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Tunisie : les infrastructures au cœur du plan de développement 2026-2030

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  •  Avec une enveloppe de 101,835 milliards de dinars consacrée à 21 100 projets publics, la Tunisie dévoile un plan de développement pour la période 2026-2030.
  • Le gouvernement vise une croissance de 4,2 %, une réduction de la pauvreté sous le seuil de 15 % et une accélération de la transition énergétique, tout en renforçant les infrastructures et la cohésion territoriale.

   La Tunisie entend accélérer sa transformation économique et sociale à travers un vaste programme d’investissements publics couvrant la période 2026-2030. Présenté devant les députés par le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, ce plan prévoit une enveloppe globale de 101,835 milliards de dinars destinée au financement de 21 100 projets et programmes publics répartis sur l’ensemble du territoire.

Avec cet investissement, l’exécutif fixe plusieurs objectifs macroéconomiques et sociaux destinés à renforcer durablement la compétitivité du pays.

Une croissance de 4,2 % et un recul de la pauvreté

Lors d’une séance d’audition conjointe des commissions permanentes de l’Assemblée, le ministre a indiqué que le plan de développement 2026-2030 vise à atteindre un taux de croissance d’environ 4,2 % à prix constants, tout en ramenant le taux de pauvreté à moins de 15 %.

Samir Abdelhafidh a également précisé que le gouvernement ambitionne de porter l’indice de développement régional à 0,6 point d’ici 2030, tout en réduisant de 0,1 point les écarts entre les gouvernorats. L’objectif est également de faire progresser l’indice de développement humain (IDH) afin de rapprocher la Tunisie du groupe des pays à très haut développement humain.

Le ministre a souligné que le plan repose sur plusieurs orientations stratégiques, parmi lesquelles la modernisation du tissu économique, le développement des infrastructures, la sécurité énergétique, hydrique et alimentaire, la préservation de l’environnement, la modernisation des institutions publiques ainsi que la garantie d’un développement social équitable et inclusif.

Plus de 14 600 nouveaux projets programmés

Le document de planification met en avant une forte priorité accordée aux investissements de proximité.

Sur les 21 100 projets recensés, 14 624 sont de nouveaux projets, dont 8 506 ont été proposés directement par les conseils élus, soit58 % des nouveaux projets, illustrant la volonté du gouvernement d’ancrer le processus de développement dans une démarche participative.

En parallèle, 6 476 projets déjà engagés avant 2026 seront poursuivis. Ils concernent principalement les infrastructures de base, notamment les routes, les pistes rurales, les équipements collectifs ainsi que les services publics dans les secteurs de la santé, de l’éducation, des transports et de l’eau.

Le dispositif comprend également 5 629 propositions de projets relevant du programme de développement régional et 3 370 projets inscrits dans le nouveau programme de développement inclusif.

Une priorité affirmée aux territoires

La répartition des projets confirme la priorité donnée au développement local. Les projets à vocation locale représentent 70 % de l’ensemble, contre 17 % pour les projets régionaux, 11 % pour les projets nationaux et 2 % pour les projets interrégionaux.

Selon le document, cette orientation traduit la volonté des autorités de réduire les disparités territoriales, d’améliorer l’accès aux services essentiels et de renforcer l’équilibre entre les différentes régions du pays.

Le plan adopte par ailleurs une organisation territoriale structurée autour de cinq districts. Le troisième district concentre 5 632 projets, devant le deuxième (4 439 projets), le quatrième (3 754 projets), le premier (3 141 projets) et enfin le cinquième (2 629 projets), soit un ratio moyen d’environ un projet pour 599 habitants à l’échelle nationale.

Les infrastructures concentrent près de 44 % des investissements

La ventilation sectorielle des investissements confirme la priorité accordée aux infrastructures. Le secteur des infrastructures et des services bénéficie de 44,513 milliards de dinars, soit 43,7 % de l’enveloppe totale, pour financer 7 930 projets concernant notamment les routes, les ponts, les projets municipaux, la protection du littoral ou encore la prévention des inondations.

Les équipements collectifs arrivent en deuxième position avec 27,963 milliards de dinars (27,5 %) répartis sur 11 311 projets, principalement dans les domaines de l’éducation, de l’enseignement supérieur, de la santé, de la jeunesse, du sport et de la culture.

Le secteur de l’industrie, de l’énergie et des mines mobilisera 17,775 milliards de dinars, soit 17,5 % du total, pour 303 projets destinés notamment à accélérer la transition énergétique, développer les filières minières et gazières et porter la part des énergies renouvelables à 35 % du mix électrique d’ici 2030.

Enfin, l’agriculture, la pêche et les ressources hydrauliques disposeront de 11,584 milliards de dinars (11,3 %) afin de financer 1 556 projets consacrés à la sécurité alimentaire, à la gestion durable de l’eau et au renforcement des systèmes de production.

Un financement diversifié pour limiter la pression budgétaire

Le gouvernement entend répartir le financement du programme entre plusieurs sources afin de préserver les équilibres des finances publiques. Le budget de l’État assurera 61 % du  financement total, soit 61,847 milliards de dinars.

Les entreprises et établissements publics contribueront à hauteur de 30 %, représentant 31,990 milliards de dinars, principalement via leurs capacités d’autofinancement.

Enfin, les partenariats public-privé (PPP) couvriront 9 % de l’enveloppe globale, soit 7,998 milliards de dinars. Ces financements seront orientés vers plusieurs secteurs stratégiques, notamment la gestion des déchets, l’assainissement, les énergies renouvelables, le transport multimodal et le tourisme.

À travers ce programme, les autorités tunisiennes cherchent à soutenir la croissance, renforcer les infrastructures, accélérer la transition énergétique et réduire les disparités régionales, tout en mobilisant un financement diversifié pour accompagner les transformations économiques du pays à l’horizon 2030.

La Rédactionhttps://echosplus.com
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