- La CGT alerte sur une hausse du nombre de branches professionnelles dont les minima sont inférieurs au Smic.
- Si les salariés ne sont pas directement payés en dessous du minimum légal, le syndicat dénonce un “tassement” des salaires et l’absence de sanctions promises par le gouvernement.
La Confédération générale du travail (CGT) tire la sonnette d’alarme. Dans un communiqué transmis mercredi, la deuxième centrale syndicale affirme que “76 branches sur 230” dans le secteur privé appliquent désormais “au moins un niveau de rémunération inférieur au Smic”. Un chiffre en hausse, qui traduit selon elle une dégradation de la situation salariale en France.
Si la loi impose aux employeurs de garantir un salaire au moins égal au Smic, ces minima conventionnels inférieurs posent néanmoins un problème structurel. Lorsque plusieurs niveaux d’ancienneté sont rattrapés par le salaire minimum, cela entraîne un “tassement” des grilles salariales, réduisant les écarts entre les niveaux de qualification.
Dans le secteur public, la CGT estime que “356.000 personnes” sont concernées par ces minima inférieurs au Smic.
Des promesses politiques restées lettre morte
En France, le Smic est le seul salaire automatiquement indexé sur l’inflation, ce qui accentue mécaniquement les écarts avec les minima conventionnels des branches professionnelles. Face à cette situation, l’ancienne Première ministre Élisabeth Borne avait annoncé en octobre 2023 des mesures pour “que le travail paye mieux”, menaçant de sanctionner les branches non conformes et promettant un “texte de loi”.
À l’époque, 56 branches étaient concernées, un chiffre ramené à une trentaine début 2024. Mais la CGT dénonce aujourd’hui un recul et fustige l’inaction des pouvoirs publics : “Trois ans après, cet engagement n’a pas été tenu”.
Des sanctions toujours attendues
Le syndicat pointe également le manque d’application des mesures votées. Il rappelle que “le Parlement a pourtant voté en novembre 2025 un amendement” dans le budget de la Sécurité sociale, via l’article 20, “prévoyant de premières sanctions”.
Mais dans les faits, rien n’a changé, selon la CGT : “le décret n’a toujours pas été pris”, déplore-t-elle. Résultat, “la liste des branches avec des minima sous le Smic continue à s’allonger à chaque hausse du Smic”.
Parmi les secteurs les plus concernés figurent notamment le commerce, les sociétés d’étude et la santé-action sociale.
Inflation et revendications salariales
Dans un contexte marqué par une inflation persistante, la CGT appelle à des mesures fortes. Elle réclame une “augmentation générale de tous les salaires”, à travers des négociations dans les entreprises, mais aussi “la fin du gel du point d’indice des fonctionnaires”.
Le syndicat revendique également une revalorisation significative du salaire minimum, demandant un Smic porté “à 2.000 euros brut”, ainsi que des “sanctions [contre] les branches dont les minima sont inférieurs”.
Selon les données du ministère du Travail, 2,2 millions de salariés du secteur privé, soit 12,4 % des effectifs, étaient rémunérés au Smic au 1er novembre.
Le salaire minimum a été revalorisé automatiquement au 1er janvier pour atteindre 1.823,03 euros brut mensuels, sans coup de pouce supplémentaire. Cette hausse régulière, liée à l’inflation, accentue la pression sur les branches professionnelles. Faute de revalorisations suffisantes, les grilles salariales se resserrent, alimentant un sentiment de stagnation des rémunérations.
Un enjeu central du débat social
En relançant le débat sur les minima conventionnels, la CGT remet la question salariale au cœur de l’actualité sociale. Entre inflation, lenteur des négociations de branche et absence de mesures contraignantes, le sujet pourrait rapidement redevenir explosif.
Sans intervention rapide des pouvoirs publics, le phénomène de tassement des salaires risque de s’amplifier, avec des conséquences directes sur le pouvoir d’achat et l’attractivité de nombreux métiers.
