Face à une pointe de consommation ayant atteint 6 400 MW en juillet 2026, la STEG a présenté onze mesures lors d'un conseil ministériel restreint le 9 octobre 2026. Le plan associe renforcement des centrales, stockage par batteries, 300 MW de renouvelables avant l'été 2027 et réduction de la demande aux heures de pointe.
| Pointe nationale de consommation | 6 400 MWjuillet 2026, contre 5 175 MW en 2025 |
|---|---|
| Capacité supplémentaire via refroidissement des turbines | 250 mégawatts (MW)installations en service |
| Stockage par batteries | 300 MWcapacité énergétique de 600 mégawattheures (MWh) |
| Projets renouvelables avant l'été 2027 | 300 MWpremière échéance fixée par le gouvernement |
| Objectif énergies renouvelables | 35 %de la production d'électricité d'ici 2030 |
Produire davantage, mieux utiliser les centrales existantes et contenir les pics de consommation : le gouvernement tunisien entend agir sur plusieurs fronts pour consolider son système électrique. Réuni vendredi 9 octobre 2026 sous la présidence de la cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri, un conseil ministériel restreint a examiné onze mesures présentées par la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG).
Selon le communiqué de la Présidence du gouvernement, dont les principales dispositions sont rapportées par l’agence TAP, cette feuille de route doit garantir la continuité de l’alimentation électrique, tout en contribuant à réduire le déficit énergétique et les coûts de production. Elle associe investissements dans de nouvelles installations, remise à niveau des équipements et maîtrise de la demande.
Des centrales à renforcer pour répondre à la demande
Présenté par Salah Zouari, ministre de l’Équipement et de l’Habitat, également chargé de la gestion du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, le plan prévoit d’abord de tirer davantage de puissance des installations en service.
L’installation de systèmes de refroidissement de l’air à l’entrée des turbines doit permettre de dégager une capacité supplémentaire proche de 250 mégawatts (MW). À cette amélioration des performances s’ajoutent deux investissements : des moteurs fonctionnant au gaz, d’une puissance de 200 MW, et une troisième turbine à gaz de 300 MW à la centrale de Borj El Amri.
La STEG prévoit également de rétablir la pleine capacité des centrales de Kchabta et de Metline, évaluée à environ 190 MW. Cette opération porte sur la récupération de capacités existantes, et non sur la construction de nouvelles unités de cette puissance.
Le renforcement de Borj El Amri figurait déjà parmi les projets stratégiques évoqués lors d’une réunion gouvernementale du 10 août. Selon les chiffres alors communiqués par la Présidence du gouvernement, repris par Tunisie Numérique, la pointe nationale de consommation avait atteint 6 400 MW en juillet 2026, contre 5 175 MW en 2025.
Des batteries pour mobiliser l’électricité au bon moment
Le stockage constitue un autre volet majeur du programme. Le dispositif annoncé doit disposer d’une puissance de 300 MW, pour une capacité énergétique de 600 mégawattheures (MWh). Un projet présentant ces caractéristiques figure également dans les documents de consultation publiés par la STEG.
Concrètement, une réserve de 600 MWh permettrait théoriquement de restituer 300 MW pendant deux heures, hors pertes et contraintes techniques. L’intérêt est de disposer d’électricité préalablement stockée pour soutenir le réseau lorsque la consommation augmente fortement.
Ce dispositif complète les moyens de production : son apport dépend à la fois de la puissance mobilisable et de la durée pendant laquelle les batteries peuvent la fournir.
Un premier objectif renouvelable avant l’été 2027
Sur le solaire et l’éolien, le gouvernement fixe une première échéance : intégrer environ 300 MW de projets renouvelables avant l’été 2027. Une capacité supplémentaire proche de 40 MW est également annoncée dans le cadre de la cinquième session du régime des autorisations.
La feuille de route comprend par ailleurs une extension de 30 MW du parc éolien de Sidi Daoud et deux centrales photovoltaïques. Celle de Beni Mhira doit afficher une puissance de 50 MW, associée à un stockage de 20 MWh. À Tataouine, le projet porte sur 200 MW de production solaire et 100 MWh de stockage.
Le périmètre de ces annonces reste toutefois à préciser. Le communiqué ne permet pas de déterminer si tous les projets détaillés sont compris dans les 300 MW attendus avant l’été 2027. Leur addition ne peut donc pas être présentée comme un total garanti de nouvelles capacités.
Réduire de 300 MW la demande aux heures de pointe
L’effort doit également porter sur la consommation. La STEG vise une réduction d’environ 300 MW de la puissance appelée aux heures de pointe, afin d’alléger la pression sur le système électrique. Ce chiffre constitue un objectif à atteindre.
Le plan prévoit aussi d’améliorer le dispositif de délestage, utilisé pour gérer les situations de surcharge. En parallèle, Sarra Zaafrani Zenzri a demandé le développement du réseau, le déploiement de compteurs intelligents et une participation accrue des ménages et des entreprises aux programmes de maîtrise de la consommation.
Un cap de 35 % d’électricité renouvelable en 2030
À plus long terme, la Tunisie maintient son objectif de porter les énergies renouvelables à 35 % de la production d’électricité d’ici 2030. Cette cible concerne l’électricité effectivement produite, et non la seule puissance des installations.
Pour y parvenir, le gouvernement compte mobiliser l’autoproduction, les autorisations et les concessions. La cheffe du gouvernement a demandé d’accélérer les projets et d’en assurer le suivi sur le terrain.
Au-delà des 300 MW renouvelables attendus avant l’été 2027, le communiqué ne fournit cependant pas de calendrier détaillé pour chaque chantier. La contribution effective du programme à la sécurité d’approvisionnement dépendra donc de la mise en service des équipements, de leur raccordement et des résultats obtenus sur la maîtrise des pointes de consommation.
Questions fréquentes
Quel est le plan de la STEG pour l'électricité en Tunisie ?
Onze mesures associant renforcement des centrales existantes, nouveaux investissements gaz, stockage par batteries, intégration de projets renouvelables et réduction de la demande aux heures de pointe pour sécuriser l'approvisionnement.
Combien de renouvelables la Tunisie vise-t-elle en 2030 ?
La Tunisie maintient son objectif de porter les énergies renouvelables à 35 % de la production d'électricité d'ici 2030, via l'autoproduction, les autorisations et les concessions.
Quelle était la pointe de consommation électrique en Tunisie en 2026 ?
La pointe nationale de consommation avait atteint 6 400 MW en juillet 2026, contre 5 175 MW en 2025, selon la Présidence du gouvernement.
Quels projets solaires sont prévus en Tunisie ?
Deux centrales photovoltaïques : Beni Mhira (50 MW avec 20 MWh de stockage) et Tataouine (200 MW de production solaire et 100 MWh de stockage), plus une extension éolienne de 30 MW à Sidi Daoud.
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