- Aux universités d’été du PS à Blois, Olivier Faure assure que le parti est « prêt » à prendre Matignon après le vote de confiance du 8 septembre.
- Il promet de gouverner sans 49.3, des compromis texte par texte et davantage de justice fiscale.
Dernier jour des universités d’été du Parti socialiste, samedi 30 août, dans une atmosphère électrique. À Blois, Olivier Faure met la pression sur l’exécutif et se projette à Matignon au lendemain d’un vote de confiance annoncé pour le 8 septembre.
« Nous sommes volontaires pour être les suivants ! »
Le décor est planté dès l’ouverture : « Nous sommes volontaires pour être les suivants ! » lance Olivier Faure, face à un amphithéâtre de militants et d’élus. La phrase vise clair : l’hypothèse d’une chute de François Bayrou lors du vote de confiance du 8 septembre et l’idée que le PS serait prêt à prendre la relève. La veille, vendredi 29 août, le premier secrétaire avait accepté l’invitation de Matignon ; à Blois, il clarifie désormais la position du parti.
« Nous sommes prêts » : l’offre de service
Au fil d’un discours d’une heure, la salle se tend puis se soulève lorsque le patron des socialistes prononce ces trois mots, soigneusement pesés :
« Nous sommes prêts. » Prêts, dit-il, « prêt à [se] mettre au boulot pour redresser notre pays […] avec tous ceux qui le souhaitent sur la base de [notre] projet, de [notre] méthode ».
Après « l’échec » de Michel Barnier et le probable échec de François Bayrou, « c’est à la gauche désormais d’aller à Matignon », assure-t-il.
Une méthode sans 49.3
Cette « méthode », Olivier Faure la résume en une promesse qui tranche avec les pratiques récentes : « Nous prenons l’engagement de ne pas utiliser l’article 49.3, ce qui, mécaniquement, nous obligera à trouver des compromis texte par texte. » Dans l’hémicycle, prévient-il, c’est l’arithmétique parlementaire qui dictera la conduite : « Par leurs votes, les Français nous ont mis dans l’obligation de dialoguer. »
L’union de la gauche, sans participation de LFI
Reste la question des alliances. Le premier secrétaire sait la gauche indispensablement unie pour espérer gouverner. Mais pas à n’importe quel prix : Les Insoumis sont jugés trop clivants pour une participation gouvernementale.
Les socialistes envisagent un soutien sans participation de LFI, piste déjà avancée par Jean-Luc Mélenchon à l’été 2024. Une façon, pour le PS, de bâtir une majorité d’idées sans chercher une impossible majorité arithmétique.
« La dette, c’est vous ! » : la charge budgétaire
Le terrain budgétaire, lui, est frontal. Après l’annonce, le 15 juillet, d’un plan d’économies pour réduire la dette, Faure charge l’exécutif : « La dette, c’est vous ! » s’emporte-t-il, avant d’accuser François Bayrou, Emmanuel Macron et le gouvernement d’« ingénieur du chaos ».
La dérive des comptes, soutient-il, n’est pas la conséquence d’une explosion des dépenses mais d’une baisse des recettes due aux choix fiscaux successifs.
La « taxe Zucman » en étendard
Pour illustrer son argument de justice fiscale, le premier secrétaire convoque la taxe Zucman, « votée au Parlement puis bloquée par le gouvernement ». Et d’asséner, en forme de slogan : « Le seul ruissellement, c’est celui de la misère. »
Une base militante partagée
Dans les allées de l’université d’été, les militants sont partagés. Beaucoup applaudissent l’audace, d’autres s’interrogent sur la faisabilité d’un gouvernement minoritaire sans 49.3.
En marge, le porte-parole Stéphane Troussel annonce la couleur : les députés socialistes se rendront à Matignon la semaine prochaine pour réaffirmer un vote contre la confiance le 8 septembre. L’échéance est proche, la stratégie assumée.
« Un autre avenir est possible »
Faure referme son discours sur une promesse et un style : « Un autre avenir est possible », martèle-t-il, se disant « volontaire » pour succéder à François Bayrou si l’occasion se présente. Et de conclure : « On ne gouverne pas contre son pays, par la peur. On gouverne en mettant un peuple en mouvement. » Le message est envoyé, la bataille du récit engagée. Reste à savoir si, dans dix jours, l’histoire donnera à Blois des airs de prologue.
