- À un an des municipales et à deux de la présidentielle, Gabriel Attal, chef de file de Renaissance a galvanisé près de 9 000 sympathisants à Saint-Denis.
- Un discours de fond et de forme, entre vision stratégique, coups portés à ses adversaires et propositions politiques pour refonder la République.
Ce dimanche 6 avril, à la Cité du cinéma, Gabriel Attal a clôturé un meeting de campagne du parti Renaissance devant 8 853 personnes. Un discours dense de quarante minutes où l’ancien Premier ministre a abordé la souveraineté, l’éducation, le travail, et la lutte contre les extrêmes. Plus qu’un simple discours de rassemblement, une démonstration de force, à peine voilée, d’un homme en course pour 2027.
« Vous savez mieux que personne à quel point notre démocratie est menacée par les ingérences », a-t-il déclaré en ouverture, posant le ton d’un message d’alerte. « Ne cédons pas un centimètre de nos valeurs, ne tombons pas dans leur piège. »
Gabriel Attal n’a pas mâché ses mots contre le Rassemblement national, dénonçant ses incohérences et ses antécédents judiciaires. « Il ne nous appartient pas de dire si le jugement est bon ou mauvais, il nous appartient de nous en tenir aux faits. Et les faits sont clairs : Marine Le Pen et le RN ont été condamnés. »
« Le RN demande de la fermeté pour tous, sauf pour lui. C’est un parti qui considère qu’il faut l’immunité pour personne sauf pour Madame Le Pen. […] Tu voles tu paies, surtout quand tu es un responsable politique. », a-t-il martelé.
Dans un contexte international qu’il juge préoccupant, Attal plaide pour une Europe stratégique et résiliente. « Nous sommes à un moment de bascule, un nouvel ordre mondial est en train de naître, fondé sur la loi de la jungle. Le renforcement de notre défense est une urgence. », a-t-il indiqué.
L’ancien Premier ministre propose ainsi la création d’une « zone euro de défense » pour mutualiser les capacités militaires et industrielles du continent. À l’égard des États-Unis, Attal veut marquer une rupture si les tensions commerciales persistent.
« Tant que les attaques commerciales américaines ne cessent pas, limitons leur capacité à lever de l’argent en Europe, et restreignons la capacité des banques américaines à opérer chez nous. », a-t-il affirmé.
En filigrane de ces propositions : une critique de l’instabilité politique et des querelles internes des partis d’opposition. « Nous, nous agissons et nous proposons, nous ne passons pas notre temps comme d’autres familles politiques à nous déchirer. […] La politique française est malade et depuis l’été dernier, elle est un véritable champ de ruines. », a ajouté le chef de file de Renaissance.
Une vision pour la présidentielle de 2027
Assumant pleinement l’ancrage de Renaissance dans le long terme, il annonce : « Ensemble, aujourd’hui, nous en franchissons le premier pas. Le premier pas de la course de fond qui nous mènera jusqu’aux municipales l’année prochaine, puis jusqu’à l’élection présidentielle de 2027. »
Réformes sociales et économiques
Sur le plan économique, Gabriel Attal a promis une réforme d’ampleur. « Un changement profond sur le travail c’est un changement concret sur les feuilles de paie : nous proposerons un référendum pour détaxer massivement le travail. », précise-t-il, en évoquant le besoin d’un nouveau pacte éducatif et scientifique.
« Je lance un appel aux chercheurs du monde entier : venez en Europe ! Venez en France ! Venez écrire l’avenir dans notre pays. », ajoute-il en appelant à lutter contre les discriminations raciales, sexistes, homophobie et l’antisémitisme.
« On n’acceptera jamais qu’en France, en 2025, on puisse encore se voir refuser un logement, un boulot, une entrée en boîte de nuit en raison de sa couleur de peau. […] À travail égal entre femme et homme, il doit y avoir salaire égal. », affirme Gabriel Attal.
L’ancien Premier ministre accuse La France Insoumise de trahir ses propres combats : « Ils prétendent lutter contre le racisme alors qu’ils propagent l’antisémitisme. Ils prétendent lutter pour le féminisme mais déroulent le tapis rouge à l’islamisme.»
« La France n’est pas une Nation qui subit. […] C’est ce pays dont le destin s’est toujours confondu avec la grandeur et l’indépendance. », conclut-il.
