- Le franchissement des 116 dollars par le Brent ravive les inquiétudes sur la conjoncture mondiale.
- Entre tensions géopolitiques au Moyen-Orient et risques sur les routes maritimes, les investisseurs adoptent une posture prudente sur les marchés asiatiques et européens.
La semaine s’ouvre sur un regain d’aversion au risque sur les marchés financiers. En Asie, les principales places boursières ont enregistré des replis marqués, pénalisées par la hausse rapide des prix de l’énergie.
Le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, a progressé de plus de 3 % lundi, dépassant les 116 dollars. Il se rapproche ainsi de ses plus hauts niveaux depuis le début du conflit au Moyen-Orient il y a un mois.
Cette hausse intervient dans un contexte de tensions persistantes autour du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour près d’un tiers du commerce mondial de pétrole transporté par voie maritime.
Dimanche, le président américain Donald Trump a indiqué que des discussions avec l’Iran avaient permis d’assurer le passage imminent de plusieurs cargaisons. « Ils nous ont donné, par respect je pense, 20 bateaux de pétrole de grands, grands bateaux de pétrole qui vont passer par le détroit d’Ormuz, et ça commence demain matin (lundi), pour les prochains jours », a-t-il déclaré.
Les marchés européens résistent mais restent prudents
En Europe, les marchés actions évoluent en repli modéré. L’indice Stoxx Europe 600 cède 0,2 %, après les baisses plus marquées observées en Asie.
Les investisseurs restent attentistes face à un environnement géopolitique incertain, marqué par un risque d’escalade militaire susceptible d’affecter durablement les approvisionnements énergétiques et les perspectives de croissance.
Les analystes de Société Générale soulignent l’absence de perspective d’apaisement à court terme : « L’intensification de la confrontation entre les États-Unis, Israël et l’Iran élimine toute chance réaliste de désescalade à court terme », indiquent-ils, anticipant un prix moyen du pétrole de 125 dollars le baril en avril.
Même constat du côté de Deutsche Bank : « Il n’y a toujours aucun signe clair de fin du conflit… les investisseurs restent préoccupés par une nouvelle escalade ».
Le risque maritime au cœur des préoccupations
Les tensions se sont accrues au cours du week-end après que les rebelles houthis du Yémen ont affirmé avoir lancé « une salve de missiles de croisière et de drones » contre des sites stratégiques en Israël.
Ces développements renforcent les craintes d’un élargissement du conflit à la mer Rouge, un axe essentiel pour le commerce mondial. L’Arabie saoudite a déjà redirigé une partie de ses exportations de pétrole vers cette zone afin de contourner le détroit d’Ormuz.
Pour Chris Weston, analyste chez Pepperstone, le principal point de vigilance se situe désormais au niveau du détroit de Bab el-Mandeb. « La capacité des Houthis à perturber le trafic maritime dans le détroit de Bab el-Mandeb, qui représente environ 12 % du commerce mondial, constitue le nouveau risque majeur », souligne-t-il.
Il ajoute : « Toute perturbation significative, associée à une forte hausse des coûts d’assurance, pourrait entraîner une nouvelle flambée du prix du brut et exercer une pression supplémentaire sur les actifs à risque ».
Un G7 élargi réuni à Paris
Dans ce contexte, la France organise lundi une réunion du G7 dans un format élargi, réunissant ministres des Finances, de l’Énergie et responsables des banques centrales.
Cette rencontre vise à évaluer les conséquences économiques du conflit, alors que la hausse des prix de l’énergie et la volatilité des marchés font peser un risque sur la croissance mondiale et ravivent les tensions inflationnistes.
