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Marché automobile européen 2025 : hybrides et électriques tirent les ventes, l’ACEA alerte sur le rythme de la transition

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  • Les immatriculations de voitures neuves repartent à la hausse dans l’Union européenne, soutenues par la montée en puissance des motorisations hybrides et électriques.
  • Mais derrière cette reprise, les constructeurs jugent que la cadence de l’électrification demeure insuffisante au regard des objectifs climatiques et réglementaires fixés pour 2035.

   Entre janvier et octobre 2025, les immatriculations de voitures neuves dans l’UE ont atteint 8,97 millions d’unités, en hausse de 1,4 % sur un an, avec un mois d’octobre en progression de 5,8 %. Si les hybrides et l’électrique tirent désormais la croissance, l’Association des constructeurs européens (ACEA) prévient que la part de marché des véhicules à batterie reste « toujours inférieure au rythme requis actuellement pour la transition » et plaide pour « un assouplissement, voire un report » de l’interdiction des ventes de voitures neuves thermiques et hybrides prévue en 2035.

Une reprise modérée mais installée du marché européen

Selon les données publiées par l’ACEA, 916 600 véhicules neufs ont été immatriculés en octobre 2025 dans les 27 pays de l’Union européenne, soit une progression de 5,8 % par rapport à octobre 2024, après déjà +10 % en septembre.

La reprise reste donc mesurée, mais elle s’inscrit dans la durée, avec un quatrième mois consécutif de croissance, dans un contexte économique et géopolitique encore incertain.

Cette amélioration tient en grande partie à la recomposition du mix énergétique des ventes, au profit des motorisations électrifiées.

Les hybrides s’imposent comme pilier du mix énergétique

Les voitures hybrides occupent désormais une place centrale dans les arbitrages des ménages européens. Sur la période janvier-octobre 2025, elles représentent 34,6 % des achats de voitures neuves dans l’UE. Il s’est ainsi vendu près de 3,11 millions de véhicules hybrides, soit une hausse de 15,6 % par rapport à la même période de 2024.

Les hybrides rechargeables affichent une dynamique encore plus vigoureuse. Plus de 819 000 véhicules plug-in ont été immatriculés sur dix mois, soit une progression de 32,4 %. Leur part de marché atteint 9,1 % des immatriculations totales, contre 7 % un an plus tôt. Ces modèles, dotés d’un moteur à essence associé à une batterie de capacité modeste que l’on branche pour la recharger, offrent une solution de transition entre thermique classique et électrique pur.

Dans un environnement marqué par des différences de pouvoir d’achat, de fiscalité et de disponibilité des bornes de recharge, ces motorisations hybrides apparaissent comme un compromis économiquement et techniquement attractif pour une large partie des consommateurs.

L’électrique progresse, mais la cadence reste jugée insuffisante

Les voitures 100 % électriques poursuivent leur montée en puissance. Entre janvier et octobre 2025, leur part de marché atteint 16,4 % des ventes de voitures neuves dans l’UE, contre 13,2 % un an plus tôt. En volume, les immatriculations de modèles électriques s’élèvent à 1,47 million d’unités sur dix mois, soit une hausse de 25,7 % par rapport à la même période de 2024.

Pour l’ACEA, cette progression, bien que significative, ne permet pas de garantir l’atteinte des objectifs fixés par Bruxelles. L’association souligne que la part de marché de l’électrique demeure « toujours inférieure au rythme requis actuellement pour la transition ». Elle plaide en conséquence pour « un assouplissement, voire un report » de la réglementation européenne qui prévoit l’interdiction de la vente de voitures neuves thermiques ou hybrides en 2035 au sein de l’Union.

Ce signal reflète les inquiétudes du secteur quant à la capacité du marché à absorber, dans les délais, l’intégralité de la contrainte réglementaire, au regard du coût des véhicules, du déploiement des infrastructures de recharge et des incertitudes pesant sur les dispositifs de soutien public.

Des trajectoires nationales contrastées sur l’électrique

La montée de l’électrique est loin d’être homogène d’un pays à l’autre. Quatre marchés – l’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas et la France – concentrent 62 % des immatriculations de voitures tout électrique en Europe sur les dix premiers mois de 2025.

