- Au premier trimestre 2026, le nombre de demandeurs d’emploi sans activité recule en France selon la Dares.
- Une amélioration apparente qui masque toutefois des incertitudes persistantes sur l’évolution du marché du travail dans les mois à venir.
Le début d’année 2026 s’inscrit sous le signe d’une légère amélioration du marché de l’emploi. D’après la Dares, le service statistique du ministère du Travail, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits en catégorie A — c’est-à-dire sans aucune activité — diminue de 1,2 % au premier trimestre.
Sur un an, la baisse atteint 2,8 %. La France compte ainsi 3 295 100 personnes dans cette catégorie, soit 38 700 demandeurs d’emploi en moins sur le trimestre. Dans le même temps, 2 432 900 personnes exercent une activité réduite et relèvent des catégories B et C.
« En moyenne au 1er trimestre 2026, en France hors Mayotte, le nombre de personnes inscrites à France Travail qui ne sont ni en attente d’orientation ni en parcours social s’établit à 6 460 400 (catégories A, B, C, D, E) », précise la Dares. Sur ce périmètre global, la baisse est plus modérée, à -0,3 % sur le trimestre comme sur un an.
L’évolution des nouvelles catégories F et G
Introduites en janvier 2025, les catégories F et G continuent de structurer les statistiques du chômage. La première regroupe les personnes en parcours social, tandis que la seconde concerne celles en attente d’une orientation par le réseau pour l’emploi.
Au premier trimestre 2026, « au sein des deux catégories créées en janvier 2025, 395 700 sont inscrites en parcours social (catégorie F) et 630 400 personnes sont en attente d’une orientation par le réseau pour l’emploi (catégorie G) », indique la Dares.
Une évolution notable se dessine : le nombre d’inscrits en catégorie G recule progressivement au profit de la catégorie F. Une tendance qui s’explique « du fait notamment d’une consolidation des orientations prononcées par les conseils départementaux dans le système d’information de France Travail ».
Chute des radiations
Autre fait marquant de ce trimestre : la baisse très nette des radiations administratives. Alors que 45 000 demandeurs d’emploi avaient été radiés au premier trimestre 2025, ils ne sont plus que 2 700 un an plus tard.
Cette évolution intervient dans un contexte de réforme du suivi des demandeurs d’emploi, avec l’entrée en vigueur d’un décret renforçant les sanctions en cas de manquement aux obligations. Un dispositif qui semble, paradoxalement, s’accompagner d’une diminution des exclusions.
Des données à manier avec prudence
Malgré ces indicateurs orientés à la baisse, la Dares appelle à la vigilance. Les chiffres doivent être interprétés « avec précaution », notamment en raison d’une modification du script d’inscription qui peut affecter la comparabilité des données.
Par ailleurs, certaines évolutions structurelles ne sont pas encore pleinement intégrées. C’est notamment le cas de l’inscription automatique des allocataires du RSA à France Travail, qui pourrait à terme modifier sensiblement les statistiques.
Selon l’Insee, le taux de chômage, déjà à son plus haut niveau depuis le troisième trimestre 2021, pourrait continuer à augmenter dans les prochains mois. Plusieurs facteurs pourraient peser sur l’emploi : un climat peu favorable aux créations de postes, une population active en hausse et le risque d’un retour de l’inflation.
