Près de 7 millions d’adultes déclarent manquer de nourriture en France métropolitaine, selon un sondage OpinionWay pour Action contre la Faim. Les 18-24 ans sont particulièrement exposés, avec 25 % concernés. L’ONG réclame une loi-cadre sur le droit à l’alimentation.
| Adultes déclarant manquer de nourriture | près de 7 millions d’adultesFrance métropolitaine, sondage OpinionWay pour Action contre la Faim |
|---|---|
| Insuffisance alimentaire quantitative | 13 %Français déclarant manquer parfois ou souvent de nourriture |
| Jeunes 18-24 ans concernés (quantitatif) | 25 %près du double du taux de l'ensemble |
| Raisons financières invoquées | 80 %premier obstacle cité par les personnes concernées |
| Insuffisance alimentaire qualitative | 39 %47 % chez les 18-24 ans |
Se nourrir en quantité suffisante reste une difficulté pour une partie de la population française. Selon un sondage OpinionWay réalisé pour Action contre la Faim, près de 7 millions d’adultes en France métropolitaine déclarent manquer de nourriture. Publié à l’approche de la Journée mondiale de l’alimentation, vendredi 16 octobre, le rapport met en évidence des contraintes qui portent à la fois sur les quantités consommées et sur le choix des aliments.
Les premiers résultats de cette enquête, également rapportés par Le Parisien, soulignent l’exposition particulière des jeunes adultes à la précarité alimentaire.
Un jeune de 18 à 24 ans sur quatre concerné
Le sondage montre que « 13 % des Français déclarent manquer parfois ou souvent de nourriture, ce que l’on qualifie d’insuffisance alimentaire quantitative », indique Action contre la Faim dans les éléments relayés par France Inter. Chez les 18-24 ans, cette proportion atteint 25 %, soit près du double du taux observé dans l’ensemble de la population interrogée.
Le manque de moyens financiers constitue le premier obstacle cité : 80 % des personnes concernées invoquent « des raisons financières », selon l’association. Ces résultats décrivent des difficultés déclarées par les répondants, qui peuvent être occasionnelles ou fréquentes.
Une alimentation suffisante, mais des choix contraints
Au-delà des quantités, l’enquête met en lumière les renoncements alimentaires. Au total, 39 % des personnes sondées déclarent avoir « suffisamment à manger », mais expliquent qu’elles « doivent renoncer à certains aliments qu’elles souhaiteraient consommer ».
L’association qualifie cette situation d’« insuffisance alimentaire qualitative ». Avoir assez de nourriture ne signifie donc pas nécessairement pouvoir accéder aux produits souhaités ni composer librement ses repas.
Les jeunes apparaissent, là encore, plus exposés. « Là encore, les jeunes sont davantage touchés : cette proportion atteint 47 % chez les 18-24 ans », détaille le rapport de l’ONG. Près de la moitié des répondants de cette tranche d’âge disent ainsi devoir restreindre leurs choix alimentaires tout en disposant de quantités suffisantes.
Une loi-cadre pour organiser l’action publique
Face à ce constat, Action contre la Faim demande « l’adoption d’une loi-cadre sur le droit à l’alimentation pour fixer des obligations claires à l’État et aux collectivités, mieux coordonner les politiques publiques et garantir leur suivi dans la durée ».
L’association souhaite notamment agir sur la restauration scolaire. Elle propose de « rendre la cantine accessible à tous les enfants, avec des tarifs adaptés aux ressources des familles ». L’objectif est de faire de l’accès aux repas scolaires un levier de lutte contre la précarité alimentaire.
L’ONG appelle également à « faciliter l’accès aux produits frais et de qualité partout en France, notamment en soutenant les commerces de proximité et les marchés dans les territoires qui en manquent ». Ses propositions associent ainsi l’accessibilité financière des produits à leur disponibilité près des lieux de vie.
Associer accès à l’alimentation et rémunération agricole
Action contre la Faim entend aussi intégrer les producteurs à cette politique. Elle réclame de « garantir des prix justes et rémunérateurs aux agriculteurs et soutenir des modèles agricoles durables ».
La démarche vise à articuler deux enjeux : permettre aux ménages d’accéder à une alimentation de qualité et assurer une rémunération suffisante à ceux qui la produisent.
L’association porte enfin cette mobilisation à l’échelle européenne. Elle appelle à signer l’initiative citoyenne européenne pour la reconnaissance du droit à l’alimentation, avec un objectif d’un million de signatures dans l’Union européenne d’ici au 7 janvier 2027.
Selon l’ONG, cette mobilisation doit permettre « que la Commission européenne examine officiellement la demande d’un cadre législatif garantissant ce droit ».
Questions fréquentes
Combien de personnes manquent de nourriture en France ?
Près de 7 millions d’adultes en France métropolitaine déclarent manquer de nourriture, selon un sondage OpinionWay réalisé pour Action contre la Faim.
Les jeunes sont-ils plus touchés par la précarité alimentaire ?
Oui. Chez les 18-24 ans, 25 % déclarent manquer de nourriture et 47 % doivent renoncer à certains aliments tout en ayant des quantités suffisantes.
Quelle est la principale cause de la précarité alimentaire ?
Le manque de moyens financiers : 80 % des personnes concernées invoquent des raisons financières, selon Action contre la Faim.
Que demande Action contre la Faim ?
L’association réclame une loi-cadre sur le droit à l’alimentation, des cantines accessibles à tous, un meilleur accès aux produits frais et des prix justes pour les agriculteurs.