Sur la période allant de janvier à octobre 2025, les ventes de voitures 100 % électriques ont nettement progressé en Allemagne, avec une hausse de 39,4 %, tandis qu’elles ont augmenté de 10,6 % en Belgique, de 6,6 % aux Pays-Bas et de 5,3 % en France.

Ces évolutions témoignent d’une adoption en hausse, mais également de rythmes différenciés selon les marchés, influencés par le niveau des aides publiques, la fiscalité, la structure de la demande locale et la densité des réseaux de recharge. Les politiques nationales jouent ainsi un rôle déterminant dans l’accélération – ou le ralentissement – de l’électrification du parc.

L’essence et le diesel poursuivent leur déclin structurel

En parallèle, les motorisations thermiques traditionnelles reculent davantage dans le mix des ventes. Les voitures essence ne représentent plus que 27,4 % des immatriculations fin octobre, contre 34 % un an auparavant, avec 2,5 millions d’unités vendues sur les dix premiers mois.

Les diesel, longtemps dominantes sur le marché européen, tombent à 9,2 % de part de marché, avec 821 000 véhicules neufs immatriculés sur la période.

 Ce déclin structurel reflète à la fois l’évolution des préférences des consommateurs, la multiplication des restrictions d’accès aux centres urbains et l’anticipation par les ménages et les entreprises des orientations réglementaires à moyen terme.

Constructeurs : Volkswagen consolide, Stellantis recule, Renault progresse, Tesla décroche

La transition en cours ne redessine pas seulement le mix énergétique, elle reconfigure également les rapports de force entre constructeurs.

Volkswagen consolide sa position dominante

Leader du marché européen, Volkswagen Group renforce sa position. Le groupe a vendu 264 069 voitures en octobre 2025, soit une hausse de 7,9 % sur un an. Sur les dix premiers mois, ses immatriculations atteignent 2,478 millions d’unités, en progression de 5,1 %.

 Sa part de marché totale s’élève à 27,6 %, contre 26,6 % un an plus tôt. Volkswagen démontre ainsi sa capacité à capter la croissance du marché, notamment en s’appuyant sur une offre élargie en hybrides et en électriques, tout en préservant ses volumes sur les segments plus traditionnels.

 Stellantis sous pression sur l’année

 Numéro deux du marché, Stellantis affiche une performance contrastée. En octobre, le groupe enregistre une hausse de 6,6 % de ses ventes, à 139 709 véhicules, soutenue par les marques Citroën et Fiat.

 Mais la tendance reste défavorable sur la période janvier-octobre : ses immatriculations reculent de 6 %, à 1,42 million de véhicules. La part de marché du groupe recule à 15,8 %, contre 17 % un an auparavant, traduisant une perte de terrain relative face à ses principaux concurrents.

Renault Group améliore sa performance commerciale

Renault Group se distingue par une trajectoire plus favorable. En octobre, ses ventes progressent de 10 % sur un an, à 103 408 véhicules. Sur les dix premiers mois de l’année, le groupe affiche une hausse de 7 %, avec quelque 1,02 million de voitures neuves immatriculées.

Pour la seule marque Renault, la croissance atteint 7,2 %. Sur la période, la part de marché moyenne du groupe s’établit à 11,3 %,contre 10,8 % un an auparavant. Cette progression illustre un positionnement plus compétitif, notamment sur les segments électrifiés et les modèles à plus forte valeur ajoutée.

Tesla en net repli face à la concurrence

À rebours de la dynamique globale de l’électrique, Tesla enregistre un fort repli sur le marché européen. Ses ventes chutent de 48 % sur le mois d’octobre et de 39,2 % sur les dix premiers mois, pour un total d’environ 117 000 véhicules.

Cette contre-performance reflète la montée en puissance de la concurrence, en particulier des constructeurs européens et chinois sur le segment de l’électrique, ainsi que la sensibilité du modèle économique de Tesla aux ajustements de prix et aux variations des aides publiques.

Le constructeur américain semble désormais moins seul sur un marché où la pression concurrentielle et réglementaire s’intensifie.

 

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