- Israël a approuvé la construction de 3.400 logements en Cisjordanie occupée, un projet qui menace la continuité territoriale palestinienne.
- Parallèlement, le ministre de la Défense Israël Katz a validé une offensive majeure à Gaza, mobilisant 60.000 réservistes.
Israël a franchi mercredi 20 août une double étape lourde de conséquences : l’approbation d’un projet immobilier majeur en Cisjordanie occupée et le lancement d’une nouvelle phase militaire à Gaza. Deux décisions qui risquent d’accentuer les tensions déjà explosives dans la région.
3.400 logements dans la zone E1 : un projet qui inquiète
Le maire de la colonie de Maalé Adoumim, Guy Yifrah, a confirmé que l’administration civile israélienne avait validé la construction de 3.400 logements dans le secteur sensible de la zone E1, à l’est de Jérusalem.
Ce projet, régulièrement dénoncé par les Palestiniens et la communauté internationale, est accusé de couper la Cisjordanie en deux et de rendre quasiment impossible la création d’un futur État palestinien avec une continuité territoriale.
« Je suis heureux d’annoncer qu’il y a une heure à peine, le quartier E1 a été approuvé », s’est félicité Guy Yifrah dans un communiqué.
Offensive sur Gaza : 60.000 réservistes rappelés
Dans le même temps, le ministre de la Défense, Israël Katz, a donné son feu vert à une opération militaire d’envergure contre Gaza-ville, la plus grande agglomération de la bande de Gaza. Baptisée « Chariots de Gédéon 2 », cette offensive s’accompagne du rappel de 60.000 réservistes, qui devront rejoindre leurs unités sous 15 jours.
L’armée israélienne affirme avoir pris le contrôle de près de 75 % du territoire palestinien après plus de 22 mois de guerre, intensifiant ses frappes aériennes et ses incursions terrestres dans le nord du territoire. Des préparatifs humanitaires pour évacuer la population civile de Gaza-ville ont également été annoncés.
Une rallonge budgétaire et un plan en attente de validation
Hier mardi, le gouvernement a voté une rallonge budgétaire de 31 milliards de shekels (environ 8 milliards d’euros) pour financer la poursuite de la guerre. La prochaine étape est attendue jeudi 21 août, avec la réunion du cabinet de sécurité, chargé d’entériner la stratégie militaire et de définir la position israélienne face au plan de trêve accepté par le Hamas.
La communauté internationale n’a pas tardé à réagir. Le président français Emmanuel Macron a dénoncé sur X une offensive qui « ne peut conduire qu’à un véritable désastre » et risque d’enfermer la région dans une « guerre permanente ».
En Allemagne, le gouvernement a exprimé ses doutes sur l’efficacité d’une telle escalade militaire, estimant qu’il est « de plus en plus difficile de comprendre comment cette démarche peut mener à la libération des otages et à un cessez-le-feu ».
En Israël, les proches des 50 otages toujours détenus à Gaza, dont seulement 20 seraient encore vivants, redoutent que cette opération condamne leurs proches. Leur quartier général a exigé une rencontre urgente avec le ministre de la Défense et le chef d’état-major.
« Approuver des plans pour la conquête de Gaza équivaut à poignarder les familles en plein cœur », dénoncent-elles dans un communiqué.
