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mercredi, avril 29, 2026
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L’Europe redoute une hausse prolongée des prix de l’énergie

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  • L’Union européenne se prépare à une crise énergétique prolongée.

Face aux perturbations majeures des flux de pétrole et de gaz via le détroit d’Ormuz, le commissaire européen à l’énergie, Dan Jørgensen, alerte sur une hausse durable des prix et des risques de pénuries, notamment pour le kérosène, à l’approche de la saison touristique.

   L’Europe pourrait faire face à une période prolongée de tensions énergétiques. Mercredi, Dan Jørgensen a mis en garde contre l’impact durable de la crise actuelle, liée aux tensions impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran.

Lors d’un point presse, le responsable européen a averti que la situation ne se traduirait pas par une simple hausse passagère des prix : « des mois très difficiles, voire des années » attendent l’Union européenne.

Selon lui, le coût de la guerre s’élève déjà à 500 millions d’euros par jour pour l’Europe, soit environ 600 millions de dollars, un chiffre qui illustre l’ampleur du choc en cours sur les marchés énergétiques.

Au centre de cette crise figure le détroit d’Ormuz, passage clé pour les exportations mondiales d’hydrocarbures. La perte soudaine de 20 % des flux mondiaux de pétrole et de gaz naturel transitant par cette zone a provoqué une forte volatilité des prix. Et ce, malgré les efforts des États membres pour sécuriser leurs approvisionnements.

Même dans un scénario favorable, les conséquences resteront lourdes. « Même dans le meilleur des cas, la situation reste grave », a insisté Dan Jørgensen, évoquant les dégâts infligés aux infrastructures énergétiques au Moyen-Orient et les délais nécessaires pour rétablir les capacités de production.

Des inquiétudes croissantes sur le kérosène

Au-delà du pétrole et du gaz, la crise pourrait rapidement toucher le secteur aérien. Les gouvernements européens se disent « très préoccupés » par d’éventuelles pénuries de carburéacteur, particulièrement sensibles à l’approche de la haute saison touristique.

Ces tensions pourraient se traduire par une hausse des coûts du transport aérien, voire par des perturbations logistiques plus larges. La dépendance du secteur aérien aux importations de kérosène accentue les vulnérabilités dans un contexte déjà tendu.

L’UE tente de sécuriser ses approvisionnements

Face à ces risques, les États membres de l’UE multiplient les initiatives pour renforcer leur résilience énergétique. La veille des déclarations de Dan Jørgensen, les ministres européens des transports ont examiné plusieurs plans visant à garantir l’approvisionnement en carburéacteur, notamment via des importations en provenance des États-Unis.

Si Bruxelles assure que la sécurité de l’approvisionnement reste globalement stable à ce stade, les autorités reconnaissent que les effets de potentielles pénuries pourraient varier d’un pays à l’autre, en fonction des niveaux de stocks et des infrastructures disponibles.

Pour mieux anticiper les tensions, la Commission européenne a annoncé la création d’un « observatoire des carburants ». Cet outil aura pour mission de surveiller les niveaux de stocks de carburéacteur dans l’ensemble de l’Union.

L’objectif est d’éviter que certains États membres ne constituent des réserves excessives au détriment de leurs voisins, au risque d’accentuer les déséquilibres au sein du marché européen.

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