- La dynamique du marché automobile européen s’essouffle : -7,3 % de ventes en juin, -1,9 % sur le semestre.
- Seule la motorisation 100 % électrique résiste, avec une croissance de 22 %.
- Derrière ces chiffres contrastés, une transition énergétique inégale et une mutation industrielle encore fragile
Les moteurs tournent au ralenti sur le marché automobile européen. Selon les chiffres publiés jeudi 24 juillet par l’Association des constructeurs automobiles européens (ACEA), les ventes de voitures neuves dans l’Union européenne ont reculé de 7,3 % en juin par rapport au même mois de 2024. Sur le premier semestre, le bilan reste négatif avec une baisse globale de 1,9 %.
Un chiffre préoccupant, qui souligne les difficultés persistantes du secteur malgré la reprise post-Covid et les ambitions de transition énergétique.
Les électriques sauvent la mise
Dans ce paysage morose, une éclaircie : les voitures 100 % électriques continuent de tirer leur épingle du jeu. Entre janvier et juin, leurs ventes ont bondi de 22 % sur un an en Europe. Elles représentent désormais 15,6 % du marché, soit trois points de plus que l’an dernier.
Une dynamique particulièrement marquée en Allemagne (+35,1 %), au Royaume-Uni (+34,6 %) ou encore en Espagne. En revanche, la France peine à suivre : les immatriculations de voitures électriques y ont baissé de 6,4 % depuis le début de l’année, avec 148 332 unités vendues.
Résultat : l’Hexagone se fait doubler par l’Allemagne, alors qu’elle occupait encore une place de leader sur ce segment.
Tesla dégringole
Fait notable : cette croissance de l’électrique ne profite pas à Tesla, longtemps moteur du secteur. Le constructeur américain enregistre une chute vertigineuse de 43,7 % de ses ventes sur le premier semestre. Un recul qui interroge sur la capacité de la marque à résister face à une concurrence toujours plus féroce et diversifiée.
Les grandes marques dans le rouge
Côté constructeurs, rares sont ceux à pouvoir afficher un sourire. Si BMW, Mercedes, Skoda ou encore Renault parviennent à progresser en juin, la majorité des marques européennes reculent, parfois fortement. Volkswagen, Audi, Citroën et Fiat dévissent, cette dernière accusant une baisse spectaculaire de 38 % sur un an.
Le groupe Stellantis, qui regroupe notamment Peugeot, Citroën, Fiat, Opel et Jeep, enregistre un repli moyen de 16,1 % en juin, et de plus de 11 % sur l’ensemble du semestre. Un signal d’alarme pour Antonio Filosa, le nouveau patron du géant franco-italien, face à l’ampleur du chantier.
L’hybride progresse… doucement
Les hybrides non rechargeables conservent une part significative du marché européen – plus d’un tiers des ventes au premier semestre –, mais leur croissance s’essouffle. Même Toyota, pionnier du genre, voit ses ventes baisser de 8,6 % depuis janvier.
Les hybrides rechargeables (PHEV) commencent à gagner du terrain, avec 8,4 % de parts de marché, notamment grâce à l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie. En parallèle, les motorisations thermiques (essence et diesel) poursuivent leur déclin, ne représentant plus que 37,8 % du marché, contre 53 % fin 2022.
La France à la traîne, mais des leviers à activer
Malgré une part de l’électrique qui reste supérieure à la moyenne européenne (17,6 % au premier semestre), la France marque le pas, avec même une légère baisse des ventes en juin. Pour inverser la tendance, le gouvernement mise sur plusieurs mesures : le retour du leasing social dès fin septembre, et une hausse du bonus écologique depuis début juillet.
De quoi espérer un second semestre plus dynamique pour l’électrique, à condition que l’offre suive, et que les prix restent accessibles. Car la mutation du parc automobile européen ne pourra réussir sans un signal fort, autant du côté des constructeurs que des pouvoirs publics.
