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Entreprises françaises : défaillances en léger recul, créations en hausse selon la Banque de France

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  • Les défaillances d’entreprises en France progressent encore, mais beaucoup moins vite qu’au lendemain de la crise sanitaire.
  • La Banque de France observe une stabilisation du nombre de faillites, dans un contexte où le tissu entrepreneurial continue, lui, de se renforcer.

   Après une envolée de plus de 50 % des défaillances début 2023, la hausse se limite désormais à 4,4 % sur un an à fin octobre 2024. La Banque de France souligne que ce mouvement de normalisation “est commun à la plupart des catégories de PME et à la majorité des secteurs d’activité”, même si certaines branches restent nettement plus exposées.

Selon les données publiées vendredi 5 décembre par la Banque de France, le nombre de défaillances d’entreprises a atteint 68 145sur les douze derniers mois à fin octobre, un chiffre en léger retrait par rapport au cumul arrêté en septembre (68 335). Sur un an, la progression s’établit désormais à +4,4 %, contre +6,1 % en septembre.

L’institution rappelle que « la progression des défaillances sur un an décélère régulièrement depuis janvier 2023, où elle avait atteint +51,6 % », après deux années de crise sanitaire durant lesquelles les entreprises avaient été massivement protégées par les aides d’État. Autrement dit, le pic de rattrapage post-Covid est désormais derrière nous.

Autre indicateur clé : en octobre, la progression des défaillances par rapport à la moyenne des années 2010-2019 s’élève à +14,8 %, en légère décélération par rapport à septembre (+15 %). Une normalisation progressive, même si le niveau reste au-dessus de celui observé avant la crise sanitaire.

Un tissu entrepreneurial toujours plus dense

 Cette stabilisation des faillites doit aussi être lue à la lumière de la dynamique de créations d’entreprises. La Banque de France observe en outre que “la population d’entreprises s’est accrue” sur un an, avec un peu plus de 1,1 million de créations, soit une hausse de 3,5 % par rapport au cumul sur douze mois arrêté à fin octobre 2024.

Ce dynamisme entrepreneurial permet de relativiser la hausse des défaillances : dans un univers où il y a davantage d’entreprises, il y a mécaniquement plus de risques de faillites, même si le taux de défaillance tend à se normaliser. La France reste ainsi marquée par un fort renouvellement de son tissu économique, entre entrées et sorties du marché.

PME et TPE en première ligne

Derrière les chiffres globaux, la situation apparaît contrastée selon la taille des entreprises. Le nombre de défaillances de PME a augmenté de 4,4 % sur les douze mois achevés en octobre, par rapport à la même période un an plus tôt.

Dans le détail, la Banque de France souligne une hausse contenue pour les microentreprises (+4 %), une progression nettement plus marquée pour les très petites entreprises (+12,1 %), tandis que les petites entreprises enregistrent une augmentation plus modérée (+2,7 %). Les défaillances des entreprises de taille moyenne connaissent en revanche une accélération significative(+13,6 %).

 Les très petites structures et les entreprises de taille moyenne se révèlent ainsi particulièrement vulnérables, prises en étau entre la hausse des coûts (énergie, matières premières, salaires), le resserrement des conditions de financement et une demande parfois moins dynamique dans certains secteurs.

Les ETI et grandes entreprises voient les risques reculer

À l’opposé, les défaillances diminuent parmi les acteurs les plus puissants. Le nombre d’entreprises de taille intermédiaire (ETI) et de grandes entreprises en défaillance a reculé de 17,5 %, passant de 63 à 52 sur la période.

Ce recul illustre une meilleure capacité de ces structures à absorber les chocs économiques et financiers. Leur accès plus aisé au crédit, leur diversification d’activités et leur taille critique en font des acteurs plus résilients, même dans un environnement marqué par l’inflation et la hausse des taux.

 Des secteurs encore sous forte pression

La Banque de France met par ailleurs en évidence d’importants écarts selon les secteurs d’activité. Certaines branches affichent en effet une progression des défaillances largement supérieure à la moyenne nationale de 4,4 %, à commencer par l’agriculture (+8,9 %), les activités de conseil aux entreprises (+8,4 %) et surtout le secteur regroupant l’enseignement, la santé, l’action sociale et les services aux ménages (+12,6 %).

Dans ces secteurs, souvent composés de nombreuses petites structures, la fragilité reste marquée. Les tensions sur les coûts, les difficultés de recrutement ou encore les changements de comportements de consommation pèsent sur les modèles économiques.

À l’opposé, plusieurs secteurs enregistrent un repli du nombre de défaillances. C’est notamment le cas du commerce et de la réparation automobile (–1,1 %), des activités financières et d’assurance (–1,2 %) ainsi que de l’immobilier (–1,6 %). Des évolutions qui traduisent une relative stabilisation de ces activités, voire une certaine capacité de résistance, dans un environnement économique toujours marqué par l’incertitude.

 

 

 

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