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Financements gelés, fiscalité remise en cause : Trump s’en prend frontalement à Harvard

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  • En pleine tension sur les campus américains, Donald Trump intensifie ses attaques contre l’université de Harvard.
  • Accusée de laxisme face à l’antisémitisme et de dérives idéologiques, l’institution emblématique perd 2,2 milliards de dollars de subventions et risque de perdre ses privilèges fiscaux et son autorisation à accueillir des étudiants étrangers.
  • Un affrontement qui soulève des questions cruciales sur la liberté académique aux États-Unis.

La confrontation entre Donald Trump et l’université de Harvard atteint un nouveau sommet. Le président des États-Unis a multiplié les attaques contre l’établissement, l’accusant de favoriser l’antisémitisme et de propager une idéologie radicale. En ligne de mire : des manifestations étudiantes pro-palestiniennes sur les campus, mais aussi une guerre de fond contre les universités d’élite.

« Harvard enseigne la haine et l’imbécillité », a écrit Donald Trump sur sa plateforme Truth Social, mercredi 16 avril, avant d’ajouter : « Elle ne devrait plus recevoir de fonds fédéraux. »

Deux jours plus tôt, l’administration américaine annonçait le gel de 2,2 milliards de dollars de subventions fédérales pluriannuelles, ainsi que celui de contrats totalisant 60 millions de dollars, visant directement l’université fondée en 1636.

Antisémitisme, guerre à Gaza et manifestations étudiantes

Au cœur de cette offensive, une série de mobilisations étudiantes contre la guerre menée par Israël à Gaza. Harvard, comme d’autres grandes universités américaines, est devenue un terrain de protestation, accusé par l’administration Trump de tolérer, voire d’encourager, un climat hostile aux étudiants juifs.

« La perturbation de l’apprentissage qui a frappé les campus ces dernières années est inacceptable. Le harcèlement des étudiants juifs est intolérable. Il est temps que les universités d’élite prennent le problème au sérieux et s’engagent à apporter des changements significatifs si elles veulent continuer à bénéficier du soutien des contribuables. », précise le communiqué du ministère américain de l’Éducation.

 « Aucun gouvernement ne doit dicter ce que nous enseignons »

Face à cette pression inédite, la présidence de Harvard a refusé de plier. Alan Garber, président de l’université, a fermement défendu l’indépendance de l’institution :

« Aucun gouvernement, quel que soit le parti au pouvoir, ne doit dicter aux universités privées ce qu’elles doivent enseigner, qui elles peuvent enrôler et embaucher, ni sur quelles matières elles peuvent mener des recherches. », a indiqué Alan Garber

Dans une lettre adressée à la communauté universitaire, Garber a ajouté que « Harvard n’abdiquera pas son indépendance ni ses droits garantis par la Constitution. »

Les avocats de l’université, quant à eux, ont rejeté les exigences fédérales, notamment un audit des opinions des étudiants et des enseignants, estimant que ces mesures « vont au-delà de l’autorité légitime de cette administration ou d’aucune autre » et « entrent en contradiction avec le Premier amendement » garantissant la liberté d’expression.

Trump menace les privilèges fiscaux et les étudiants étrangers

La riposte présidentielle ne s’arrête pas là. Le président a également demandé au fisc de supprimer l’exemption fiscale de Harvard, accusant l’université de se comporter comme une organisation politique.

« Si elle continue de défendre sa “folie” politique, idéologique, inspirée par/soutenant le terrorisme, elle devrait être imposée comme une entité politique », a lancé Donald Trump mardi.

Le ministère de la Sécurité intérieure a enfoncé le clou, menaçant l’université de lui retirer le droit d’accueillir des étudiants étrangers : « Si l’université ne peut pas prouver qu’elle est en pleine conformité avec ses obligations de déclaration, elle perdra le privilège d’inscrire des étudiants étrangers. »

Un bras de fer idéologique à portée nationale

Ce bras de fer avec Harvard s’inscrit dans une offensive plus large contre les universités considérées comme « woke » ou « politiquement biaisées ». L’administration Trump avait déjà coupé 400 millions de dollars de subventions à Columbia University, qui a depuis engagé des réformes drastiques.

Fin mars, la Maison-Blanche annonçait même envisager de priver Harvard de près de 9 milliards de dollars supplémentaires après un « examen complet ». Parmi les exigences envoyées par courrier : la suppression des programmes en faveur de la diversité et la modification des contenus pédagogiques jugés responsables de « harcèlement antisémite ».

Une institution sous pression, mais debout

Malgré des attaques sur tous les fronts, Harvard revendique sa mission éducative indépendante et ses valeurs constitutionnelles. Le président Alan Garber reste ferme :

« Nous ne sommes pas prêts à accepter des exigences qui empiètent sur des libertés universitaires garanties depuis longtemps par la Cour suprême. », affirme t-il.

Pour Donald Trump, en revanche, la conclusion est sans appel : « Harvard ne peut plus être considérée comme un lieu d’apprentissage décent et ne devrait figurer sur aucune liste des grandes universités dans le monde. »

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