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Velvet veut concurrencer la SNCF dès 2028 sans miser sur le low cost

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  • La compagnie ferroviaire Velvet prépare son arrivée sur les lignes à grande vitesse reliant Paris à plusieurs villes de l’ouest de la France à partir de 2028.
  • Sa présidente, Rachel Picard, promet une offre complémentaire à celle de la SNCF, fondée sur une forte augmentation du nombre de places plutôt que sur un modèle à bas coûts.

Velvet précise son positionnement à deux ans de son lancement commercial. La nouvelle compagnie ferroviaire ambitionne de concurrencer la SNCF sur les lignes à grande vitesse reliant Paris à Bordeaux, Rennes, Nantes et Angers, sans reproduire le modèle économique des opérateurs low cost.

« La gamme n’est pas du low cost », a déclaré Rachel Picard, présidente de Velvet, vendredi 4 septembre sur BFM Business. Elle assure vouloir jouer la carte de la « complémentarité » avec la SNCF afin de « compléter une offre qui aujourd’hui est insuffisante ».

La compagnie entend notamment renforcer les capacités sur les liaisons desservant la façade atlantique, où la demande de voyages en train dépasse régulièrement le nombre de sièges disponibles.

« On a mesuré que 15 % des Français qui veulent prendre le TGV aujourd’hui n’y arrivent pas parce qu’ils ne trouvent pas de place », a souligné Rachel Picard, citée par l’AFP

Dix millions de places supplémentaires par an

Pour améliorer l’accessibilité du train, Velvet mise avant tout sur une augmentation massive de l’offre. La compagnie prévoit de proposer jusqu’à 10 millions de places supplémentaires par an entre Angers, Bordeaux, Nantes, Rennes et Paris.

Cette stratégie doit permettre aux voyageurs de réserver plus facilement, y compris à l’approche de la date de départ, tout en maintenant plus longtemps la disponibilité des billets aux tarifs les plus abordables.

« À partir du moment où massivement vous mettez plus de places, et 10 millions, ça commence à être représentatif, automatiquement, vous allez faciliter l’achat jusqu’au dernier moment et automatiquement les petits prix ne partiront plus aussi vite, et vous aurez finalement des prix abordables beaucoup plus longtemps et pour beaucoup plus de gens », a fait valoir Rachel Picard.

La future politique commerciale de la compagnie reste cependant en cours d’élaboration. Velvet n’a pas encore dévoilé sa grille tarifaire ni les différentes catégories de billets qui seront proposées.

Douze trains à grande vitesse construits par Alstom

Le premier train Velvet est sorti en avril de l’usine Alstom de La Rochelle. Rachel Picard présente ces nouvelles rames comme particulièrement « capacitaires » et assure qu’elles seront « ouvertes à beaucoup de gens ».

La compagnie a commandé douze trains à grande vitesse Avelia Horizon auprès d’Alstom. Selon le calendrier présenté par Velvet, les essais doivent précéder un lancement commercial à partir de 2028.

L’objectif est d’accroître sensiblement le nombre de sièges disponibles sur les principaux axes ferroviaires de l’ouest de la France. La compagnie prévoit notamment des liaisons directes d’une durée moyenne de deux heures entre les villes desservies.

Velvet a été fondée par Rachel Picard et Tim Jackson, deux professionnels du secteur ferroviaire. Ancienne directrice générale de Voyages SNCF, Rachel Picard avait notamment participé au développement de Ouigo, l’offre à bas coûts de la SNCF.

Une clientèle volontairement diversifiée

Pour rentabiliser ses trains et assurer des circulations quotidiennes, Velvet souhaite attirer plusieurs catégories de voyageurs, des déplacements professionnels aux séjours de loisirs.

« Si on veut faire rouler tous les trains tous les jours vers les destinations, il faut s’adresser à la fois aux gens qui vont partir en week-end, aux gens qui vont prendre un rendez-vous dans la journée et revenir, ou aux télétravailleurs qui vont “commuter” deux ou trois fois par semaine », a détaillé Rachel Picard.

La compagnie veut ainsi séduire aussi bien les voyageurs occasionnels que les salariés effectuant régulièrement des allers-retours entre Paris et les grandes métropoles de l’ouest.

Le confort comme élément de différenciation

Au-delà de l’augmentation des capacités, Velvet compte se distinguer par l’aménagement de ses trains et la qualité des services proposés à bord.

Les équipes de l’entreprise ont « travaillé l’intérieur du train et des services dans le détail », selon sa présidente. « On veut que les gens se sentent un peu chez eux (…) et que tout soit très facile pour eux pendant le voyage », a-t-elle ajouté.

Cette promesse de confort doit permettre à Velvet d’occuper un positionnement spécifique : une offre accessible grâce à un plus grand nombre de places, mais sans adopter les caractéristiques traditionnelles du low cost.

Plusieurs autorisations encore nécessaires

Velvet a franchi une première étape réglementaire en obtenant sa licence d’entreprise ferroviaire auprès du ministère chargé des Transports. Cette licence atteste notamment que l’entreprise remplit les conditions juridiques, professionnelles et financières nécessaires pour préparer une activité commerciale de transport ferroviaire.

La licence constitue l’une des principales autorisations nécessaires pour accéder au marché ferroviaire français, dont le cadre est présenté par l’Autorité de régulation des transports.

Elle ne suffit toutefois pas à autoriser la mise en circulation des trains. Velvet doit encore obtenir la certification de ses rames ainsi qu’un certificat de sécurité unique (CSU), indispensable pour exploiter ses services sur le réseau ferré. Cette procédure relève du cadre européen supervisé par l’Agence de l’Union européenne pour les chemins de fer.

Le calendrier reste donc soumis à l’aboutissement de ces démarches techniques et réglementaires. Velvet maintient néanmoins son objectif : lancer ses premiers services en 2028 et ouvrir une nouvelle étape dans la concurrence ferroviaire à grande vitesse en France.

La Rédactionhttps://echosplus.com
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