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mercredi, mai 6, 2026
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Élisabeth Borne se retire des instances de Renaissance et marque ses désaccords avec la ligne Attal

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  • L’ancienne Première ministre Élisabeth Borne a annoncé son retrait du Conseil national de Renaissance.
  • Une prise de distance assumée vis-à-vis de la ligne portée par Gabriel Attal, sur fond de recomposition du camp présidentiel à l’approche de 2027.

   Le geste est politique et intervient à un moment charnière pour le parti présidentiel. Invitée de France Inter, mercredi 6 mai, Élisabeth Borne a annoncé : « J’ai décidé de démissionner du Conseil national de Renaissance ».

 L’ancienne cheffe du gouvernement justifie cette décision par un désaccord de fond avec la ligne actuelle du parti, désormais incarnée par Gabriel Attal. Elle regrette notamment que cette orientation ne soit « pas forcément débattue » en interne, pointant implicitement un fonctionnement qu’elle juge insuffisamment collégial.

Dans le même mouvement, elle se met « en retrait du bureau exécutif », actant une prise de distance avec les organes stratégiques de Renaissance.

Une fidélité aux fondamentaux, mais hors des instances

Si la rupture est nette sur le plan organisationnel, elle reste mesurée sur le plan politique. Élisabeth Borne entend demeurer membre du parti. « Je suis attachée aux militants et je suis attachée aux valeurs qu’on a portées en 2017, mais je ne souhaite pas participer aux instances », a-t-elle indiqué

L’ancienne Première ministre souhaite désormais se consacrer à sa structure, « Bâtissons ensemble », pensée comme un espace de réflexion et de rassemblement « au-delà des partis ».

Rappelons que cette séquence s’inscrit également dans un calendrier personnel marqué par la publication de son ouvrage, « Réveillons-nous ! », publié aux éditions Robert Laffont.

Les désaccords exprimés portent à la fois sur le fond des propositions et sur la méthode. Élisabeth Borne insiste sur la nécessité du« respect du droit international », du Conseil constitutionnel et de la Constitution, marquant ses réserves face à certaines orientations récentes.

Elle s’était déjà démarquée de propositions sensibles, comme l’interdiction du voile pour les mineures de moins de 15 ans.

En toile de fond, la préparation de 2027

Cette prise de distance intervient alors que le camp présidentiel entre progressivement dans une phase de pré-positionnement pour l’élection présidentielle de 2027.

Gabriel Attal multiplie les initiatives et les déplacements, dans une stratégie visant à s’imposer comme figure centrale du bloc, face notamment à Édouard Philippe, régulièrement cité comme favori.

Interrogée sur ses propres intentions, Élisabeth Borne écarte toute ambition immédiate : ce n’est « pas du tout le sens de (sa) démarche », assurant vouloir « se concentrer sur des propositions ».

Une séquence de tensions progressive

La décision annoncée mercredi s’inscrit dans une trajectoire de mise à distance amorcée depuis plusieurs mois. Candidate à la direction de Renaissance à l’été 2024, Élisabeth Borne avait finalement renoncé à présenter une liste, à la faveur d’un accord avec Gabriel Attal lui garantissant la présidence du Conseil national.

Mais les divergences se sont progressivement accentuées. En septembre 2025, elle s’était notamment illustrée par son absence au meeting d’Arras, aux côtés d’autres responsables critiques de la prise de distance d’Gabriel Attal vis-à-vis d’Emmanuel Macron.

Plus récemment, elle n’a pas participé au bureau exécutif chargé d’examiner les modalités de désignation du candidat du parti pour 2027. Celles-ci doivent être arrêtées le 12 mai lors d’un Conseil national, instance qu’elle présidait jusqu’ici.

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