- À Séoul, Emmanuel Macron et Lee Jae-myung ont officialisé un partenariat stratégique global destiné à intensifier les échanges entre la France et la Corée du Sud.
- Investissements, commerce, nucléaire, défense et industries culturelles figurent parmi les priorités de ce rapprochement bilatéral.
La France et la Corée du Sud franchissent une nouvelle étape dans leur relation bilatérale. Ce vendredi 3 mars, à Séoul, Emmanuel Macron a officialisé aux côtés de son homologue Lee Jae-myung l’adoption d’un « partenariat stratégique global », destiné à approfondir la coopération entre les deux pays dans des secteurs clés.
Cette annonce intervient dans un contexte symbolique, celui des 140 ans de relations diplomatiques entre Paris et Séoul. Les deux dirigeants ont également affiché leur volonté de coordonner leurs efforts sur les grands dossiers internationaux, notamment en soutenant la réouverture du détroit d’Ormuz.
Objectif : 20 milliards de dollars d’échanges d’ici 2030
Sur le plan économique, les ambitions sont clairement affichées. Le président sud-coréen Lee Jae-myung a fixé un cap : porter les échanges commerciaux bilatéraux à 20 milliards de dollars d’ici 2030, contre 15,5 milliards l’an dernier.
« L’année dernière, les échanges bilatéraux ont atteint un niveau record de 15 milliards de dollars, mais nous ne pouvons pas nous en contenter. Nous unirons nos forces pour atteindre un volume d’échanges de 20 milliards de dollars d’ici 2030″, a-t-il déclaré, selon l’agence Yonhap.
De son côté, Emmanuel Macron a insisté sur la nécessité d’intensifier les investissements sud-coréens en France. En 2024, la Corée du Sud ne représentait que le 31e investisseur étranger dans l’Hexagone, avec un stock d’environ 1,1 milliard d’euros. À l’inverse, la France se positionne comme le 29e investisseur en Corée du Sud, avec 5,2 milliards d’euros.
Le chef de l’État doit d’ailleurs rencontrer les dirigeants de géants industriels sud-coréens tels que Samsung, Naver et Hyundai Motor, dans le but de renforcer ces flux d’investissements.

Une relation commerciale encore déséquilibrée
Malgré cette volonté d’accélération, la balance commerciale reste défavorable à la France. Depuis 2021, l’Hexagone importe davantage qu’il n’exporte vers la Corée du Sud. En 2024, le déficit atteignait 1,4 milliard d’euros. La France exporte principalement des avions, des produits chimiques et des produits de luxe, tandis qu’elle importe notamment des navires.
Pour rééquilibrer ces échanges, Emmanuel Macron a évoqué la relance de certaines filières, notamment dans les secteurs de la volaille, du bœuf, ainsi que la poursuite du développement des vins et spiritueux français sur le marché sud-coréen.
Coopération énergétique et vision commune des crises internationales
Au-delà de l’économie, Paris et Séoul entendent renforcer leur coopération dans le domaine énergétique, en particulier dans le nucléaire, dans un contexte marqué par les tensions au Moyen-Orient.
Les deux chefs d’État ont également affiché une convergence de vues sur les grands enjeux géopolitiques mondiaux. « Qu’il s’agisse du conflit au Moyen-Orient, de la guerre en Ukraine ou de la paix et de la stabilité dans la péninsule coréenne, c’est la même vision que nous défendons, celle du respect du droit international, d’une paix durable et des garanties qui vont avec », a souligné Emmanuel Macron
Dans cette logique, le président français a réaffirmé son concept de « coalition des indépendants », réunissant des pays souhaitant préserver leur autonomie stratégique face aux grandes puissances.
Il a ainsi évoqué des nations « qui veulent l’indépendance et qui refusent toute forme d’hégémonie », qu’elle soit américaine ou chinoise, dénonçant également le risque d’un monde soumis à « la brutalisation ou à l’imprévisibilité ».
Vers un renforcement de la coopération militaire
La défense constitue un autre pilier central de ce partenariat stratégique global. Emmanuel Macron a appelé à approfondir la coopération entre les armées française et sud-coréenne. Le chef de l’État a plaidé pour « des échanges stratégiques réguliers, l’échange d’informations, l’interopérabilité de nos armées », mais aussi pour une « plus grande intimité stratégique ».
Cela passerait notamment par des exercices militaires conjoints et une coopération accrue dans la production d’équipements et de capacités militaires critiques.
Culture : un sommet du cinéma en préparation
Enfin, la dimension culturelle n’est pas en reste. La France et la Corée du Sud, deux acteurs majeurs des industries culturelles, souhaitent intensifier leur collaboration dans ce domaine. Emmanuel Macron a ainsi annoncé la tenue en France, dès septembre, d’un « sommet sur le cinéma et l’image animée », coprésidé avec la Corée du Sud, à l’occasion d’une future visite d’État de Lee Jae-myung.
La visite présidentielle à Séoul comprend également un volet économique et académique, avec un forum d’affaires, un discours à l’université Yonsei et des rencontres avec près de 140 responsables politiques, économiques et culturels.
