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L’Algérie dénonce les propos de Macron sur l’affaire Boualem Sansal

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Le gouvernement algérien réagit vivement aux critiques du président français concernant l’arrestation de l’écrivain Boualem Sansal. Retour sur une affaire qui exacerbe les tensions diplomatiques entre Alger et Paris.

Le mardi 7 janvier, le gouvernement algérien a publié un communiqué incisif, via son ministère des Affaires étrangères, en réaction aux déclarations du président français Emmanuel Macron sur l’affaire Boualem Sansal. Ce dernier avait critiqué l’arrestation de l’écrivain franco-algérien, la qualifiant de « déshonorante » et remettant en cause la liberté d’expression en Algérie.

Le ministère algérien a réagi avec fermeté, estimant que les propos du président français « déshonorent, avant tout, celui qui a cru devoir les tenir ». Ils ont été qualifiés d’« immixtion éhontée et inacceptable dans une affaire interne algérienne », des paroles que le gouvernement algérien « réprouve, rejette et condamne » avec vigueur.

Une affaire d’intégrité territoriale selon Alger

L’arrestation de Boualem Sansal, survenue le 16 novembre à l’aéroport d’Alger, est officiellement justifiée par des accusations d’« atteinte à la sûreté de l’État ». Selon les autorités algériennes, l’écrivain, connu pour ses critiques virulentes du pouvoir en place, a enfreint l’article 87 bis du Code pénal, qui punit les actes « terroristes ou subversifs ».

Le ministère des Affaires étrangères a insisté : « Ce que le Président français présente indûment et faussement comme une affaire de liberté d’expression n’en est pas une au regard de la loi d’un État souverain et indépendant. Elle relève essentiellement d’une mise en cause de l’intégrité territoriale du pays, un délit punissable par la loi algérienne. »

Macron dénonce une « dérive autoritaire »

Lors de la réunion annuelle des ambassadeurs français, Emmanuel Macron avait qualifié l’incarcération de Boualem Sansal de «totalement arbitraire », soulignant son caractère « alarmant pour la liberté d’expression ». Le président français a exprimé une « pensée singulière » pour l’écrivain, le décrivant comme un « combattant de la liberté » et appelant à sa libération immédiate.

Cette prise de position, jugée intrusive par Alger, survient dans un contexte déjà tendu entre les deux pays. En juillet dernier, la reconnaissance par Emmanuel Macron de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental avait suscité la colère d’Alger, soutien historique des indépendantistes sahraouis du Front Polisario.

Une fracture diplomatique persistante

L’affaire Boualem Sansal illustre la profondeur des fractures diplomatiques entre la France et l’Algérie, dont les relations sont marquées par des tensions historiques et politiques.

Pour Alger, les déclarations de Macron s’inscrivent dans une logique de mépris de la souveraineté nationale. Du côté français, cette affaire est perçue comme une dérive autoritaire inquiétante. Une situation qui laisse peu de place peu de place à un éventuel apaisement des tensions déjà vives entre les deux pays.

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