- Devant près de 5.000 sympathisants réunis à l’Adidas Arena à Paris, Édouard Philippe a officiellement donné le coup d’envoi de sa campagne pour l’élection présidentielle de 2027.
- L’ancien Premier ministre a misé sur un discours personnel, un appel au rassemblement et la promesse d’un « redressement » du pays, tout en évitant de dévoiler un programme détaillé.
Édouard Philippe entre officiellement en campagne. L’ancien Premier ministre Édouard Philippe a franchi une nouvelle étape dans sa course à l’Élysée. Réuni dimanche à l’Adidas Arena, à Paris, devant environ 5.000 personnes selon son entourage, le président d’Horizons a officiellement lancé sa campagne présidentielle avec un discours de plus d’une heure mêlant récit personnel, vision politique et appel à la mobilisation.
L’objectif était clair : installer sa stature présidentielle sans entrer dans le détail de son futur programme. « Ici, maintenant, nous lançons l’effort collectif qui va nous permettre de reprendre en main le destin de notre pays. Nous allons prendre le pouvoir ! », a-t-il lancé sous les applaudissements de ses militants.
Au terme de son intervention, Édouard Philippe a dévoilé son slogan de campagne : « Croire en nous ».
Une démonstration de force politique au sein du bloc central
Le rassemblement a également servi de démonstration de force politique. Selon Horizons, plus d’un millier d’élus avaient fait le déplacement.
Parmi eux figuraient plusieurs personnalités issues de Renaissance, notamment la porte-parole du gouvernement Maud Brégeon, le ministre Mathieu Lefèvre, ainsi que les députés Astrid Panosyan-Bouvet et Marc Ferracci. Le ministre LR Nicolas Forissier était également présent, aux côtés de représentants du MoDem et du président du Parti radical, Laurent Hénart.
Quelques jours avant ce meeting, Édouard Philippe avait déjà enregistré plusieurs ralliements de personnalités appartenant au parti de Gabriel Attal. Les stratèges d’Horizons réfutent toutefois l’idée d’un simple repositionnement de l’aile droite de la majorité présidentielle, mettant en avant des soutiens venus d’horizons politiques variés, parmi lesquels Astrid Panosyan-Bouvet, François de Rugy, Christophe Blanchet ou encore Philippe Baptiste.
Un discours personnel pour répondre aux critiques
Annoncé comme un exercice inédit par son entourage, le discours a largement porté sur le parcours personnel de l’ancien chef du gouvernement.
« Ça ne sera pas un catalogue de mesures. Il va fixer un cap », avait expliqué quelques jours auparavant Nathalie Loiseau.
Édouard Philippe s’est ainsi présenté comme « un Normand », « fils de la classe moyenne » et arrière-petit-fils de « Louis-Philippe, un docker du Havre ». Évoquant son enfance, il a raconté avoir grandi dans une famille où il ne manquait « de rien » et surtout « pas d’amour ».
« On n’était pas riches, mais on n’était pas pauvres non plus », a-t-il confié, sa mère et son épouse étant présentes dans la salle. « Je vais me battre encore et encore avec ma raison, mon cœur et mes tripes », a-t-il affirmé, promettant « une campagne heureuse, joyeuse et optimiste ».
Une campagne centrée sur le redressement du pays
Sur le fond, peu de mesures nouvelles ont été dévoilées. Édouard Philippe a néanmoins confirmé plusieurs priorités déjà identifiées : une réforme « massive » de l’école, présentée comme la « clé du redressement français », la réduction de la dette publique et un allongement de la durée du travail.
Le détail du programme sera présenté ultérieurement, ont indiqué ses proches. Dans un contexte où il demeure en tête des intentions de vote au sein du bloc central face à Gabriel Attal et à droite face à Bruno Retailleau, ce premier grand meeting visait avant tout à installer une dynamique politique.
Des piques adressées à ses rivaux
Sans jamais citer directement Gabriel Attal ou Bruno Retailleau, Édouard Philippe a glissé plusieurs allusions à ses concurrents. À propos de la communication politique sur les réseaux sociaux, il a déclaré : « Je ne vais pas exhiber ma vie privée ou ma vie familiale, ce n’est pas le genre de la maison. »
Il a poursuivi : « Je pense qu’un responsable politique est beaucoup plus ce qu’il est que ce qu’il prétend être sur les réseaux sociaux. »
L’ancien Premier ministre n’a pas davantage prononcé le nom d’Emmanuel Macron, auquel il a toutefois semblé adresser une critique implicite de l’exercice du pouvoir. « On ne gouverne pas seul, on ne dirige pas seul, on ne réussit pas seul », a-t-il déclaré, dans une allusion à la pratique jugée très verticale du chef de l’État.
Laurent Wauquiez tend la main à Édouard Philippe
En marge du lancement de campagne, Laurent Wauquiez a lui aussi alimenté les spéculations en saluant le profil de l’ancien Premier ministre, malgré l’investiture officielle de Bruno Retailleau par Les Républicains.
Dans un entretien accordé au Figaro, le président du groupe LR à l’Assemblée nationale a estimé que « par son histoire, par les responsabilités qui ont été les siennes, je crois qu’Édouard Philippe peut incarner l’ordre et le sérieux permettant de redresser la France ».
Cette déclaration illustre les recompositions qui s’annoncent à droite et au centre à l’approche de l’élection présidentielle de 2027.
