- Londres accueille ce dimanche 2 mars un sommet européen consacré à la guerre en Ukraine.
- À l’initiative du Premier ministre britannique Keir Starmer, cette réunion stratégique rassemble les principaux dirigeants européens, dans un contexte où le soutien américain à Kiev semble vaciller.
- Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, en quête d’engagements concrets, espère obtenir des garanties avant de regagner la capitale ukrainienne.
Le sommet se tient alors que les relations entre Kiev et Washington ont été ébranlées par un échange houleux entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump. Lors d’une rencontre au Bureau ovale, le président américain a menacé d’abandonner l’Ukraine, reprochant à Zelensky son incapacité à négocier avec Moscou. Cette altercation a provoqué une onde de choc diplomatique, poussant les alliés européens à afficher leur solidarité avec Kiev.
« Vous ne serez jamais seul. Soyez forts, soyez courageux, n’ayez pas peur », ont martelé Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, et Antonio Costa, président du Conseil européen. Emmanuel Macron, présent à Londres, a rappelé que « ceux qui se battent pour leur liberté se battent aussi pour la sécurité de l’Europe ».
Des promesses attendues sur l'armement et l'aide financière
Les discussions à Lancaster House s’articuleront autour d’un enjeu clé : comment compenser un éventuel désengagement américain ? Chaque pays devra préciser l’ampleur de son soutien, qu’il s’agisse d’envoi d’armes ou d’aides financières. L’Allemagne, par la voix de sa ministre des Affaires étrangères, a plaidé pour une réforme du Pacte de stabilité européen afin de débloquer davantage de fonds pour l’Ukraine.
La question de l’envoi de troupes européennes sera également abordée. Le Royaume-Uni s’est dit prêt à déployer des soldats « si nécessaire », tandis que Berlin envisage une participation sous conditions, en cas de mise en place d’une zone démilitarisée.
L'autonomie stratégique européenne en débat
Outre l’aide militaire, la dissuasion nucléaire européenne s’invite dans les discussions. Emmanuel Macron a proposé d’ouvrir le dialogue sur une stratégie commune, une demande portée par le futur chancelier allemand Friedrich Merz. Une telle initiative pourrait renforcer l’autonomie stratégique de l’Europe face à la Russie, mais soulève déjà des questions sensibles parmi les partenaires européens.
Une alliance en devenir
Pour Kiev, ce sommet pourrait sceller une nouvelle alliance européenne. « Une alliance pour protéger la liberté, la démocratie et les valeurs que nous partageons », a confié une source proche de la présidence ukrainienne à l’AFP. Malgré les tensions récentes, Zelensky a qualifié le soutien américain de « crucial », laissant entrevoir la complexité des équilibres diplomatiques.
Les conclusions de cette réunion devraient poser les bases des prochaines négociations lors du sommet européen extraordinaire consacré à l’Ukraine, prévu le 6 mars prochain.
