selon les informations publiées par le groupe Volkswagen, 35.000 de ces emplois concernent la seule société Volkswagen AG.

À la mi-juin, le constructeur indiquait que plus de 28.000 accords de départ avaient déjà été signés chez Volkswagen AG. Dans une mise au point consacrée à la restructuration, Oliver Blume a ensuite fait état d’environ 37.000 contrats conclus à l’échelle de Volkswagen, Audi, Porsche et Cariad.

La direction entend poursuivre cette réduction des effectifs de manière socialement accompagnée. Le directoire continuera « à miser autant que possible » sur les départs volontaires, notamment les retraites anticipées, les accords à l’amiable et une « politique d’embauche restrictive ».

« Nous définirons les mesures concrètes en concertation avec les représentants des salariés », a assuré Oliver Blume. Le dirigeant cherche ainsi à éviter les licenciements contraints, alors que les syndicats disposent d’un poids important dans la gouvernance du constructeur allemand.

Une rentabilité jugée trop faible

Le durcissement du plan d’économies intervient alors que les résultats financiers de Volkswagen restent sous pression. Selon les comptes semestriels publiés par le constructeur, le chiffre d’affaires s’est établi à 158,1 milliards d’euros au premier semestre 2026, quasiment stable par rapport aux 158,4 milliards enregistrés un an auparavant.

Le résultat opérationnel a, en revanche, reculé de 11,6 %, à 5,9 milliards d’euros. La marge opérationnelle est tombée à 3,8 %, contre 4,2 % au premier semestre 2025. Les ventes de véhicules ont également diminué de 8,4 %, à près de 4 millions d’unités.

Le directeur financier et directeur des opérations, Arno Antlitz, avait alors estimé que cette marge de 3,8 % restait « trop faible ». Volkswagen vise désormais une rentabilité opérationnelle comprise entre 8 % et 10 % à l’horizon 2030, un niveau que le groupe juge indispensable pour financer ses investissements dans les véhicules électriques, les logiciels et les nouvelles technologies.

La Chine et les droits de douane pèsent sur le groupe

La crise de Volkswagen s’explique en partie par le recul de ses activités en Chine, longtemps l’un de ses principaux moteurs de croissance. Les ventes du groupe sur ce marché ont chuté de 31,6 % au premier semestre 2026, dans un environnement marqué par l’essor rapide des constructeurs chinois de véhicules électriques.

Dans une communication consacrée aux résultats semestriels, Oliver Blume a également estimé que les droits de douane américains représentaient un coût annuel d’environ 5 milliards d’euros pour Volkswagen. Le groupe doit parallèlement supporter des exigences réglementaires élevées en Europe et financer sa transition technologique.

La direction met aussi en avant un désavantage structurel sur les coûts. Selon Volkswagen, les dépenses liées aux fonctions administratives et de soutien demeurent environ 30 % supérieures à celles d’entreprises comparables. Le constructeur veut donc simplifier ses structures, réduire le nombre de plateformes et accélérer ses processus de décision.

Quatre usines allemandes sans perspectives garanties

Les inquiétudes portent désormais sur l’avenir de plusieurs sites industriels. Les usines d’Emden, de Hanovre, de Zwickau et de Neckarsulm ne disposent pas encore de perspectives de production jugées suffisamment viables pour les années 2030.

L’objectif est de « dégager dans les six à douze prochains mois des perspectives solides », a expliqué Oliver Blume. Le dirigeant a néanmoins assuré qu’une fermeture resterait « toujours la solution de dernier recours et la plus coûteuse ».

Le groupe étudie différentes solutions pour mieux utiliser ses capacités industrielles, notamment l’attribution de nouveaux modèles, la réorganisation de certaines productions ou la recherche de partenariats. Aucune décision définitive n’a toutefois été annoncée pour les quatre usines concernées.

Cette incertitude alimente les craintes des salariés. Elle intervient alors que Volkswagen a déjà décidé de réduire ses capacités de production en Allemagne dans le cadre de l’accord social conclu avec IG Metall à la fin de 2024.

Une confiance dans la direction « abîmée »

Les explications apportées par Oliver Blume n’ont pas convaincu les représentants du personnel. Daniela Cavallo, présidente du comité d’entreprise central et du comité d’entreprise du groupe Volkswagen, a vivement dénoncé le manque de transparence du directoire.

« On ne peut pas travailler avec un patron qui ne dit pas à ses salariés ce qu’il en est réellement ! », a-t-elle déclaré dans un communiqué. Selon la responsable syndicale, la confiance envers la direction, et plus particulièrement envers Oliver Blume, est désormais « abîmée ».

Dans une publication diffusée après l’assemblée de Wolfsbourg, IG Metall reproche au dirigeant d’avoir laissé sans réponse les principales interrogations portant sur l’avenir des quatre usines allemandes. Le syndicat accuse également le constructeur de remettre en cause certains engagements pris dans le cadre des accords de 2024.

Les salariés contribuent à hauteur de 1,5 milliard d’euros

IG Metall rappelle que les salariés ont déjà accepté d’importants sacrifices pour soutenir le redressement du constructeur. Leur contribution aux économies sur les coûts de main-d’œuvre atteindrait environ 1,5 milliard d’euros, selon l’organisation syndicale.

« Réduire les coûts ne constitue pas, à lui seul, une stratégie d’avenir », a affirmé Thorsten Gröger, responsable d’IG Metall pour la Basse-Saxe et la Saxe-Anhalt. « Volkswagen ne peut pas continuer à se rétrécir jusqu’au jour où les chaînes de montage finiront par s’arrêter », a-t-il martelé.

Le syndicat exige des garanties sur les investissements promis, les futurs modèles, la modernisation des procédés de production et la charge de travail des usines allemandes. Il réclame également le respect intégral des accords conclus avec la direction en 2024.

« Si le directoire persiste à ne miser que sur les suppressions d’emplois et les coupes budgétaires, nous nous y opposerons de toutes nos forces », a averti Thorsten Gröger. Dans ce climat de défiance, la perspective de nouveaux mouvements sociaux, y compris de grèves, n’est désormais plus exclue.

La Rédactionhttps://echosplus.com
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