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mardi, mai 26, 2026
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Crise des carburants : Roland Lescure exclut une baisse de la fiscalité et assume le cas par cas

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  • Face à la flambée des prix des carburants, le gouvernement déploie un plan d’urgence de 70 millions d’euros pour soutenir les secteurs les plus exposés.
  • Dans un entretien à La Tribune Dimanche, le ministre de l’Économie Roland Lescure défend une stratégie ciblée, tout en excluant une baisse de la fiscalité.
  • Des annonces qui peinent toutefois à convaincre les professionnels.

   Le gouvernement tente de contenir les effets de la hausse rapide des prix des carburants. En l’espace d’un mois, les tarifs ont bondi d’environ 16 % pour le SP95-E10 et 30 % pour le gazole, mettant sous pression de nombreux secteurs économiques.

Dans ce contexte, le ministre de l’Économie et des Finances, Roland Lescure, a annoncé un plan de soutien de 70 millions d’euros, destiné en priorité aux transports routiers, à la pêche et à l’agriculture. “Nous faisons face à un choc extérieur qui aura un coût pour la France”, a-t-il déclaré dans un entretien accordé à La Tribune Dimanche.

La question qui se pose, c’est : comment partager ce coût ? Nous souhaitons que ce soit de la manière la plus juste possible”, a-t-il déclaré.

Ce dispositif d’urgence prévoit une aide directe calculée sur la consommation de carburant. Les transporteurs et les pêcheurs bénéficieront d’un soutien équivalent à 20 centimes par litre, tandis que les agriculteurs recevront 4 centimes par litre. L’objectif, selon le ministre, est d’ “amortir le choc pour les filières les plus exposées”.

D’où la décision de soutenir les plus fragiles, ceux dont la trésorerie est la plus exposée, ceux qui sont aujourd’hui en danger”, a insisté Roland Lescure.

Pour le secteur agricole, ces aides viennent en complément d’autres mesures déjà en place, notamment “le report de cotisations et d’étalement de charges”.

Une stratégie assumée du « cas par cas »

Face à la crise, l’exécutif revendique une approche ciblée, loin des mesures généralisées. Roland Lescure assume cette ligne : intervenir là où l’urgence est la plus forte, sans alourdir excessivement la dépense publique.

Soixante-dix millions d’euros d’aides, ce ne sont pas des miettes, une aide équivalente à 20 centimes d’euro par litre de gazole non plus”, a-t-il affirmé.

Le ministre insiste également sur la nécessité de rester flexible : “Elles ne sont prévues que pour le mois d’avril, à ce stade. Nous les adapterons en fonction de l’évolution de la crise, qui demeure imprévisible dans la durée et l’intensité. Nous avons besoin d’agilité pour agir à bon escient.”

Des critiques sur des aides jugées insuffisantes

Malgré ces annonces, plusieurs organisations professionnelles expriment leur mécontentement. La Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) appelle à un “élargissement” des mesures.

Elle propose notamment la mise en place de “prêts à taux bonifiés”, un recours plus large à “l’activité partielle” et un étalement renforcé des charges.

Dans le secteur du transport, la contestation est également forte. La fédération des transporteurs routiers estime que “l’acceptabilité est conditionnée à un versement immédiat des aides” et juge le dispositif “pas à la hauteur” face à la hausse des prix du carburant.

Le gouvernement exclut une baisse de la TVA

Alors que certains pays européens comme l’Espagne, le Portugal ou l’Italie ont choisi de réduire la fiscalité sur les carburants, la France ne souhaite pas suivre cette voie.

Face à un choc d’offre, il est inefficace de subventionner la demande”, tranche Roland Lescure. Le ministre met également en garde contre les effets d’un blocage des prix : “Je suis très réticent vis-à-vis des mesures de blocage des prix. Ils engendrent soit des hausses de prix, soit de la pénurie.”

Il souligne enfin le coût budgétaire d’une baisse des taxes : “Une baisse de la fiscalité de 10 centimes d’euro par litre – essence, fioul et gazole – coûterait près de 6 milliards d’euros à l’État et donc potentiellement à tous les Français.”

De nouvelles mesures pour soutenir le pouvoir d’achat

En parallèle, le gouvernement prépare d’autres dispositifs pour soutenir les ménages. Parmi eux, le chèque énergie, destiné à 3,7 millions de foyers, d’un montant moyen de 150 euros, sera versé “à compter du 1er avril”.

Roland Lescure a également annoncé “une hausse de la prime d’activité actée dans le budget 2026”, afin d’atténuer l’impact de la hausse des prix du carburant pour les travailleurs aux revenus modestes.

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