- Annoncé après l’échec des discussions américano-iraniennes, le blocus décidé par Donald Trump est désormais appliqué.
- Tous les navires quittant la zone sans autorisation après l’heure limite s’exposent à une interception, dans une région stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures.
Le ton monte brutalement entre les États-Unis et l’Iran. À la suite de l’échec des négociations américano-iraniennes au Pakistan, le président américain Donald Trump a décidé de frapper fort en ordonnant un blocus maritime du détroit d’Ormuz.
Objectif est d’empêcher tout navire d’entrer ou de sortir des ports iraniens afin de priver Téhéran de ses revenus pétroliers, essentiels à son économie.
Dans un avis officiel aux navigateurs, Washington précise que ce blocus couvrira « l’ensemble du littoral iranien », incluant ports commerciaux et terminaux pétroliers, et qu’il s’appliquera à tous les navires « quel que soit leur pavillon ».
Le Commandement central américain (Centcom) indique également que les navires neutres présents dans les ports iraniens disposent d’un délai limité pour quitter la zone. Passé ce délai, fixé à 10 heures (heure de l’Est), tout bâtiment sera exposé à des mesures coercitives.
« Tout navire quittant la zone sous blocus après cette échéance sans autorisation est susceptible d’être intercepté, détourné et saisi », précise le document consulté par le Financial Times.
Les États-Unis assurent néanmoins que les navires neutres pourront continuer à emprunter le détroit d’Ormuz vers des ports non iraniens, sous réserve d’éventuels contrôles visant à détecter « la présence de cargaisons de contrebande ». Les expéditions humanitaires resteront autorisées.
Donald Trump a durci encore davantage sa position en menaçant directement les forces iraniennes. Sur sa plateforme Truth Social, il a averti que toute tentative d’approche par des vedettes rapides iraniennes serait immédiatement neutralisée.
« Avertissement : si l’un de ces navires s’approche de notre BLOCUS, il sera immédiatement ÉLIMINÉ, en utilisant le même système de destruction que nous utilisons contre les trafiquants de drogue en mer », a-t-il écrit.
Le président américain s’appuie sur une stratégie déjà utilisée par les États-Unis dans la lutte contre le narcotrafic maritime, qui a conduit ces derniers mois à la destruction de dizaines d’embarcations dans les Caraïbes et le Pacifique.
Toutefois, Donald Trump a reconnu que ces unités rapides iraniennes n’avaient jusqu’ici pas été ciblées. « Ce que nous n’avons pas frappé, ce sont leur petit nombre de ce qu’ils appellent des “navires d’attaque rapide”, car nous ne les considérions pas comme une menace importante », a-t-il déclaré.
Une analyse contestée par plusieurs experts militaires, qui jugent ces embarcations capables de mener des attaques asymétriques efficaces contre des navires de guerre.
L’OMI dénonce une violation du droit international
Cette décision américaine suscite de vives critiques sur la scène internationale. L’Organisation maritime internationale (OMI) s’inquiète notamment des conséquences juridiques et sécuritaires d’un tel blocus. Son secrétaire général, Arsenio Dominguez, a rappelé fermement les règles du droit maritime.
« Aucun pays n’a le droit de bloquer un détroit international utilisé pour la navigation internationale », a-t-il déclaré devant la presse.
Il insiste également sur le principe fondamental de libre circulation en mer : « Conformément au droit international, aucun pays n’a le droit d’interdire le droit de passage inoffensif ou la liberté de navigation dans les détroits internationaux utilisés pour le transit international ».
Appelant à la retenue, Arsenio Dominguez met en garde contre une escalade inutile : « Le transport maritime continue d’être utilisé comme un levier (…) La désescalade est ce qui nous aidera à résoudre la crise… des mesures restrictives supplémentaires ne nous aident pas vraiment ».
Selon lui, le manque de clarté autour du dispositif américain reste préoccupant, même si, au cours des dernières 48 heures, « 11 navires » ont pu franchir le détroit d’Ormuz.
Le détroit d’Ormuz, point névralgique mondial
Le détroit d’Ormuz constitue un passage stratégique incontournable pour le commerce mondial, notamment pour les exportations de pétrole et de gaz du Golfe. Toute perturbation dans cette zone a des conséquences immédiates sur les marchés de l’énergie et sur l’économie mondiale.
En ciblant directement les ports et les eaux territoriales iraniennes, Washington cherche à accentuer la pression sur Téhéran, mais au risque de déclencher une confrontation directe dans une région déjà sous haute tension.
L’annonce du blocus a plongé les marchés financiers dans l’incertitude. Wall Street a ouvert en baisse, emboîtant le pas aux places asiatiques et européennes, signe d’une inquiétude généralisée face aux risques de perturbation de l’approvisionnement énergétique et à une possible escalade militaire.
