- Après l’échec des discussions entre Washington et Téhéran à Islamabad, les tensions montent d’un cran.
- Donald Trump a annoncé un blocus naval du détroit d’Ormuz, menaçant directement la sécurité maritime mondiale et accentuant le risque d’escalade militaire au Moyen-Orient.
Washington durcit le ton après l’échec diplomatique. Le dialogue entre les États-Unis et l’Iran s’est brutalement rompu ce dimanche 12 avril à Islamabad, au Pakistan. Quelques heures après l’annonce de cet échec, le président américain Donald Trump a officialisé une décision majeure : la mise en place d’un blocus naval dans le détroit d’Ormuz.
« Avec effet immédiat, la Marine américaine, la meilleure au monde, entame le blocus de tous les navires tentant d’entrer ou de sortir du détroit d’Ormuz», a déclaré le président américain sur sa plateforme Truth Social
Une décision justifiée, selon lui, par des pratiques jugées illégales dans cette zone stratégique : « Nul ne pourra naviguer en toute sécurité en haute mer s’il paie un péage illégal. »
Le détroit d’Ormuz, passage clé pour une grande partie du pétrole mondial, est désormais au cœur d’une confrontation directe. Selon Washington, le trafic maritime y est fortement perturbé, les navires traversent au compte-gouttes malgré le cessez-le-feu en vigueur.
Le président américain accuse implicitement Téhéran de monnayer le passage : « Le blocus débutera prochainement. D’autres pays y participeront. L’Iran ne pourra pas tirer profit de cet acte d’extorsion illégal. »
Menaces militaires et opérations de déminage
La rhétorique américaine s’est également durcie sur le plan militaire. Donald Trump a annoncé des opérations imminentes contre les mines maritimes : « Nous allons également commencer à détruire les mines posées par les Iraniens dans le détroit. Tout Iranien qui nous tire dessus, ou sur des navires pacifiques, sera réduit en miettes ! ». Ces propos laissent craindre une confrontation armée dans une région déjà marquée par des tensions persistantes.
Du côté iranien, le ton est tout aussi ferme. Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a imputé l’échec des négociations à la partie américaine : « Mes collègues (…) ont présenté des initiatives constructives, mais en fin de compte l’autre partie a été incapable de gagner la confiance de la délégation iranienne lors de cette session de négociations. » Cette déclaration souligne une fracture persistante, notamment autour du programme nucléaire iranien.
Présent à Islamabad, le vice-président J. D. Vance a confirmé l’impasse diplomatique tout en maintenant une ligne dure : « Je pense que c’est une mauvaise nouvelle pour l’Iran bien plus que ce ne l’est pour les États-Unis d’Amérique. »
Il a regretté l’absence d’engagement clair de Téhéran : « promesse ferme » d’abandon de son programme d’armement nucléaire. Néanmoins, Washington affirme avoir formulé une ultime proposition : « Nous repartons d’ici avec une proposition très simple, une approche qui constitue notre offre finale et la meilleure que nous puissions faire. Nous verrons si les Iraniens l’acceptent.»
Fin des discussions et retrait américain total
La rupture est désormais actée. L’ensemble de la délégation américaine a quitté Islamabad, sans laisser de représentants sur place pour poursuivre d’éventuelles discussions informelles. L’annonce a été faite lors d’une escale sur la base aérienne de Ramstein, en Allemagne, par un responsable américain. À bord de l’avion Air Force 2 se trouvaient notamment J. D. Vance, accompagnés de Steve Witkoff et Jared Kushner.
Le blocus du détroit d’Ormuz pourrait provoquer un choc majeur sur les marchés énergétiques et perturber durablement le commerce international. Alors que les tensions entre Washington et Téhéran atteignent un nouveau sommet, la communauté internationale redoute désormais une escalade incontrôlable dans cette région stratégique.
