13.9 C
Paris
dimanche, mars 22, 2026
AccueilActualitéDéficit public : le gouvernement opte pour une "méthode prudentielle"

Déficit public : le gouvernement opte pour une « méthode prudentielle »

Date:

  • Face aux incertitudes économiques, le gouvernement mise sur une gestion rigoureuse du budget pour contenir le déficit public.
  • Lors d’une audition au Sénat, Éric Lombard et Amélie de Montchalin ont défendu une « méthode prudentielle » afin d’atteindre l’objectif de 5,4 % du PIB en 2025.

Le gouvernement tente de rassurer sur la trajectoire des finances publiques. Auditionnés au Sénat, le ministre de l’Économie Éric Lombard et la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin ont réaffirmé la nécessité de maintenir l’objectif de déficit à 5,4 % du PIB en 2025.

« Atteindre ces 5,4 % serait déjà en soi une réussite, quand on sait les dérapages majeurs, entre 2023 et 2024″, a souligné Claude Raynal, président de la commission des finances du Sénat.

Une amélioration inespérée du déficit 2024

Amélie de Montchalin a annoncé une légère bonne nouvelle : le déficit 2024 pourrait être « un tout petit peu inférieur » aux 6 %initialement prévus. Cette amélioration est due, selon elle, à « un meilleur recouvrement des créances liées à la crise Covid » et à « un ralentissement d’un certain nombre de dépenses de fonctionnement des collectivités« . Les chiffres officiels seront publiés le 27 mars par l’Insee.

Malgré un climat des affaires en amélioration et une inflation en recul, le ministre de l’Économie Éric Lombard met en garde : « Le cadre économique est néanmoins sous tension ».( photo capture d’écran PublicSenatTV)

 Un contexte économique sous tension

Malgré un climat des affaires en amélioration et une inflation en recul, le ministre de l’Économie Éric Lombard met en garde : « Le cadre économique est néanmoins sous tension« . Il cite notamment les tensions commerciales avec les États-Unis, qui pourraient avoir « un impact défavorable sur la croissance« , ainsi que l’augmentation des dépenses de défense, conséquence du contexte géopolitique en Ukraine.

L’autre « mauvaise nouvelle » pointée par le ministre est « l’augmentation brutale des taux d’intérêt en Europe« , qui renchérit le coût de la dette française. Cette situation est, selon lui, « notamment la conséquence du ‘bazooka’ budgétaire de plusieurs centaines de milliards d’euros voté en Allemagne« . Pourtant, il affirme sa « conviction profonde » que ce stimulus sera « bénéfique à toute l’économie européenne« .

 Une « méthode prudentielle » pour contrôler le budget

Pour anticiper dérapages et incertitudes, le gouvernement s’appuie sur un plan d’amélioration du pilotage des finances publiques, présenté le 3 mars.

« C’est une méthode prudentielle, qui nous permet de gérer les aléas« , explique Amélie de Montchalin.

Ce plan inclut l’amélioration des outils de prévision budgétaire, des mesures correctrices prises au plus tôt et un dialogue renforcé avec les parlementaires.

Bercy a d’ores et déjà mis en réserve 8 milliards d’euros pour éviter de nouveaux ajustements en urgence. « Si la croissance est plus faible que prévu, ce qui est possible, effectivement nous devrons faire les ajustements« , a prévenu Éric Lombard.

L’objectif est de poser un diagnostic sur les finances publiques et d’ouvrir le débat sur « ce que fait l’État, ce qu’il doit faire, ce qu’il ne fait pas toujours bien », selon Amélie de Montchalin. (photo capture d’écran PublicSenatTV)

Une préparation anticipée du budget 2026

Le gouvernement entend aussi anticiper la préparation du budget 2026 et annonce une « construction » dès le mois de juin. « La méthode, cela va être le dialogue, jusqu’au mois de juin« , a expliqué Éric Lombard. L’objectif est de poser un diagnostic sur les finances publiques et d’ouvrir le débat sur « ce que fait l’État, ce qu’il doit faire, ce qu’il ne fait pas toujours bien« , selon Amélie de Montchalin.

Face à l’augmentation prévue des dépenses militaires, plusieurs sénateurs, dont Pascal Savoldelli (PCF) et Thomas Dossus (EELV), ont interrogé le gouvernement sur la nécessité d’un budget rectificatif. Une option que Éric Lombard exclut : « Nous pensons que ça n’est pas utile, puisque la façon dont nous avons calé […] le budget nous permet, pensons-nous, d’aborder cette année sans repasser devant le Parlement« .

La prochaine étape aura lieu le 10 avril avec la première réunion du « comité d’alerte« , qui permettra d’ajuster la stratégie budgétaire en fonction des premiers résultats de l’exécution budgétaire.

Les plus populaires