Le CSE central d'Altice France a assigne la direction en justice pour obtenir des documents sur la cession de SFR, valorisee 20,35 milliards d'euros. La consultation est prolongee jusqu'au 6 octobre, tandis que les syndicats appellent a la greve le 24 septembre.
| Valeur d'entreprise de l'operation | 20,35 milliards d'eurosselon les modalites officielles presentees par Orange |
|---|---|
| Complement de prix possible | 650 millions d'eurospouvant s'ajouter |
| Part de Bouygues Telecom | environ 42 %repartition previsionnelle du prix |
| Part de Free | 31 %repartition previsionnelle du prix |
| Part d'Orange | 27 %repartition previsionnelle du prix |
Le projet de rachat de SFR entre dans une nouvelle phase de tensions sociales. Le comité social et économique (CSE) central d’Altice France, maison mère de l’opérateur, a assigné la direction du groupe en justice afin d’obtenir des documents relatifs à l’opération, selon plusieurs sources internes citées par l’AFP.
« La justice est (…) saisie », a déclaré le secrétaire du CSE central dans un texte lu vendredi 11 septembre au cours d’une réunion avec la direction. Cette procédure vise à obtenir des « documents », des « informations » et des « réponses » sur les conditions dans lesquelles la cession de SFR doit être réalisée.
Dans un courriel adressé aux salariés, la direction d’Altice France a confirmé avoir été assignée. Elle affirme avoir transmis aux représentants du personnel « l’information la plus complète, c’est-à-dire celle disponible et dans le respect des principes élémentaires du droit de la concurrence ».
Une opération valorisée à 20,35 milliards d’euros
Le 6 juin, Altice France a signé avec Bouygues Telecom, Iliad — la maison mère de Free — et Orange un protocole d’accord portant sur l’acquisition de SFR et le partage de ses actifs.
Selon les modalités officielles présentées par Orange, l’opération repose sur une valeur d’entreprise totale de 20,35 milliards d’euros, sous réserve des ajustements prévus lors de sa clôture. Un complément de prix pouvant atteindre 650 millions d’euros pourrait notamment s’y ajouter.
Les détails du projet figurent également dans les communiqués publiés par Iliad-Free et Bouygues Telecom.
La répartition prévisionnelle du prix s’établit à environ 42 % pour Bouygues Telecom, 31 % pour Free et 27 % pour Orange. Ces proportions pourraient toutefois évoluer avant la réalisation définitive de la transaction, notamment en fonction des variations des bases de clients.
La consultation du CSE prolongée jusqu’au 6 octobre
Depuis la signature du protocole, Altice France a ouvert une procédure d’information-consultation auprès des instances représentatives du personnel. Le délai accordé au CSE pour rendre son avis, qui devait initialement prendre fin le 11 septembre, a été repoussé jusqu’au 6 octobre.
Cette consultation doit notamment permettre aux représentants des salariés d’évaluer les conséquences économiques et sociales de l’opération. Les élus poursuivent parallèlement leurs négociations avec Bouygues Telecom, Free et Orange afin d’obtenir des garanties sur le maintien des emplois et les conditions de transfert du personnel.
Le consortium affirme qu’un emploi sera garanti jusqu’au début de l’année 2029 à l’ensemble des salariés appartenant au périmètre repris, soit par le maintien de leur poste, soit par une proposition d’emploi.
Un appel commun à la grève le 24 septembre
Les engagements formulés jusqu’à présent ne suffisent pas à dissiper les inquiétudes. La CFDT, la CFTC et l’Unsa, les trois organisations syndicales représentatives chez SFR, ont annoncé un appel commun à la grève pour l’après-midi du 24 septembre.
Selon une dépêche de l’AFP consacrée au mouvement social, les syndicats jugent insuffisantes les propositions de reclassement présentées par les futurs acquéreurs.
« On se retrouve avec plusieurs milliers de salariés qui vont perdre leur emploi, et il n’y a pas de solution de reclassement suffisante ou satisfaisante qui leur sera proposée », a déclaré à l’AFP Olivier Lelong, délégué syndical central de la CFDT chez SFR.
Une finalisation espérée au second semestre 2027
La documentation juridique définitive doit être signée avant que l’opération puisse être soumise aux différentes autorités réglementaires. Le projet devra notamment obtenir l’autorisation de l’Autorité de la concurrence, dont l’examen sera déterminant au regard du passage potentiel du marché français de quatre à trois grands opérateurs de réseau.
Le consortium espère réaliser la transaction au cours du second semestre 2027, après l’obtention des autorisations requises. Les acquéreurs précisent néanmoins qu’à ce stade, aucune certitude ne peut être apportée quant à l’aboutissement définitif de l’opération.
Questions fréquentes
Qui rachete SFR ?
Altice France a signe le 6 juin un protocole avec Bouygues Telecom, Iliad (Free) et Orange pour l'acquisition de SFR et le partage de ses actifs.
Pourquoi le CSE d'Altice France saisit la justice ?
Le CSE central veut obtenir des documents, informations et reponses sur les conditions de la cession de SFR. La direction confirme avoir ete assignee.
Quand aura lieu la greve chez SFR ?
La CFDT, la CFTC et l'Unsa ont appele a une greve commune l'apres-midi du 24 septembre, jugeant insuffisantes les propositions de reclassement.
Quand la vente de SFR sera-t-elle finalisee ?
Le consortium espere realiser la transaction au second semestre 2027, apres l'autorisation de l'Autorite de la concurrence, sans certitude d'aboutissement.
