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Grande distribution : Serge Papin favorable à une réouverture des négociations en 2026

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  • Face à la hausse attendue des coûts de l’énergie, des emballages et de la logistique liée à la guerre au Moyen-Orient, le ministre des PME et du Commerce, Serge Papin, estime qu’il faudra « sans doute rouvrir les négociations commerciales en 2026 ».
  • Une perspective qui inquiète déjà les acteurs de la grande distribution et de l’agroalimentaire.

   Le ministère du Commerce ouvre la porte à une révision des accords. Auditionné mardi par une commission d’enquête du Sénat sur les marges dans la grande distribution, le ministre des PME et du Commerce, Serge Papin, a reconnu qu’une révision des accords tarifaires pour 2026 semblait désormais inévitable.

 « Je vois bien qu’il va falloir sans doute rouvrir les négociations », a-t-il déclaré, pointant « les conséquences sur les emballages, la logistique », alors que les tarifs avaient été fixés avant le début des bombardements en Iran. « On voit bien, malheureusement, qu’il va y avoir de l’inflation derrière », a ajouté le ministre.

Chaque année, du 1er décembre au 1er mars, distributeurs et industriels agroalimentaires s’affrontent lors de négociations commerciales décisives pour la fixation des prix en rayon (hors marques de distributeur). Ces discussions, réputées tendues et opaques, sont aujourd’hui dans le viseur des pouvoirs publics.

La commission d’enquête du Sénat, qui auditionnait Serge Papin, cherche justement à mieux comprendre la formation des marges dans la grande distribution, dans un contexte de fortes tensions inflationnistes.

Un système jugé « à bout de souffle »

Pour le ministre, le modèle actuel montre ses limites. Il a dénoncé un système « à bout de souffle », plaidant pour une transformation en profondeur des relations commerciales entre distributeurs et fournisseurs. Sa solution : généraliser les contrats « pluriannuels », censés offrir davantage de stabilité et de visibilité aux entreprises françaises.

Ces accords devraient inclure « des clauses de revoyure » permettant d’ajuster les conditions tarifaires en fonction d’« éléments exogènes », comme la flambée actuelle des prix des carburants liée au conflit au Moyen-Orient.

Cette prise de position tranche avec ses déclarations récentes. Dans une interview accordée au Parisien dix jours plus tôt, Serge Papin s’était montré plus prudent, se disant opposé « pour l’heure » à une réouverture immédiate.

Il appelait à « choisir le bon moment », mettant en garde contre une action trop précoce, potentiellement contre-productive, ou trop tardive, alors que les effets seraient déjà tangibles pour certaines entreprises.

Le ministre soulignait toutefois que « les contrats prévoient des clauses de revoyure » et que « les distributeurs ont dit qu’ils étaient prêts à en discuter », laissant déjà entrevoir une évolution possible.

La pression ne vient pas seulement du gouvernement. La semaine dernière, les coopératives laitières — qui collectent plus de la moitié du lait en France — ont officiellement demandé la réouverture des négociations commerciales.

Elles souhaitent intégrer rapidement la hausse des coûts de l’énergie dans les prix négociés, alors que leurs marges sont fortement impactées.

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