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Gazole : Macron annonce la libération de jusqu’à 100 millions de barils par le G7

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Réunis en visioconférence vendredi sous la présidence d'Emmanuel Macron, les dirigeants du G7 ont décidé de mobiliser jusqu'à 100 millions de barils de pétrole et produits raffinés, dont du gazole, sur quatre mois. L'opération, coordonnée par l'AIE, vise à desserrer la pression sur les prix des carburants.

Faits clés
Volume mobilise par le G7 jusqu'à 100 millions de barilspétrole brut et produits raffinés, dont gazole, sur quatre mois
Prix moyen du gazole dans l'UE 2,24 euros le litreprix moyen hebdomadaire, données Commission européenne
Prix du diesel aux États-Unis 6,53 dollars le gallonrecord fin septembre, environ 3,78 litres, association automobile américaine
Inflation zone euro 3,8 %sur un an en septembre
Réserves stratégiques AIE mobilisées en mars 400 millions de barilsannonce des membres de l'AIE

   Le bras de fer transatlantique sur le gazole débouche sur une réponse coordonnée. Réunis vendredi 2 octobre en visioconférence sous la présidence d’Emmanuel Macron, les dirigeants du G7 ont convenu de mobiliser leurs réserves stratégiques pour desserrer la pression sur les prix des carburants.

L’opération portera sur jusqu’à 100 millions de barils de pétrole brut et de produits raffinés, notamment de gazole, dans les quatre prochains mois, sous la coordination de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). L’annonce du président français, rapportée par Reuters, s’accompagne d’un engagement à accroître la production des raffineries.

Une première mobilisation de gazole sous vingt jours

Le calendrier vise à apporter rapidement des volumes au marché. Selon le communiqué officiel du G7 publié par l’Élysée, l’opération doit commencer immédiatement, avec une mise à disposition importante de gazole au cours des vingt premiers jours.

Les dirigeants prévoient également de se retrouver dans le cadre de l’AIE pour examiner, si nécessaire, de nouvelles libérations de stocks de diesel. L’agence devra suivre la mise en œuvre des engagements et remettre un rapport avant vingt jours.

Les volumes annoncés ne seront donc pas intégralement disponibles dès les prochains jours. Leur mobilisation s’étalera sur quatre mois, avec une priorité donnée au gazole, au cœur des tensions actuelles sur les approvisionnements.

Le G7 s’engage à préserver les exportations énergétiques

L’accord comporte un autre volet décisif pour les Européens : les membres du G7 réaffirment leur engagement à ne pas restreindre les exportations d’énergie et de produits énergétiques entre eux. Ils appellent aussi les autres producteurs à éviter les interdictions susceptibles d’aggraver les tensions sur le marché.

Cette position répond directement aux pressions exercées par Washington. L’administration américaine avait demandé aux Européens de puiser davantage dans leurs réserves de gazole, en brandissant la possibilité d’une interdiction des exportations américaines.

Bruxelles avait opposé une fin de non-recevoir à ces menaces. Une telle interdiction « porterait atteinte à notre confiance dans les États-Unis en tant que partenaire fiable », avait averti Anna-Kaisa Itkonen, porte-parole de la Commission européenne, citée par Reuters.

Pour l’Union européenne, l’enjeu est majeur : les États-Unis fournissent environ la moitié du gazole importé par les Vingt-Sept. Une interruption de ces livraisons aurait accentué les difficultés d’approvisionnement dans un marché déjà fragilisé.

Accroître aussi la production des raffineries

La réponse du G7 ne repose pas uniquement sur les réserves. Les pays membres souhaitent coordonner les calendriers de maintenance de leurs raffineries afin d’éviter des arrêts simultanés et augmenter temporairement leur utilisation lorsque cela est possible. Ils encouragent également les pays disposant d’importantes capacités de raffinage à produire davantage, particulièrement du diesel.

Ces mesures visent à agir sur l’offre de carburants disponibles. Les perturbations des infrastructures énergétiques russes et les entraves à la navigation dans le détroit d’Ormuz pèsent en effet sur les flux mondiaux, malgré la forte activité des raffineries situées dans les autres régions.

L’initiative prolonge les échanges engagés par Emmanuel Macron avec Donald Trump et le Premier ministre canadien, Mark Carney. Avant la réunion, le président français avait souligné que les pays du G7 avaient intérêt à agir ensemble, sans restreindre leurs exportations.

Washington réclamait une accélération des engagements

Depuis plusieurs jours, l’administration américaine reprochait aux Européens de ne pas mobiliser assez rapidement leurs réserves.

« Nos partenaires européens devraient accélérer la mise en œuvre de leurs engagements existants et mettre immédiatement à disposition des volumes supplémentaires afin de remédier aux perturbations actuelles », avait écrit jeudi sur X Scott Bessent, le secrétaire américain au Trésor.

Son homologue chargé de l’Énergie, Chris Wright, avait également insisté sur Fox News : « L’Europe peut elle aussi contribuer à améliorer la situation. » Et d’ajouter : « Il est temps de procéder à une mise sur le marché coordonnée des stocks de diesel », à l’approche de l’hiver.

En mars, les membres de l’AIE avaient annoncé la mobilisation de 400 millions de barils de réserves stratégiques. Le communiqué de vendredi inscrit l’opération dans la mise en œuvre de ces engagements, en tenant compte des volumes déjà libérés : les 100 millions de barils ne doivent donc pas être présentés comme s’ajoutant automatiquement et intégralement à l’enveloppe du printemps. .

Des prix records de part et d’autre de l’Atlantique

L’urgence est alimentée par la flambée des prix à la pompe. Dans l’Union européenne, le prix moyen hebdomadaire du gazole a atteint 2,24 euros le litre, selon une compilation des données nationales publiées jeudi par la Commission européenne.

Aux États-Unis, le diesel a également inscrit un record à la fin de septembre, à 6,53 dollars le gallon, soit environ 3,78 litres, d’après l’association automobile américaine.

« Les agriculteurs, les transporteurs routiers et les entreprises américains ne devraient pas avoir à supporter seuls le poids d’une pénurie mondiale de diesel », avait déclaré Scott Bessent jeudi.

En Europe, le renchérissement de l’énergie contribue à la remontée de l’inflation, qui a atteint 3,8 % sur un an dans la zone euro en septembre. La mobilisation des stocks vise à atténuer cette pression, mais son effet durable dépendra aussi du rétablissement des approvisionnements et de l’évolution du conflit au Moyen-Orient.

Questions fréquentes

Combien de barils le G7 va-t-il libérer ?

Le G7 prévoit de mobiliser jusqu'à 100 millions de barils de pétrole brut et de produits raffinés, notamment de gazole, dans les quatre prochains mois, sous la coordination de l'AIE.

Pourquoi le prix du gazole augmente-t-il ?

Les perturbations des infrastructures énergétiques russes et les entraves à la navigation dans le détroit d'Ormuz pèsent sur les flux mondiaux, provoquant des prix records de part et d'autre de l'Atlantique.

Quel est le prix du gazole en Europe ?

Dans l'Union européenne, le prix moyen hebdomadaire du gazole a atteint 2,24 euros le litre, selon une compilation des données nationales publiée par la Commission européenne.

Que demandaient les États-Unis à l'Europe ?

Washington réclamait aux Européens d'accélérer la mobilisation de leurs réserves de gazole et de mettre à disposition des volumes supplémentaires, en brandissant la possibilité d'une interdiction des exportations américaines.

Notre dossierOPEP+ et marché pétrolier
La Rédactionhttps://echosplus.com
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