- Le rendement de l’emprunt d’État français à 10 ans a dépassé mercredi les 3,90 %, atteignant son niveau le plus élevé depuis juin 2009.
- La remontée des taux, alimentée par la flambée des prix du pétrole après le regain de tensions au Moyen-Orient, ravive les inquiétudes sur le coût de financement de la France et sur les perspectives d’inflation.
La pression s’accentue sur la dette souveraine française. Le taux d’intérêt de l’Obligation assimilable du Trésor (OAT) à 10 ans a franchi mercredi le seuil de 3,90 %, contre 3,79 % à la clôture de la veille, signant son plus haut niveau depuis juin 2009.
Ce nouveau pic dépasse le précédent sommet de l’année, enregistré le 27 mars, lorsque le rendement avait atteint 3,88 % en séance dans un contexte déjà marqué par les tensions géopolitiques et les interrogations sur la trajectoire des finances publiques françaises.
Cette progression confirme la hausse continue des coûts d’emprunt de l’État français en 2026, dans un environnement où les investisseurs exigent des rendements plus élevés pour détenir la dette souveraine.
Le regain de tensions au Moyen-Orient fait bondir les marchés obligataires
L’accélération des rendements intervient dans un contexte de forte nervosité sur les marchés internationaux.
Le président américain Donald Trump a déclaré mercredi que le cessez-le-feu conclu avec l’Iran le 17 juin était « terminé », provoquant une nouvelle flambée des cours du pétrole. Cette hausse des prix de l’énergie nourrit les anticipations d’une résurgence de l’inflation, poussant les investisseurs à réclamer une rémunération plus élevée sur les obligations d’État.
Le mouvement ne concerne d’ailleurs pas uniquement la France : les rendements obligataires progressent dans l’ensemble de l’Europe, reflet d’une réévaluation des risques inflationnistes et géopolitiques.
La fin de l’ère des taux très bas
Après plusieurs années de taux historiquement faibles — voire négatifs entre 2019 et 2022 — les emprunts d’État français évoluent désormais dans un nouvel environnement financier.
Le retour de l’inflation à partir de 2022, puis le cycle de resserrement monétaire engagé par la Banque centrale européenne (BCE), ont profondément modifié les conditions de financement des États.
Le rendement de l’OAT à 10 ans avait franchi la barre des 3 % fin 2023 avant de poursuivre sa progression, alimenté par les anticipations concernant les taux directeurs, la dégradation des comptes publics français et la multiplication des crises géopolitiques.
Une dette publique record sous surveillance
Cette remontée des taux intervient alors que les finances publiques françaises restent sous forte pression. Selon les dernières données officielles, la dette publique a dépassé 3.500 milliards d’euros au premier trimestre, représentant 117,5 % du PIB.
La Cour des comptes souligne que ce niveau demeure proche des records observés pendant la crise sanitaire et rappelle que la France est aujourd’hui le seul pays de la zone euro à ne pas avoir réduit son niveau d’endettement par rapport aux sommets atteints après la pandémie de Covid-19.
Dans ce contexte, chaque hausse des taux d’intérêt renchérit progressivement le coût de financement de l’État, un enjeu majeur alors que le gouvernement cherche à maîtriser son déficit public.
