- À quelques mois de l’examen du budget 2027, le Premier ministre Sébastien Lecornu appelle les parlementaires à dépasser les clivages politiques afin d’éviter une impasse budgétaire.
- Depuis les Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, il a mis en garde contre les conséquences économiques et institutionnelles d’une absence de loi de finances, dans un contexte de déficit public toujours élevé.
Le gouvernement hausse le ton sur les finances publiques. Intervenant jeudi 3 juillet aux Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, le Premier ministre Sébastien Lecornu a exhorté députés et sénateurs à adopter un budget pour 2027, malgré les fortes tensions politiques qui s’annoncent à l’approche de l’élection présidentielle.
Face à un auditoire composé de chefs d’entreprise, d’économistes et de responsables politiques, le chef du gouvernement a livré un message particulièrement alarmiste. « Je sonne l’alerte avec gravité », a-t-il déclaré, appelant les parlementaires à « défendre l’intérêt général » malgré les divergences politiques.
« On peut nous aimer, pas nous aimer. Mais (…) il faut quand même que les parlementaires qui ont été élus pour ça, défendent l’intérêt général », a-t-il insisté.
Un compromis jugé préférable à une impasse politique
Pour Sébastien Lecornu, l’absence de budget constituerait un risque majeur pour la stabilité économique et institutionnelle du pays. Le Premier ministre estime qu’un compromis, même imparfait, serait largement préférable à un blocage des institutions.
Selon lui, si aucun texte n’était adopté à l’automne 2026, la future loi de finances ne pourrait entrer en vigueur qu’à la fin de l’année 2027, soit au moment où le Parlement devrait déjà préparer le budget 2028. Une telle situation « sacrifierait la première année du quinquennat de celles et ceux qui auraient gagné l’élection présidentielle, ce qui serait d’un cynisme fou », a-t-il prévenu.
Des finances publiques sous forte pression
Le chef du gouvernement a rappelé que la situation budgétaire de la France demeure préoccupante. Le déficit public devrait atteindre 5,1 % et rester supérieur aux objectifs initialement fixés par l’exécutif.
Sébastien Lecornu a reconnu que les tensions géopolitiques, notamment la guerre en Iran, ont pesé sur l’activité économique et généré des dépenses supplémentaires. Mais il estime que les principaux défis restent à venir.
La montée en puissance des dépenses de défense figure en tête des priorités. Après un effort supplémentaire de 6 milliards d’euros accordé aux armées en 2026, un montant équivalent devra, selon lui, être trouvé dans le budget 2027.
Le spectre d’un budget introuvable
Le gouvernement prépare actuellement le projet de loi de finances qui sera présenté au Parlement à l’automne. Mais les conditions politiques s’annoncent particulièrement délicates. Sans majorité absolue à l’Assemblée nationale et à quelques mois du lancement de la campagne présidentielle, l’exécutif redoute des négociations extrêmement difficiles avec les différents groupes parlementaires.
« Si nous n’avons pas de budget, ce sera une erreur très grave, une faute absolue. On mettrait le pays dans le ravin », a déclaré le Premier ministre, estimant que pendant ce temps « les autres pays continuent d’avancer ».
Un avertissement déjà formulé en juin
Ce n’est pas la première fois que le Premier ministre tire la sonnette d’alarme. Dès le 16 juin, il avait plaidé pour une adoption du budget 2027 « avant février », estimant qu’une absence de loi de finances pourrait faire déraper le déficit public entre 6 % et 7 %dès l’an prochain, contre un objectif de 5 % cette année.
À travers cette nouvelle intervention, Sébastien Lecornu cherche désormais à convaincre les parlementaires que le vote du budget dépasse les enjeux de la majorité actuelle et conditionne la capacité de la France à préserver sa crédibilité financière ainsi qu’à préparer le prochain quinquennat.
